Le Mali décide de recourir aux tribunaux internationaux pour contester les sanctions « illégales » de la CEDEAO

19
Le Mali décide de recourir aux tribunaux internationaux pour contester les sanctions « illégales » de la CEDEAO
Le Mali décide de recourir aux tribunaux internationaux pour contester les sanctions « illégales » de la CEDEAO

Africa-Press – Mali. Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a déclaré que son pays a décidé de recourir aux tribunaux internationaux pour contester les sanctions illégales « qui lui ont été imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ».

Maïga a ajouté dans une interview diffusée à travers la télévision publique malienne que les sanctions imposées contre son pays sont « illégales en vertu de nombreux accords internationaux », y compris ceux qui « interdisent les sanctions contre les pays enclavés », comme le Mali.

S’adressant aux dirigeants de la CEDEAO, le Premier ministre du Mali a déclaré également que : « Si vous vous débarrassez des influences étrangères, nous, les Africains, nous nous réconcilierons entre-nous », notant que « certains pays utilisent la CEDEAO et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour régler d’autres comptes ».

Il a poursuivi en soulignant que le gouvernement malien « n’a pas fermé la porte au dialogue, mais ce que nous ne voulons pas, c’est l’humiliation et le retour à l’esclavage », tout en présentant un démenti à la présence de mercenaires « Wagner » au Mali, estimant que parler de leur présence au Mali ne sont que « des rumeurs de guerre psychologique et d’empoisonnement, mais elles ne peuvent pas nous déranger », se référant aux colporteurs de rumeurs.

Néanmoins, en ces douloureuses circonstances, le Mali peut compter, quant à lui, sur le soutien d’une Guinée dirigée par une junte militaire, sauf que la décision de la junte guinéenne d’être solidaire avec son voisin au Sahel a suscité des réactions mitigées.

En effet, beaucoup pensent que la Guinée – Conakry s’en est bien tirée, même si le pays est toujours suspendu des instances sous-régionales, du moins pour le moment, par conséquent, Conakry a le droit de ne pas se soumettre aux décisions de la nouvelle Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

La Guinée est également au centre des préoccupations de la CEDEAO
Toutefois, il importe de noter que le Conseil de transition en Guinée est également au centre des préoccupations des dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), depuis le renversement du président guinéen Alpha Condé, lors d’un coup d’État survenu le 5 septembre 2021.

La CEDEAO a suspendu la Guinée de ses instances et imposé des sanctions individuelles aux membres de la junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, chef de la transition.
A ne pas oublier que la Guinée partage avec le Mali une frontière de 858 km de long qui fût définie pendant la période coloniale française, et les deux pays ont longtemps été décrits comme « deux poumons d’un même corps ».
Mobilisation générale et prière pour faire face aux sanctions

La fermeture des frontières avec de nombreux pays voisins des membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest suscite l’inquiétude de la population, du fait que le Mali soit un pays enclavé dont l’approvisionnement alimentaire dépend fortement du commerce avec ses voisins, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Ceci n’a tout de même pas découragé le chef de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta, dans son message télévisé adressé au peuple le lundi soir, de se dire prêt au dialogue avec la CEDEAO, sans toutefois l’empêcher de lancer également un APPEL aux Maliens à la « mobilisation générale », le vendredi 14 janvier 2022, dans tout le pays, et même à prier pour une réconciliation entre les intérêts supérieurs des Maliens, et le respect du principe de l’organisation ouest-africaine.
Quelles sont les implications pour le peuple malien ?

« La confrontation n’est pas la solution », et l’organisation sous-régionale doit trouver des solutions alternatives beaucoup plus raisonnables à la situation, a déclaré le Président de la République de transion, qui a ajouté que « du point de vue de l’Etat malien, ces sanctions sévères sont la cruauté résultant de juger de sa légalité ou même de sa bonne volonté », soulignant que si les autorités sont visées, « les répercussions des sanctions toucheront la population ».

Selon certains observateurs et experts dans les relations diplomatiques, la France semble bien être derrière les sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali, en usant de toute son influence sur certains Etats membres de l’organisation sous-régionale.

Certes, Bamako a bien demandé à Paris de revoir les accords bilatéraux de défense, que le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga n’a pas hésité de qualifier de « déséquilibrés », faisant du Mali un pays qui ne pourrait même pas survoler son territoire, sans l’autorisation de la France.

Néanmoins, ce différend aurait augmenté la tension entre les autorités maliennes et françaises, ce qui a poussé l’armée française à nier contrôler l’espace aérien du Mali, en réponse à une accusation en ce sens du Premier ministre malien.

Ceci a fait réagir le chef d’Etat-major des armées sur ces paroles : « Contrairement à ce qu’a affirmé un haut responsable malien, la France n’a à aucun moment empêché un avion malien de survoler le territoire de ce pays ».

L’armée française a poursuivi : « Ils sont souverains et ils font ce qu’ils veulent… Nous avons des capacités de gestion de l’espace aérien que les Maliens n’ont pas, notamment dans le nord, et nous coordonnons les mouvements aériens avec eux.

Le chef d’état-major de l’armée française a confirmé aussi que « le ministère des Finances nous a transmis des propositions d’amendements », et qu’elles sont à l’étude, ajoutant qu’il s’agit d’une « procédure standard, qui n’est pas exceptionnelle, mais qui a bien sûr pris une résonance particulière à l’heure actuelle », soulignant qu’elle n’a pas d’impact sur l’activité militaire, indiquant dans ce sens que « plusieurs opérations ont eu lieu ces derniers jours avec les forces maliennes, et ont donné de bons résultats. »
Anouar CHENNOUFI

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Mali, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here