Report de la Conférence sur la transition politique et la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest

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Report de la Conférence sur la transition politique et la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l'Ouest
Report de la Conférence sur la transition politique et la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l'Ouest

Anouar CHENNOUFI

Africa-Press – Mali. Des sources officielles ont indiqué, ce mardi à Lomé, que la conférence sur la transition politique et la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest, qui devait se tenir le 21 avril à Lomé, a été reportée à une date ultérieure.

Le ministère togolais des Affaires étrangères a rendu publique un communiqué officiel à cet égard, sans révéler les raisons de ce report. Un précédent communiqué du ministère des Affaires étrangères avait précisé que cette conférence avait pour objectif de « discuter des dernières tendances et évolutions au Sahel et dans les pays d’Afrique de l’Ouest sujets à l’extrémisme violent et au terrorisme, et de réfléchir aux voies, stratégies et moyens de contribuer à contenir la propagation de la menace terroriste et à maintenir la mobilisation permanente face à ce danger, pendant et après la transition politique ».

La même source ajoute que la conférence permettra également aux acteurs régionaux et internationaux et à divers acteurs de s’assurer « d’une meilleure compréhension de l’évolution des dynamiques et des politiques sécuritaires du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, et de développer une approche réaliste pour accompagner les opérations de transition politique dans un espace structurellement menacé ».

Il est à noter que l’initiative du Togo d’organiser cette rencontre a été approuvée par le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le 10 février dernier à New York, où il a souligné l’importance de cette rencontre au regard des enjeux du terrorisme, de la criminalité et des coups d’État militaires qui affligent l’Afrique de l’Ouest et certains pays du Sahel africain.

La Conférence de Lomé c’est quoi exactement ?

Il s’agit d’une rencontre de haut niveau, programmée avec le soutien des Nations Unies, qui veut notamment se pencher sur le développement dans la région du Sahel et les pays de l’Afrique de l’Ouest, avec dans le viseur des défis comme la montée de l’extrémisme violent et du terrorisme, ainsi que de l’instabilité politique dans cette partie du continent, et d’autres fléaux comme celui de la contrebande, notamment d’armes à feu et drogues. Il s’agira aussi de réfléchir sur les stratégies et moyens pouvant aider à contenir la dissémination de la menace terroriste.

Points spécifiques de l’ordre du jour de la Conférence (reportée) de Lomé

Le Chef de la diplomatie togolaise Robert Dussey annonçant le report de la conférence

Cette conférence devrait statuer sur les 8 principaux points suivants :
• Définir les voies, moyens et stratégies de consolidation du rôle des États et de l’action des organisations régionales au Sahel et en Afrique de l’Ouest,

• Répondre aux défis sécuritaires et à ceux liés à la lutte contre le terrorisme au niveau des Etats et à l’échelle régionale,

• Accompagner les processus de transition politique tout en restant engagés dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme de sorte à éviter que les périodes de transition ne constituent des moments de percées et de développement d’activités subversives et terroristes,

• Réfléchir sur la problématique et les possibilités de dialogue avec les groupes rebelles et/ou d’extrémisme violent dans le contexte régional actuel de lutte contre le terrorisme,

• Amener la communauté internationale, notamment les partenaires techniques et financiers des pays de l’Afrique de l’Ouest et de la région du Sahel à apporter un meilleur soutien aux politiques sociales dans les Etats,

• Définir des actions appropriées pouvant impacter efficacement la vie sociale des populations et des communautés locales de sorte à renforcer leur résilience,

• Créer une alliance forte des partenaires africains et internationaux autour de la nécessité de sécuriser le Sahel, l’Afrique de l’Ouest et toute autre région du continent confrontées au terrorisme et au risque de déstabilisation,

• Adopter une Déclaration dite « Déclaration de Lomé » sur les transitions politiques et la lutte anti-terroriste au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Renforcer la lutte pour réduire les menaces

Il est utile de noter que la gravité de la crise à laquelle est confrontée la région du Sahel, le sentiment d’urgence d’agir et la multiplicité des besoins exigent des actions plus efficaces et solidaires, ce qui est l’un des buts et objectifs de la Conférence de Lomé.

Les chefs d’Etat du G5 Sahel et du reste des pays de l’Afrique de l’Ouest ont demandé depuis longtemps la constitution de coalition régionale qui donne un signal fort de solidarité entre les pays de leur région.

L’objectif est de lutter contre les groupes terroristes armés, en coordonnant l’ensemble des efforts des Forces armées du Sahel, de la Force combinée du G5 Sahel, et de celles du reste des pays de la zone ouest, avec une priorité donnée à la zone des « Trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. L’objectif est également de créer les conditions nécessaires à l’action pour instaurer la stabilité et réaliser le développement, face à une situation sécuritaire dégradée et à la possibilité de propagation de la menace à d’autres pays de la région.

A noter également que l’un des objectifs principaux en plus de la propagation de la menace terroriste étant la contrebande d’armes et de marchandises, ainsi que la traite des êtres humains aux pays frontaliers voisins et rétablir la stabilité, condition préalable au développement au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

D’où viennent les armes qui facilitent l’émergence des groupes armés ?

Jusqu’à présent, l’Afrique de l’Ouest n’a pas la capacité de produire ses propres armes, ce qui signifie que la plupart des armes en circulation proviennent de l’extérieur de la région, et que la plupart d’entre eux sont illégaux, car presque tous les pays n’ont pas de systèmes et de réglementations pour délivrer des licences pour les porter ou les utiliser. Tant de personnes qui possèdent des armes les possèdent illégalement, en raison de l’existence d’un vide législatif ou administratif.

Toutefois, il importe de rappeler que la région a connu une fuite d’armes depuis la Libye entre 2011 et 2013, comme les armes anti-aériennes et les lance-roquettes mais surtout les armes à feu légères de petit calibre qui étaient de loin les plus nombreuses, même si certaines de ces armes qui ont atteint le Sahel sont allées vers d’autres destinations comme la République centrafricaine, l’essentiel est resté dans la région.

C’est notamment le cas des armes légères de petit calibre, que l’on peut classer en deux catégories :
• les armes conventionnelles : que les Nations unies qualifient très clairement de dominantes,

• les armes artisanales : ces dernières étant principalement utilisées par les milices communautaires et les criminels urbains.

Rappelons, dans ce contexte, que la fin des guerres civiles dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest avait ralenti le mouvement de contrebande, notamment en 2011 en Côte d’Ivoire, au Libéria et en Sierra Leone. S’en sont suivies d’importantes opérations de transferts illégaux d’armes de ces pays vers le Mali et le Niger, ainsi qu’en République centrafricaine, où la guerre avait éclaté à l’époque.

La présence de réseaux de contrebandiers et de groupes très organisés opérant dans le désert ou sur l’axe est-ouest se caractérise par ce que l’on appelle le « trafic multiple » car il combine des armes et d’autres objets et produits comme la drogue. Cependant, ces nomades sont rarement propriétaires des marchandises qu’ils transportent, et ne trouvent leurs bénéfices qu’en contrepartie de services rendus.

En somme, les efforts de lutte contre ce phénomène ne peuvent porter leurs fruits sans mettre l’accent sur l’importance de l’échange d’informations et du renforcement de la coopération internationale, qui constituent la pierre angulaire de la lutte contre le commerce illicite des armes à feu et de leurs munitions.

Le domaine vise à créer des cadres de coopération entre les États et fournir un appui technique afin de renforcer le cadre juridique, les capacités des ressources humaines et l’enregistrement et le traçage des armes pour les pays de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest. Nous reviendrons donc à vous sur ce brulant sujet, dès que la conférence aura eu lieu au Togo !

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