Massacre de Moura au Mali : le rapport de l’ONU bientôt publié ?

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Massacre de Moura au Mali : le rapport de l’ONU bientôt publié ?
Massacre de Moura au Mali : le rapport de l’ONU bientôt publié ?

Par Manon Laplace et Flore Monteau

Africa-Press – Mali. Bloqué depuis plusieurs mois, le rapport d’enquête sur le massacre de Moura est sur le point d’être rendu public. Il était initialement attendu en novembre 2022.

La lumière va-t-elle enfin être faite sur le massacre de Moura, qui pourrait bien être la pire exaction commise par l’armée malienne en plus de dix ans de guerre ? Du 27 mars au 1er avril 2022, entre 200 et 400 civils auraient été tués par les Forces armées maliennes (Fama) et par des mercenaires du groupe Wagner dans le village de Moura, situé dans le cercle de Djenné, dans le centre du Mali.

Retard inédit

Alors que le gouvernement malien affirme avoir mené une opération anti-terroriste, les résultats de l’enquête, lancée il y a plus d’un an par la Minusma, la mission de l’ONU au Mali, n’avaient jusqu’à présent pas été partagés. D’abord freinée par les autorités maliennes, qui a interdit l’accès à la zone, l’investigation a finalement débouché sur la rédaction d’un rapport, qui a été bloqué pour des raisons inconnues.

« Le rapport était attendu pour novembre 2022 et, depuis, on ne cesse d’annoncer une publication imminente », regrette une source onusienne, qui assure que le temps qui s’est écoulé entre la fin de l’écriture du rapport et sa publication est « inédit ».

Version « insatisfaisante »

Selon une autre source au sein des Nations unies, le rapport rédigé par la division des droits de l’homme de la Minusma serait resté « bloqué » plusieurs mois à Genève, au bureau européen des Nations unies, où la première version, jugée « insatisfaisante », a été en partie réécrite.

Jugée « insatisfaisante » par qui ? Nos interlocuteurs ne le précisent pas. On sait néanmoins que le rapport en question a été montré aux autorités maliennes, comme cela se fait traditionnellement en pareilles circonstances, entre novembre 2022 et janvier 2023. Le pays concerné n’est pas censé pouvoir intervenir sur le fond du texte, mais cette lecture lui permet « de préparer sa réponse et ses observations », précise une source onusienne.

Le rapport se trouverait aujourd’hui de nouveau entre les mains des autorités maliennes et pourrait être rendu publique début mai.

Au-delà du contenu même de l’enquête de la Minusma, plusieurs éléments peuvent expliquer, le retard pris, au moins en partie : l’expulsion du Mali de Guillaume Ngefa, chef de la division des droits de l’homme de la Minusma, déclaré « persona non grata » en février dernier, mais aussi le fait que la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU est occupée depuis le début d’avril par la Russie.

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