Africa-Press – Mali. Des images satellites ont révélé des travaux de creusement et des fortifications militaires récentes autour de l’aéroport international de Bamako, dans la capitale malienne, suite à l’aggravation du conflit entre le gouvernement et les groupes armés qui ont pris le contrôle de plusieurs villes du pays.
La comparaison visuelle entre les images satellites prises les 2 et 11 mai 2026 montre l’apparition de vastes fortifications en terre s’étendant vers le sud et l’est de l’aéroport.
L’analyse géographique indique que ces fortifications ont été construites sur une longueur de 16,5 kilomètres, le long des routes principales et des espaces ouverts menant à la piste, dans une démarche préventive visant apparemment à entraver toute tentative d’accès terrestre ou d’intrusion par des véhicules depuis les directions sud et est de l’aéroport.
L’apparition de ces fortifications en moins d’une semaine sur les images satellites suggère un état d’alerte sécuritaire croissant de la part des autorités maliennes, coïncidant avec des craintes d’attaques potentielles visant la capitale.
Ces fortifications interviennent également dans un contexte de montée en puissance du groupe « Jama’a Nusrat al-Islam wal-Muslimin » lié à Al-Qaïda, connu pour utiliser des tactiques de creusement de tranchées et de coupure des voies d’approvisionnement pour entraver les mouvements militaires, ce qui a poussé les forces régulières à adopter des tactiques défensives similaires pour protéger les sites stratégiques.
L’aéroport international de Bamako est le principal site souverain et militaire au Mali, représentant la porte d’entrée principale pour le trafic aérien civil, et servant de base centrale pour les opérations logistiques liées aux forces armées maliennes et à leurs partenaires sécuritaires.
La création de cette tranchée défensive indique clairement que les autorités ressentent la gravité des menaces actuelles et cherchent à sécuriser le « cœur logistique » de la capitale contre toute violation terrestre soudaine.
Le 25 avril, le Mali a connu des attaques coordonnées menées par des groupes armés, accompagnées de violents affrontements, de tirs et d’explosions dans plusieurs régions, faisant suite à la mort du ministre de la Défense Sadio Kamara.
Des rapports médiatiques indiquent que les attaques ont été menées par des groupes armés connus sous le nom de « Jama’a Nusrat al-Islam wal-Muslimin » loyal à Al-Qaïda, et le « Mouvement de libération de l’Azawad » séparatiste.
Le président de transition Assimi Goïta a déclaré que la situation sur le terrain dans son pays était désormais sous contrôle après les attaques simultanées.
Goïta a décrit, dans un discours adressé au peuple malien via la télévision officielle, les attaques visant la capitale Bamako et les villes de Kati, Kona, Mopti, Gao et Kidal comme un « moment extrêmement grave », affirmant qu’elles avaient été menées de manière « coordonnée et planifiée ».





