Africa-Press – Mali. Vieille connaissance d’Assimi Goïta et des colonels au pouvoir, qui se méfient de lui, l’ancien chef d’état-major de l’armée de l’air a été interrogé pendant quelques jours par les services de renseignement, avant d’être finalement relâché.
L’affaire en dit long sur le climat de suspicion qui règne au sommet du régime de transition malien. Le week-end du 29 avril, le général Souleymane Doucouré, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, a été arrêté à Bamako par des agents de la Sécurité d’État (SE), les services de renseignement maliens.
Selon une source militaire, ce haut gradé d’une cinquantaine d’années aurait été interpellé parce qu’il « se montrait trop critique » à l’égard de la junte dirigée par le colonel Assimi Goïta. Après plusieurs jours d’interrogatoire par les services du colonel Modibo Koné, un proche de Goïta qui a mené – voire, selon certains, conçu – le putsch de 2020, Souleymane Doucouré a été remis en liberté le 4 mai.
Ex-secrétaire général du ministère
Ce général respecté, réputé comme étant l’une des « têtes bien faites » de l’armée malienne, d’après un officier, a un temps servi au sein des missions de l’ONU au Darfour et en Centrafrique. Ancien patron de l’armée de l’air, c’est aussi une vieille connaissance des colonels au pouvoir, dont certains se méfient visiblement de lui.
Arrêté dans la foulée de leur putsch du 18 août 2020 contre Ibrahim Boucacar Keïta (IBK), le général Souleymane Doucouré avait finalement été libéré et nommé secrétaire général du ministère de la Défense le mois suivant. Son patron était alors le colonel Sadio Camara, l’un des cinq colonels qui ont renversé IBK.
Éphémère ministre de la Défense
Le 24 mai 2021, le président Bah N’Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, en conflit ouvert avec les colonels, procèdent à un remaniement gouvernemental. Sadio Camara est remplacé par le général Souleymane Doucouré. Un poste que celui-ci n’occupera jamais vraiment : quelques heures après l’annonce de ce changement, les colonels mènent leur deuxième coup d’État en neuf mois. Ils arrêtent N’Daw, Ouane et Doucouré, qui sont tous trois conduits au camp militaire de Kati.
Les putschistes reprennent la main et s’arrogent cette fois les pleins pouvoirs. Assimi Goïta devient président, Sadio Camara conserve la Défense et Modibo Koné prend la direction de la Sécurité d’État. Le général Doucouré, lui, sera finalement libéré. Avant d’être à nouveau arrêté par la SE, près de deux ans plus tard.
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