Lutte contre la corruption et la délinquance financière : L’apaisement du climat politique pour ralentir les ardeurs ?

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Lutte contre la corruption et la délinquance financière : L’apaisement du climat politique pour ralentir les ardeurs ?
Lutte contre la corruption et la délinquance financière : L’apaisement du climat politique pour ralentir les ardeurs ?

Africa-Press – Mali. En brandissant la hache de guerre de la traque contre la corruption et la délinquance financière, le pouvoir de Transition devait être sûr de porter un manteau répulsif vis-à-vis d’acteurs politiques de premier plan.

« Qui trop embrasse, mal étreint » ! Cette maxime est bien connue et semble être le reproche majeur à faire au pouvoir de la transition en cours. Celui-ci veut poser les bases des réformes politiques censées consensuelles, mais il peine à rassembler les acteurs politiques ayant déjà participé à la gouvernance du pays. Cela s’explique par le fait que la plupart des anciens gouvernants peuvent se faire reprocher certaines indélicatesses. Car, la gestion vertueuse des affaires publique était devenue une denrée rare sous nos cieux…

En clair, certains des anciens ministres de l’ère IBK ne sont pas des modèles de bons gestionnaires de la chose publique. Et ces personnalités sont pour la plupart des leaders de partis politiques, dont le pouvoir de Transition a besoin de l’adhésion pour l’amorce des réformes majeures. Comment donc rassembler ces responsables politiques autour des chantiers de réformes politico-institutionnelles à l’ordre du jour ? Comment entreprendre des réformes politiques dans un contexte où des leaders de certains partis politiques sont poursuivis pour de présumés cas de délinquance financière ? Il va de soi que les formations politiques concernées s’opposeront aux réformes envisagées. Elles plaideront en sourdine pour un abandon de poursuite avant toute recherche de consensus. A titre d’exemple, quelle position l’ASMA-CFP de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga peut-il adopter dans un processus de refondation de l’Etat, alors que son leader est en prison ? Quid du maire Adama Sangaré, non moins vice-président de l’ADEMA, en prison, des cadres du RPM en détention ? Des leaders politiques intimidés ou persécutés pour de présumés dossiers de délinquance financière dans lesquels ils seraient cités ? Le consensus pour aller aux réformes en question sera difficile à trouver, voire impossible. C’est pourquoi une période de transition n’est pas le moment propice pour envisager un processus de refondation de l’Etat.

Dans son communiqué, après leur rencontre avec le chef de l’Etat, les responsables du Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une transition réussie s’étaient réjouis des propos du chef de la Transition de « faire fi des erreurs du passé et se tourner vers l’avenir ». Ils ont dénoncé « les invectives, les menaces, les intimidations », qui « ne sont pas de nature à aider notre pays à relever les nombreux défis soulevés ». Ils n’ont pas manqué de relever que « la neutralité des autorités qui devrait être de rigueur » et qui ne s’est pas fait sentir ». Ces éléments de langage semblent se diriger contre les poursuites ou menaces de poursuites judiciaires contre les anciens ministres dirigeants de partis politiques. Comme pour dire que si le pouvoir actuel veut bénéficier de leur accompagnement en vue d’un consensus politique, il leur faut lever le pied sur la répression contre d’éventuelles fautes de gestion des affaires publiques. C’est aussi dans ce sens que les responsables du Cadre ont indexé dans leur communiqué « respect de l’Etat de droit ». Ce qui semble évoquer les reproches que certains politiques font aux autorités de transition par rapport aux atteintes aux principes de la présomption d’innocence. Quid des griefs concernant la détention de l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, dont la poursuite devrait passer par la Haute Cour de Justice ?

Comme on le voit, en vue de l’apaisement du climat politique, les dirigeants de la Transition pourraient freiner leurs ardeurs par rapport à la lutte contre la délinquance financière durant la gouvernance antérieure. Boubou SIDIBE

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