Reportage. Dans le no man’s land du nord du Mali, la loi du plus fort règne

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Reportage. Dans le no man’s land du nord du Mali, la loi du plus fort règne
Reportage. Dans le no man’s land du nord du Mali, la loi du plus fort règne

Africa-Press – Mali. L’insécurité est totale dans le nord-est du Mali, où la population locale vit dans la crainte de combats meurtriers et d’actes de banditisme. Le “Journal du Mali” décrit une vaste zone où les groupes armés imposent une loi de prédation et de violence tandis que la société civile tente, tant bien que mal, de s’organiser.

Enlèvements, assassinats ciblés, braquages. Cela sonne comme du déjà entendu à Gao [dans l’est du Mali, sur le fleuve Niger]. “Sur la route Gao-Ansongo [ville située à 90 kilomètres au sud-est de Gao], ce sont des braquages à n’en pas finir. C’est pareil sur la route Gao-Bourem [à 95 kilomètres au nord de Gao]. Dans la ville, ce sont aussi les braquages, les assassinats, les enlèvements qui se multiplient. À part la commune urbaine de Gao, aucune localité n’est en sécurité. Tout le monde peut se faire tuer ou enlever à tout moment sans qu’il n’y ait de représailles contre l’ennemi”, se désole Abdoul Karim Samba, président de la Coalition des anciens des mouvements et organisations de la résistance civile de Gao (Camorc Gao).

Le 1er novembre 2022, des hommes armés à moto ont attaqué un car de transport en commun. Bilan : 3 morts, dont un enfant de 5 ans, victime d’une balle perdue. Quelques jours plus tôt, le chef du village de Bara, enlevé, avait été exécuté après que les ravisseurs ont demandé une rançon de 25 millions de francs CFA [38 000 euros] et fixé une date pour que cette somme soit mobilisée. La famille avait juste quelques heures de retard, à en croire M. Samba.

Des forces de sécurité uniquement dans les grandes villes

“Les gens dorment avec beaucoup d’inquiétude. Même chez vous, quel que soit le lieu où vous êtes, même dans votre chambre, on peut venir vous trouver, prendre vos biens et vous tuer”, dépeint-il, assurant que même le bétail n’est pas épargné :

“Tout le bétail aujourd’hui sur les tronçons Gao-Ansongo et Gao-Bourem a été enlevé par des hommes armés, vers des destinations inconnues.”

Selon Abdoul Idrissa, de Kala A Ma Harandi, un collectif de journalistes-militants de la région de Gao, la raison principale de cette insécurité est tout simplement l’absence de l’État. “Les forces armées et de sécurité sont campées uniquement dans les grandes villes, à Gao, Ansongo, Labbezanga. Quand vous quittez Gao, à partir du checkpoint c’est fini, c’est le no man’s land jusqu’à Ansongo. L’État ne parvient pas jusqu’à présent à occuper tout le territoire, à part les grandes agglomérations”, regrette-t-il.

Face à cette situation « d’inquiétude et d’incertitude », les organisations de la société civile de la région de Gao ont fait des recommandations au président par intérim, le colonel Asimi Guita, et aux autorités régionales.

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