apporté par
Anouar Chennoufi
Africa-Press – Niger. Nous avons vu utile de revenir avec une rétrospective sur les attaques meurtrières commises au Niger, depuis le début de janvier 2021, période cruciale pour le pays qui baignait dans des vagues houleuses, suite au déroulement de ses élections présidentielles.
Il importe de reconnaître que le Niger semble bien avoir été pris entre le marteau et l’enclume, à savoir entre les attaques du groupe armé nigérian « Boko Haram » et celles des nébuleuses sahéliennes relevant des deux organisations d’Al-Qaïda et de Daech.
Le pays a été sérieusement secoué par une série d’attaques contre des civils, ce qui a incité des milliers d’entre eux à fuir leurs maisons dans les zones attaquées.
Il s’agirait du déplacement de presque 11.000 nigériens, vis-à-vis duquel le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a indiqué qu’il s’agissait de « déplacement massif » de population résultant d’« attaques répétées » contre des civils, faisant référence à « des meurtres, viols, extorsions et vols de bétail » commis par des « membres présumés de groupes armés non étatiques opérant le long de la frontière » avec le Mali.
C’est dans ce contexte que nous avons établi ci-après une chronologie de ces « meurtres en masse et en série » :
Samedi 2 Janvier 2021
Plusieurs personnes (au moins 100 morts) ont été tuées par des hommes armés à Tchomo-Bangou, un village de la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, le jour de la proclamation des résultats du premier tour de la présidentielle.
Ce sont de nombreux civils qui ont été tués dans une attaque survenue dans ce village, relevant du département de Ouallam, dans la zone dite des « 3 frontières », proche du Mali et du Burkina Faso.
Dimanche 21 Février
Alors que les Nigériens votaient, pour élire leur président, sept membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont été tués et trois autres personnes blessées gravement. Leur véhicule aurait sauté sur une mine dans la région de Tillabéri, à l’ouest du Niger. Une explosion qui serait « probablement d’origine terroriste ».
Vendredi 26 Février
Ce jour-là, la tension était toujours aussi vive depuis l’annonce des résultats de la présidentielle. Au moins deux personnes sont mortes et 468 autres arrêtées, en plus d’hommes politiques recherchés par les autorités, comme Hama Amadou, opposant historique. Paris a appelé l’ensemble des parties au « dialogue » et à recourir aux voies légales pour régler tout différend. De leur côté, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’ONU avaient condamné fermement les actes de violence et appelé toutes les parties prenantes à la retenue.
Lundi 15 Mars
Le Niger a de nouveau été la cible d’attaques de groupes armés qui ont fait 58 morts dans l’ouest du pays, près du Mali. Il s’agit des premières violences depuis l’élection du président Mohamed Bazoum le 21 février. En effet, ce lundi 15 mars, au moins 31 soldats maliens ont été tués après une attaque attribuée à des rebelles armés dans l’Est du Mali, selon un nouveau bilan publié par des sources militaires et locales.
Tout compte fait, le Niger a connu au moins 203 morts en seulement six jours, sachant que les attaques s’intensifient dans l’ouest du Niger. Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours après l’attaque survenue ce dimanche 21 mars 2021. Ces attaques constituent le plus grand défi du président Mohamed Bazoum.
Jeudi 25 Mars
Des élus locaux ont annoncé que des attaques ont eu lieu contre trois villages de la région de Tillabéri, près de la frontière avec le Mali, faisant 11 victimes. La région de Tillabéri, située dans la zone dite « des trois frontières », est régulièrement frappée par les groupes armés d’Al-Qaïda et de Daech.

Mercredi 28 Juillet
Dix-huit personnes ont été tuées ce mercredi-là au Niger, dans une attaque ayant eu lieu dans la zone de Banibangou (Ouest du pays), proche de la frontière avec le Mali. Trois jours avant, le dimanche 25 Juillet 2021, 14 civils y avaient été tués par des hommes armés roulant à moto, selon des informations confirmées par l’AFP et par un élu local.
Lundi 16 Août
La dernière attaque enregistrée, dans l’ouest du Niger, a visé le lundi 16 août 2021 le village de Darey-Daye près de la frontière malienne. Des hommes armés ont tiré sur des habitants du village alors qu’ils étaient occupés à cultiver paisiblement leurs champs.
Le bilan macabre de cette journée était de 37 morts, dont quatre femmes et treize adolescents.
A toutes ces victimes, il faudra ajouter celles qui ont péries dans un incendie dans la périphérie de Niamey.
En effet, une vingtaine d’enfants de 3 à 5 ans sont morts le mardi 13 avril 2021 dans l’après-midi, et ce dans l’incendie qui a ravagé les classes en paille et en bois de leur école située au quartier « Pays-Bas », à Niamey. Les causes de ce drame ne sont toujours pas connues.

Réaction et préoccupation des Organisations internationales
L’organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé, dans un rapport rendu public récemment, que le nombre des civils tués depuis le début de l’année 2021, dans l’ouest du Niger, dans des attaques menées par des groupes armés, était de 420 civils.
Cela fait donc en tout plus de 450 morts en moins de 8 mois, en prenant en considération les 20 élèves morts dans l’incendie.
A noter que Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) s’est déclaré à son tour « profondément choqué et indigné par les terribles attaques contre des enfants et des familles par des groupes armés non identifiés dans le village de Darey-Daye ».
Comment donc le Niger a prévu, dans ses nouvelles politiques, de faire face à toutes ses attaques meurtrières ?





