Africa-Press – Niger. Les Lions sénégalais vainqueurs contre l’Égypte en finale de la CAN (2-2, 6 tirs au but à 5) arrachent leur ticket pour la Coupe du monde de 2023.
Dire que le Sénégal domine outrageusement le beach soccer (football de plage) africain est un euphémisme. Depuis la première édition de la Coupe d’Afrique des nations en 2007, les Lions ont remporté sept éditions sur dix et sont, depuis, considérés comme une valeur sûre à l’échelle mondiale. Menés par le mythique gardien de but Al Seyni Ndiaye, présent sur toutes les victoires, mais également meilleur gardien du tournoi à six reprises, et nommé deux fois dans le top 50 des meilleurs joueurs, les Lions n’avaient qu’un seul objectif : conserver leur statut sur le plan continental.
Et pourtant, pour cette édition 2022, le Sénégal devait composer avec le départ de son sélectionneur Oumar Ngalla Sylla, parti avec la sélection marocaine. Membre de l’équipe nationale en tant que joueur (champion d’Afrique en 2008, 2011 et 2013), puis à la tête des Lions depuis 2016, il a sans doute écrit les plus belles pages du beach soccer africain. En effet, hormis trois Coupes d’Afrique successives, le Sénégal de Sylla a atteint le dernier carré de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire il y a tout juste un an, à l’occasion du mondial joué en Russie, en terminant à la quatrième place. Si son départ a forcément créé un vide, Ngalla Sylla s’est voulu très rassurant pour l’avenir de l’équipe nationale : « Pas mal d’entraîneurs sont prêts à reprendre l’équipe, il faut leur laisser la place, d’autant plus que j’ai atteint mes objectifs. Même si on dit qu’il fallait gagner la Coupe du monde, cela ne m’a jamais été fixé comme objectif. On a été constant, on a été en quart de finale, en demi-finale et troisième au tournoi intercontinental. Pour la suite logique, on devrait aller en finale l’année prochaine. Mais un travail n’est jamais achevé et le prochain entraîneur peut continuer, je ne suis pas irremplaçable. Il ne faut pas oublier que je n’étais pas seul, il y avait toute une équipe derrière. Il y a toute une organisation, je n’étais là que pour coordonner parce que j’étais l’entraîneur principal. La particularité est que j’étais très proche des joueurs », a-t-il déclaré dans les colonnes de L’Observateur.
Parti en avril 2022, il a été remplacé par Mamadou Diallo, ancien international de football entre 1994 et 2000, aussi connu pour avoir été le meilleur buteur de la MLS (championnat des États-Unis) avec 28 buts inscrits en 2000, mais aussi de la sélection avec 21 buts pendant quelques années.
Pour préparer leur 7e sacre, les Lions ont eu l’opportunité d’être invités par la Confédération d’Afrique australe pour prendre part à la Cosafa Cup il y a quelques semaines. Compétition qui a permis de réviser leurs gammes et même d’ajouter une ligne au palmarès de l’équipe nationale. Ils ont tout d’abord su se défaire de la Mozambique (victoire 5-4 face au pays organisateur), de l’Afrique du Sud (8-3) et des Seychelles (12-2) au premier tour, avant d’accéder en finale grâce à une large victoire sur l’Ouganda (10-3). La finale face à l’Égypte a été beaucoup plus accrochée. Mené 2-0, puis 3-1 par les Pharaons, le Sénégal a su trouver la parade après avoir mis du temps à entrer dans sa rencontre et remportera la finale sur le score de 5-3.
Pour ce qui a été la 150e sélection de son légendaire gardien de but, Al Seyni Ndiaye, la finale proposait une affiche de prestige face à l’Égypte, encore et toujours. L’Égypte, 3e des CAN 2006, 2011, 2016 et 2018, disputait sa première finale. Les deux pays s’étaient affrontés déjà en finale de la CAN de football, et pour les barrages de la Coupe du monde, ils se sont retrouvés une fois de plus en finale de beach soccer. Et à l’image des autres confrontations, le Sénégal a triomphé après avoir dû être départagé par une séance de tirs au but, à la suite d’un match où seulement quatre buts ont été inscrits (2-2), grâce au légendaire Al Seyni Ndiaye, élu meilleur gardien du but du tournoi. Comme tournant de cette finale, on retiendra l’égalisation mémorable de l’acrobate Raoul Mendy, élu troisième meilleur joueur du dernier mondial, avant la fin du temps réglementaire, grâce à un retourné ayant scotché le gardien égyptien sur ses appuis, et sans doute redonné un avantage psychologique aux Lions.
« Je suis content de remporter ce trophée et je suis content pour tous les Sénégalais qui nous ont soutenus durant cette CAN. Il y avait beaucoup de doutes avant parce que beaucoup pensaient qu’on n’allait pas le faire, mais maintenant je tiens à féliciter les joueurs, l’encadrement technique et la Fédération sénégalaise de football. En tant qu’entraîneur principal, je suis très content de gagner pour la première fois sur le banc », a déclaré le sélectionneur Mamadou Diallo. « On savait que cette CAN ne serait pas facile. C’était très spécial et on en a parlé avec Ngalla Sylla (dont la sélection marocaine a remporté la médaille de bronze après avoir été éliminée en demi-finale par l’Égypte 5-4) pour dire que ce serait très difficile. Aujourd’hui, on y est parvenu. Je ne suis pas un très grand entraîneur ni un grand technicien, mais je sais comment faire gagner des champions », a commenté Mamadou Diallo, qui s’offre son premier trophée avec la sélection.
Désormais, le nouvel objectif pour les Lions est connu : la Coupe du monde. Qualifiée en compagnie de l’Égypte pour l’édition 2023, l’ambition est de faire mieux qu’une quatrième place obtenue l’année dernière. Tombeur du Brésil en quart de finale, les Lions ont brisé ce plafond en étant le premier pays africain à atteindre le dernier carré. Le Sénégal s’était par la suite incliné face au Japon en demi-finale, puis face à la Suisse lors du match pour la troisième place.
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