Moody’s assène un nouveau coup à l’économie nigérienne

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Moody’s assène un nouveau coup à l’économie nigérienne
Moody’s assène un nouveau coup à l’économie nigérienne

Yara Rizk

Africa-Press – Niger. L’agence de notation a dégradé la note souveraine du Niger de deux crans. Une conséquence des sanctions que la Cedeao impose au pays.

Deux semaines après le coup d’État militaire du 26 juillet, les nuages s’amoncèlent au-dessus de l’économie nigérienne. Alors que les sanctions imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) commencent à se faire sentir, l’agence de notation Moody’s Investors Service a abaissé, le 4 août, la note souveraine du pays de deux crans, la faisant passer de B3 à Caa2.

Cette dégradation est significative. Elle indique que le risque est perçu avec davantage d’acuité, et que les investissements dans le pays sont considérés comme « hautement spéculatifs », ce qui devrait entraîner une hausse du coût des emprunts pour le gouvernement nigérien.

Moody’s justifie sa position par les sanctions économiques imposées à Niamey, qui entravent les transactions commerciales et financières, et ont entraîné un gel des avoirs de l’État nigérien à la Banque centrale (BCEAO) ainsi que dans les banques commerciales de la Cedeao.

Vers un défaut de paiement ?

L’agence de notation estime que la probabilité que Niamey ne soit plus en mesure de rembourser sa dette est élevée, ce qui pourrait précipiter le pays vers un défaut de paiement. Umoa-Titres, sous la supervision de la BCEAO, a récemment annoncé l’annulation d’une opération de vente de titres publics, que Niamey avait programmée pour le 7 août, dont le montant était de 30 milliards de F CFA (45,7 millions d’euros).

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le Niger doit rembourser 12 milliards de F CFA (18,3 millions d’euros) en août, et plus de 70 milliards de F CFA (106,7 millions d’euros), en septembre, à ses créanciers.

Pour rappel, en début d’année, les autorités du Niger envisageaient de collecter 830 milliards de F CFA (1,26 milliard d’euros) pour financer les dépenses publiques et les opérations financières, estimées à 3 291,62 milliards de F CFA (environ 5 milliards d’euros). Elles prévoyaient que plus de la moitié de ce montant proviendrait de sources extérieures (aides budgétaires, projets d’aide, emprunts obligataires…). En dehors des ventes de titres du Trésor sur le marché régional, le Niger espérait ainsi mobiliser plus de 1 274 milliards de F CFA auprès de ses partenaires de développement, soit près de 40% de son budget pour l’année 2023. Un objectif tout simplement impossible à atteindre dans le contexte actuel. D’autant que le retrait du soutien financier de plusieurs partenaires étrangers, dont la France et les États-Unis, complique la situation. Ces deux pays ont en effet suspendu leur aide financière et leur coopération en matière de sécurité avec Niamey, privant ainsi le Niger de subventions équivalentes à 5,5 points de PIB par an.

Entrave au commerce

En outre, le 31 juillet, le FMI a annoncé la suspension du déboursement d’un prêt de 131,5 millions de dollars, approuvé quelques semaines plus tôt. Ainsi, d’importants projets d’infrastructures, tels que l’oléoduc reliant le Niger au Bénin (qui, selon le FMI, avait le potentiel de stimuler une croissance à deux chiffres grâce à la multiplication par sept des exportations de pétrole) sont en péril.

Les mois à venir seront donc cruciaux pour le pays en crise, qui doit non seulement faire face à un grand désordre politique, mais aussi trouver des solutions pour naviguer au milieu de cette tempête économique.

Source: JeuneAfrique.com

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