Coup d’État au Niger : le conflit se joue (aussi) à Paris

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Coup d’État au Niger : le conflit se joue (aussi) à Paris
Coup d’État au Niger : le conflit se joue (aussi) à Paris

Africa-Press – Niger. En poste à Paris depuis 2021, l’ambassadrice Aïchatou Boulama Kané, cadre du parti de Mohamed Bazoum, a renouvelé son soutien au président renversé. Elle a continué d’assumer ses fonctions malgré son limogeage par la junte du général Tiani.

Depuis le début du mois d’août, l’ambassade du Niger à Paris est devenue le théâtre d’une lutte sourde, opposant deux clans qui semblent irréconciliables. Point de départ de ce conflit : le 3 août, quelques jours après le putsch au Niger, l’ambassadrice Aïchatou Boulama Kané, était relevée de ses fonctions par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) du général Abdourahamane Tiani.

Deux ambassadeurs pour un fauteuil ?

Le CNSP a alors nommé Boubacar Moussa Rilla, le premier conseiller de l’ancienne ministre des Affaires étrangères, comme chargé d’affaires, la remplaçant donc de facto dans ses fonctions. Seulement, Aïchatou Boulama Kané a fait de la résistance. Durant environ une semaine, elle s’est ainsi rendue normalement à son bureau, affirmant considérer son éviction comme nulle et non avenue.

Membre du bureau politique du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, la formation du président Mohamed Bazoum), elle exprimait ainsi son total soutien au chef d’État renversé le 26 juillet, qui refuse toujours de démissionner, malgré la pression des putschistes. L’affrontement avec son « remplaçant » Boubacar Moussa Rilla ne prendra fin qu’environ une semaine plus tard, aux alentours du 10 août.

Bien qu’elle soit toujours reconnue par les autorités françaises comme la légitime ambassadrice à Paris, Aïchatou Boulama Kané a finalement abandonné (provisoirement ?) ses bureaux à son ancien conseiller. Ce qui pourrait s’expliquer par l’arrestation, début août à Niamey, du fils de la diplomate, Idrissa Kané, jusqu’alors directeur général de la poste du Niger. Il a, depuis, été libéré, tandis que l’ambassadrice a réaffirmé ce 18 août poursuivre sa mission avec détermination.

Ce duel parisien fait écho à d’autres situations similaires, les ambassadeurs du Niger au Togo, aux États-Unis et au Nigeria ayant également été relevés de leurs fonctions par la junte. Dans un entretien à Voice of America Afrique, Mamadou Kiari Liman-Tinguiri, en poste à Washington, a lui aussi assuré Mohamed Bazoum de son soutien et réclamé un retour à l’ordre constitutionnel à Niamey.

Source: JeuneAfrique

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