Coup d’État au Niger : remonté contre Issoufou, Bazoum ne s’avoue pas vaincu

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Coup d’État au Niger : remonté contre Issoufou, Bazoum ne s’avoue pas vaincu
Coup d’État au Niger : remonté contre Issoufou, Bazoum ne s’avoue pas vaincu

Benjamin Roger

Africa-Press – Niger. Renversé le 26 juillet par le coup d’État du général Abdourahamane Tiani, le président refuse toujours de démissionner. Détenu dans sa résidence par les putschistes avec son épouse et son fils, il croit plus que jamais en son retour au pouvoir.

Ceux qui continuent à lui parler au téléphone évoquent volontiers son « courage » et sa « détermination ». Depuis le coup d’État qui l’a évincé du pouvoir le 26 juillet, Mohamed Bazoum est séquestré par les putschistes de la garde présidentielle dans sa résidence, située dans l’enceinte du palais, à Niamey. Il a interdiction d’en sortir et de recevoir qui que ce soit – hormis son médecin personnel.

Le chef de l’État renversé, qui refuse toujours formellement de démissionner, est détenu avec son épouse Hadiza et son fils Salem, 22 ans, étudiant à Paris, qui était en vacances au Niger lorsque les hommes du général Abdourahamane Tiani ont fait irruption chez ses parents.

Crises de paludisme

Depuis le 2 août, l’électricité de leur résidence a été coupée. Pas – ou à peine – d’eau courante non plus, laquelle n’est rétablie que tard le soir avant d’être rapidement interrompue. Les trois membres de la famille font donc des réserves avec des bidons ou des bassines. En cette saison des pluies, où la température avoisine régulièrement les 35 degrés, et où les moustiques prolifèrent, ils ont tous été victimes de crises de paludisme.

Tous les deux jours, Mohamed Bazoum reçoit la visite de son médecin, qui apporte à la famille de l’eau et de la nourriture non périssable – essentiellement du riz et des pâtes – faute de réfrigérateur. « Leurs conditions de vie ne sont évidemment pas faciles mais ils sont solides », confie un intime du clan Bazoum.

Échanges quotidiens avec Macron
Le président nigérien, qui a toujours son téléphone, échange quotidiennement avec son homologue français, Emmanuel Macron, dont il apprécie le discours très ferme à l’égard des putschistes qui l’ont renversé. Il s’entretient aussi très souvent avec plusieurs présidents de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Parmi ceux dont il est le plus proche figurent Macky Sall, Alassane Ouattara, Patrice Talon, Umaro Sissoco Embaló ou encore Bola Tinubu, président en exercice de l’organisation sous-régionale.

À tous, il répète sa détermination à revenir au pouvoir, par une intervention militaire de la Cedeao s’il le faut – laquelle, selon une source militaire régionale, « continue à se préparer » dans la plus grande discrétion. Mi-août, le dispositif de sécurité autour du palais présidentiel et de sa résidence, qui est désormais entourée de blindés légers, a encore été renforcé par le général Tiani. Enfin, Mohamed Bazoum est désormais remonté contre son prédécesseur Mahamadou Issoufou, dont il est aujourd’hui convaincu du rôle trouble dans le putsch du 26 juillet.

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