Africa-Press – Niger. Ces deux Gazelle font partie d’un lot de cinq appareils offerts ces dernières années à Niamey par Paris, dans le cadre d’un projet de formation de 24 millions d’euros, et pour l’aide à la lutte anti-terroriste.
Le 2 août, le groupe Sabena Technics a réceptionné pour révision sur son site de Marignane, situé près de Marseille, deux hélicoptères Gazelle de l’armée de l’air nigérienne. N’étant pas en état de voler, les aéronefs ont été transportés par avion cargo et ont transité par Istres. Ils avaient quitté le territoire nigérien peu de temps avant le coup d’État du 26 juillet.
L’avertissement de la DGA
Dans le cadre de ce contrat avec Sabena Technics, l’armée de l’air nigérienne a délégué un représentant sur le sol français, chargé de suivre le déroulé du cahier des charges. Les travaux devaient commencer au versement du premier tiers de la facture.
Mais la Direction générale française de l’armement (DGA), qui travaille en étroite collaboration avec l’état-major des armées et qui promeut les exportations des industriels de la défense de l’Hexagone, a très rapidement signifié au groupe son interdiction de réviser ou réparer les deux machines, mais aussi de les renvoyer au Niger.
La France maintient en effet son soutien au président renversé Mohamed Bazoum, toujours séquestré par les putschistes menés par le général Abdourahamane Tiani. Ces dernières semaines, les manifestations anti-françaises se sont multipliées devant les bases militaires qui abritent les contingents du pays, à Niamey mais aussi à Ouallam, à 100 km au nord de la capitale, dans la région instable de Tillabéri. La junte a demandé le départ de l’ambassadeur Sylvain Itté, mais la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a refusé de répondre à ces injonctions que Paris n’estime pas légitimes.
Un troisième appareil hors d’usage
En tout, la France a fait don au Niger de cinq Gazelle, de type SA341, issues de l’aviation légère de l’armée de terre. Les trois premières ont été livrées en 2015 et les deux autres, également en version hélicoptères d’attaque, en novembre dernier. Elles avaient alors été réceptionnées en présence de Sylvain Itté. Et ce, quatre mois après la rencontre, au Niger, de Catherine Colonna et du ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, le 23 juillet 2022, avec le président Bazoum et leurs homologues.
Toujours selon nos informations, l’une des trois Gazelle encore au Niger est actuellement hors d’usage après avoir subi un crash. L’armée nigérienne compte, en outre, deux hélicoptères Mil Mi-17 pour des opérations de transport, un Mil Mi-24 pour du transport et du combat, et un Bell 412 (transport).
À la suite de la parution de cet article, l’état-major des armées nous a précisé que deux hélicoptères Gazelle sont effectivement arrivés le 2 août 2023 dans les locaux de la société Aeromecanic (rachetée par Sabena Technics) afin d’effectuer, dans le cadre d’un contrat avec le Niger, leurs grandes visites.
La société restant en attente de l’acompte de 30 % que doit lui verser le Niger, elle n’a pas débuté les travaux. L’officier de l’armée de l’air nigérienne, qui avait accompagné ces deux Gazelle pour suivre le chantier, est reparti à Niamey à la fin du mois d’août. En conclusion, toujours selon l’état-major des armées, la révision des deux Gazelle nigériennes n’a donc pas été interrompue sur un quelconque ordre mais n’a juste pas démarré, faute de la réception d’un premier versement de la part du Niger.
Source: JeuneAfrique
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