Au Niger, la Banque centrale dans le viseur de la junte

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Au Niger, la Banque centrale dans le viseur de la junte
Au Niger, la Banque centrale dans le viseur de la junte

Thaïs Brouck

Africa-Press – Niger. Pour la deuxième fois depuis le coup d’État du 26 juillet, Maman Laouali Abdou Rafa a été arrêté par les hommes du général Abdourahamane Tiani. Bien que libéré depuis, l’interpellation est intervenue alors que les comptes de l’État nigérien sont toujours gelés à la BCEAO.

« La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a pris acte de la libération de son directeur national au Niger. » C’est par un bref communiqué publié le 6 novembre sur son site internet que l’institution basée à Dakar a réagi à la libération de son directeur pays.

Selon nos informations, le 31 octobre, Maman Laouali Abdou Rafa, directeur national de la BCEAO au Niger, a été convoqué par la Primature. Un rendez-vous à la suite duquel il a été mis aux arrêts avant d’être relâché au bout de cinq jours.

Depuis le coup d’État du 26 juillet, au cours duquel le président Mohamed Bazoum a été renversé par le général Abdourahamane Tiani, il s’agit de la seconde fois que l’ex-secrétaire général du ministère des Finances est interrogé par les nouveaux hommes forts de Niamey.

La Banque centrale sous pression

Pour l’instant, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) n’a pas communiqué sur les motifs ayant conduit à l’interpellation de ce haut fonctionnaire nigérien. Contactée par Jeune Afrique, la BCEAO n’a non plus réagi. Mais selon des sources concordantes, l’objectif serait de mettre la pression sur la Banque centrale afin d’entamer des négociations.

Depuis le 31 juillet, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a en effet décidé de sanctions inédites à l’encontre du Niger et notamment le « gel des avoirs financiers et monétaires du gouvernement nigérien auprès de la BCEAO et d’autres banques commerciales de l’Uemoa [Union économique et monétaire ouest-africain] ».

Les fonctionnaires ne sont plus payés

La banque centrale n’injecte par conséquent plus de liquidités sur les comptes de l’État. Selon nos informations, seules les banques commerciales du pays continuent de bénéficier de nouvelles injections de liquidités chaque semaine. « Les sanctions commencent vraiment à se faire ressentir au Niger, nous explique une source à Niamey au fait du dossier. Les comptes que possède l’État dans les banques commerciales sont gelés et beaucoup de fonctionnaires ne sont plus payés. La junte est aux abois, c’est probablement ce qui explique cette arrestation ».

« Il faut aussi noter que Maman Laouali Abdou Rafa est l’ancien secrétaire général de l’ex-ministre des Finances de Mohamed Bazoum, Ahmat Jidoud, qui a lui-même été arrêté en septembre », rappelle une autre source nigérienne travaillant dans une institution internationale. Contacté, Maman Laouali Abdou Rafa n’a pas donné suite aux sollicitations de Jeune Afrique.

Au lendemain de l’arrestation de son directeur, le siège nigérien de la BCEAO avait baissé le rideau, aggravant encore les difficultés d’accès aux liquidités pour les banques commerciales. Depuis la remise en liberté du dirigeant, elle a finalement repris son activité, mais les problèmes rencontrés par les établissements bancaires locaux, eux, persistent.

Source: JeuneAfrique

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