Coupure internet en Afrique : pour MTN, Orange et consorts, la facture s’annonce salée

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Coupure internet en Afrique : pour MTN, Orange et consorts, la facture s’annonce salée
Coupure internet en Afrique : pour MTN, Orange et consorts, la facture s’annonce salée

Maher Hajbi
et Marie Toulemonde

Africa-Press – Niger. Loin de se limiter à l’incapacité de publier ou d’afficher des contenus sur les réseaux sociaux, la panne générale pèse sur les activités des opérateurs économiques à travers le continent.

MTN, Orange, Vodacom… Les dernières 24 heures ont été très difficiles, voire très tendues, pour les opérateurs télécoms actifs en Afrique, où une dizaine de pays ont été privés d’accès à internet. Après des incidents sur les câbles sous-marins de fibre optique, indispensables pour la connectivité du continent, citoyens et acteurs économiques ont été touchés par la panne de grande ampleur.

« Quatre câbles sous-marins ont été sectionnés, le 14 mars 2024, le long de la côte ouest de l’Afrique. Il s’agit de WACS, ACE, SAT3 et MainOne », explique MTN dans une communication datée du 15 mars. Le géant sud-africain des télécommunications affirme travailler actuellement avec ses partenaires pour atténuer l’impact des dommages à travers le continent en activant davantage de circuits.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Vodacom, également touché par les incidents ayant affecté des câbles sous-marins de fibre optique, confirme avoir mis en place des solutions alternatives pour le rétablissement progressif de son service dans « certaines régions touchées ». Seul Orange, présent dans 17 pays africains, ne s’est pour l’instant pas prononcé sur l’ampleur ou encore les causes des incidents.


Cellule de crise en Côte d’Ivoire

Premier pays touché par les incidents de connectivité, la Côte d’Ivoire a annoncé avoir mis en place une cellule de crise pour rétablir internet, 24 heures après le début de la panne « inédite et exceptionnelle ». Alors que l’accès à la Toile ne dépasse pas 4 % – selon les données de NetBlocks, l’observateur mondial d’internet –, les opérateurs actifs dans le pays se sont engagés à mutualiser leurs capacités.

« Nous travaillons sans relâche pour rétablir la connexion et minimiser les impacts sur l’économie et la vie quotidienne des citoyens », assure de son côté le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Kalil Ibrahim Konaté. Si les autorités prévoient de restaurer la connexion dans deux, voire sept jours, la panne pèse sur plusieurs secteurs économiques.

Effet domino

« Les difficultés d’accès à internet toucheront le secteur formel comme le secteur informel », explique à Jeune Afrique l’économiste malien Modibo Mao Makalou. Pour l’ancien conseiller aux affaires économiques à la présidence du Mali, toute perturbation de connectivité limite la productivité et les transactions et engendre un manque à gagner énorme pour les entreprises qui ne peuvent pas fonctionner sans internet.

À la tête d’Orange Bank Africa, Jean-Louis Menann-Kouamé précise à JA que « les activités de crédit digital Tik Tak aux clients Orange Money via le canal des applications ont été perturbées dans la journée d’hier, mais que les clients ont pu accéder à leurs comptes et les utiliser normalement avec les codes USSD ». « Par contre, l’activité de banque classique en agence a été fortement perturbée faute d’accès à internet », précise le dirigeant.

Spécialiste mondial de la supply chain sur le continent, Africa Global Logistics (AGL) – présent dans 49 pays – a également été touché par la perturbation voire l’arrêt total de la connexion internet. « La panne a ralenti le flux et la fréquence de nos opérations, mais nos activités se poursuivent à travers le continent », confie un porte-parole du groupe à Jeune Afrique.

Source: JeuneAfrique

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