Réflexion sur l’Administration Publique au Niger

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Réflexion sur l'Administration Publique au Niger
Réflexion sur l'Administration Publique au Niger

Africa-Press – Niger. I. La Refondation comme moment fondateur de l’État

La Refondation n’est pas une simple séquence politique ; elle constitue un moment ontologique de l’État, c’est-à-dire un temps où la société interroge les raisons profondes de son organisation collective. Elle procède d’une rupture consciente avec des formes d’État perçues comme dépendantes, inefficaces ou déconnectées des aspirations populaires.

Dans ce contexte, l’administration publique n’est plus un instrument neutre d’exécution, mais devient le miroir de la souveraineté nationale. Elle matérialise la capacité de l’État à agir par lui-même, pour lui-même et au nom du peuple. Ainsi, réfléchir à une administration souveraine et performante revient à poser une question centrale: Comment l’État nigérien se pense-t-il et s’exerce-t-il dans l’histoire contemporaine?

II. Souveraineté administrative: entre autonomie et légitimité

La souveraineté administrative ne se réduit pas à l’indépendance formelle vis-à-vis de l’extérieur. Elle se définit avant tout comme la capacité effective de concevoir, décider et mettre en œuvre des politiques publiques adaptées aux réalités nationales.

Une administration souveraine:

Elle rompt avec la logique de l’administration sous tutelle intellectuelle, où les politiques publiques sont souvent importées sans enracinement socioculturel.

La souveraineté n’existe que si l’administration est socialement légitime. Or, cette légitimité repose sur:

III. Performance administrative: une rationalité au service du sens

1.Dépasser la performance techniciste

La performance administrative, dans une perspective intellectuelle, ne peut être réduite à des indicateurs chiffrés ou à des tableaux de résultats. Une telle approche, souvent héritée de modèles managériaux exogènes, risque de produire une efficacité sans âme, voire une violence administrative invisible.

La véritable performance est téléologique: elle interroge le pourquoi avant le comment.

Ainsi, une administration performante est celle qui:

La performance publique implique une responsabilité éthique. L’agent public n’est pas un simple exécutant ; il est un dépositaire temporaire de l’autorité de l’État.

La Refondation exige donc une réhabilitation de la vertu administrative: intégrité, sens du devoir, loyauté à l’intérêt général.

IV. L’administration comme espace de pouvoir et de savoir

L’administration concentre un pouvoir réel: elle interprète la norme, hiérarchise les priorités, distribue les ressources. Dans les États fragiles, ce pouvoir peut devenir:

Soit un levier de transformation nationale,

Soit un instrument de domination bureaucratique.

La Refondation impose une ré-politisation consciente de l’administration: non pas au sens partisan, mais au sens de la responsabilité historique.

Une administration souveraine est aussi une administration qui pense.

Elle produit:

Sans capacité intellectuelle interne, l’État devient dépendant de cabinets, d’experts extérieurs ou de bailleurs, affaiblissant sa souveraineté décisionnelle.

V. La Refondation administrative comme transformation culturelle

L’un des défis majeurs est la culture bureaucratique héritée:

La Refondation exige une révolution silencieuse des mentalités administratives, fondée sur:

L’administration souveraine pense le long terme. Elle échappe à l’urgence permanente et au court-termisme politique. Elle devient le gardien de la continuité de l’État, même dans les périodes de transition.

VI. Une administration refondée comme pilier de la renaissance nationale

À l’ère de la Refondation, l’administration publique nigérienne doit incarner trois dimensions indissociables:

La Refondation ne sera pas jugée uniquement sur les textes ou les discours, mais sur la capacité de l’administration à rendre l’État présent, équitable et protecteur dans la vie quotidienne des Nigériens.

Conclusion

Refonder l’administration publique, c’est refonder l’État lui-même. C’est passer d’un État administré à un État qui s’administre par lui-même, avec lucidité, courage et responsabilité historique. Au Niger, cette ambition est moins un choix qu’une nécessité existentielle face aux défis contemporains.

Source: lesahel

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