Dix-sept civils tués par une frappe de drone au Niger

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Dix-sept civils tués par une frappe de drone au Niger
Dix-sept civils tués par une frappe de drone au Niger

Africa-Press – Niger. L’attaque a eu lieu le 6 janvier à la frontière du Burkina Faso, dans le Tillabéri, selon une enquête menée par l’ONG Human Rights Watch.

« Une frappe exécutée par un drone militaire nigérien a tué au moins 17 civils, dont 4 enfants, et en a blessé au moins 13 autres sur un marché bondé à l’ouest du Niger, le 6 janvier 2026 », a indiqué Human Rights Watch (HRW), lundi 9 février, dans un communiqué, ajoutant que la frappe « a également tué trois combattants islamistes ».

« L’attaque a eu lieu dans le village de Kokoloko, dans la région de Tillabéri, à environ 120 km à l’ouest de Niamey, la capitale, et à moins de 3 km de la frontière avec le Burkina Faso », a précisé l’ONG. Cette région, située dans la zone dite des « trois frontières », aux confins du Niger, du Mali et du Burkina Faso, est un repère de groupes jihadistes, qui sévissent dans ces trois pays.

La frappe « pourrait constituer un crime de guerre »

Selon HRW, « des témoins ont déclaré avoir vu, entre 10 heures et 13 heures, le 6 janvier, un drone survoler Kokoloko à deux reprises, puis lancer une munition sur le village vers 13 h 30, alors que des centaines de personnes étaient présentes au marché ».

Les personnes tuées sont « 11 femmes âgées de 29 à 50 ans, 2 hommes âgés de 32 et 55 ans et 4 enfants âgés de 5 à 10 ans », détaille HRW, qui dit s’appuyer sur les propositions de témoins, d’ONG et de journalistes locaux. « Les personnes blessées incluaient 4 femmes âgées de 28 à 45 ans, 7 hommes âgés de 23 à 62 ans et 2 enfants âgés de 14 et 15 ans », ajoute l’ONG.

HRW estime que la frappe « a violé le droit de la guerre, qui interdit les attaques sans discrimination, et pourrait constituer un crime de guerre ». Elle exige qu’une « enquête transparente et impartiale » soit réalisée.

« Les combats dans le Tillabéri se sont intensifiés »

La junte militaire n’a pas communiqué sur cette frappe et n’a pas répondu aux sollicitations de HRW, selon l’ONG. Des témoins affirment, eux, que « des combattants de l’État islamique au Sahel (EIS) ont aidé les habitants à récupérer les corps, qui ont été enterrés dans le cimetière du village », rapporte HRW.

Par ailleurs, « la quasi-totalité des 1 200 habitants de Kokoloko ont fui vers des villages voisins ou ont franchi la frontière vers le Mali », a écrit l’ONG. Elle ajoute que des « images satellites à haute résolution du 20 janvier montrent des zones brûlées à différents endroits du village le long de la route principale ».

« Les combats dans la région occidentale de Tillabéri et dans d’autres zones frontales avec le Mali et le Burkina Faso se sont intensifiés, modifiant les risques pour les civils », avait-elle rappelé dans son rapport mondial 2026, publié en janvier.

Fin septembre, « des dizaines de victimes civiles » avaient été découvertes après des frappes aériennes de l’armée nigérienne dans l’ouest du pays, selon des sources locales. La télévision d’État, la RTN, avait fait état de « victimes et de blessés », sans donner de bilan.

Source: JeuneAfrique

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