Cultures Maraîchères à Niamey: Résilience et Innovation

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Cultures Maraîchères à Niamey: Résilience et Innovation
Cultures Maraîchères à Niamey: Résilience et Innovation

Africa-Press – Niger. La ville de Niamey est très connue pour son climat sahélien. Pourtant, derrière les apparences, elle abrite une activité agricole dynamique et essentielle à l’économie locale et à la sécurité alimentaire: la culture maraîchère. Souvent, loin de la capitale, dans les jardins, les habitants cultivent avec amour une grande variété de légumes et de fruits qui alimentent les marchés locaux et contribuent ainsi à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire.

Situés à l’extrémité du quartier Saguia de l’arrondissement communal Niamey 5, les jardins de Banizoumbou sont un symbole de vie et de fertilité. Dès l’entrée de cet endroit, ces jardins offrent un contraste saisissant avec les dunes de sable qui les entourent, offrant une vue impressionnante sur la verdure des différents arbres. Le périple a certes été long pour nous, mais en voyant les jeunes dans ces terrains, arrosoirs en main, prêts à s’investir pour leurs familles et pour la souveraineté du Niger, nous avons été stupéfiés. Hassan Boubacar, âgé de dix-neuf ans, un jeune producteur de melons, affirme qu’il a hérité du maraîchage de ses parents. A chaque approche du mois béni de Ramadan, il diversifie sa production pour soutenir les consommateurs. « La culture du melon peut prendre une période de plus de trois mois. On cultive aussi de l’aubergine, du moringa, du piment, du poivron, de la tomate, du concombre et plusieurs autres légumes », a-t-il dit.

Le jeune maraîcher explique que son travail demande certes beaucoup d’endurance, mais il permet de gagner convenablement sa vie si on sait s’y prendre. « Avec ce travail, je subviens non seulement aux besoins de ma famille, mais je contribue également à nourrir toute une population. C’est vraiment une fierté. Nos produits sont vendus directement dans les jardins aux populations environnantes et à des commerçants qui les revendent sur les marchés locaux », a-t-il expliqué. Fier de son accomplissement personnel, il révèle qu’il a acquis plusieurs têtes de bétail grâce au maraîchage. « J’aimerais que dans l’avenir, tous les produits qu’on pense ne pas pouvoir cultiver sur nos terres puissent se retrouver dans mon jardin et que d’autres producteurs s’investissent encore davantage pour répondre aux idéaux de nos plus hautes autorités », a souhaité Hassan Boubacar.

Malgré la volonté des jeunes pour travailler la terre, les difficultés d’accès à l’eau compliquent la pratique du maraîchage sur les sites. M. Mahamadou Oumarou Konkia, penché au-dessus d’une mare d’eau boueuse creusée de façon traditionnelle dans le sol sablonneux, remplit ses bidons de 25 litres qui lui servent d’arrosoirs. « On manque des motopompes pour nous faciliter l’arrosage qui se fait le matin et le soir. Ce n’est pas facile de transporter à chaque fois des bidons d’eau pour irriguer les plants », a-t-il dit.

Le travail de la terre comme point de chute après la retraite

Agé de 58 ans, M. Mounkaila Yacouba est un passionné des cultures maraîchères depuis son jeûne âge. A un pas de la retraite, ce fonctionnaire occupe son temps libre en travaillant la terre. « Ma mère avait un jardin dans lequel je partais tout le temps pour l’aider dans les années 1970. Quand je voyais les différentes plantes, je me disais que quand je serai grand, je vais beaucoup m’investir dans la production des produits locaux pour non seulement rendre fière ma mère, mais aussi pour être utile à mon pays », a-t-il affirmé.

Au fil des années pour rendre l’utile à l’agréable, M. Mounkaila Yacouba a créé une ONG qui œuvre dans l’accompagnement des femmes rurales dans la pratique des cultures de contre saison, le séchage et la transformation des produits agro-alimentaires. « C’est dans ce sens que je me suis approché de mon village natal qui est Damana Fandou, où je fais le jardinage sur un terrain d’un hectare. J’ai semé le moringa, le chou, la tomate, la laitue, l’ail, le piment et autres », a-t-il évoqué.

Pour lui, les difficultés ne manquent jamais vu son âge et la distance qu’il doit parcourir chaque weekend pour se rendre dans cette localité. « La première production de la pomme de terre a échoué mais cela ne m’a pas découragé. Cette année, j’ai mis le manioc et ça a bien donné. J’ai partagé avec la famille et tout le monde était fier de mon travail. J’ai engagé un gardien comme je vis à Niamey. Récemment, j’ai commencé à amener mes garçons qui sont aussi intéressés », a-t-il fait savoir.

Dans l’avenir, ce cultivateur prévoit aussi pratiquer l’aviculture et l’embouche des petits ruminants. « Là où je suis fier de mes productions, ce qu’elles sont naturelles, sans conséquence pour la santé humaine. Je n’utilise jamais de l’engrais chimique. Une fois la retraite prise, j’aimerais acheter un grand terrain juste à quelques encablures de la Ville de Niamey pour faire de ça un job à temps plein », a-t-il conclu.

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