La Grotte de Kombolati et le Serpent Lati

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La Grotte de Kombolati et le Serpent Lati
La Grotte de Kombolati et le Serpent Lati

Africa-Press – Niger. Située à l’extrême sud de la région de Dosso, la commune urbaine de Gaya est limitée au sud-est par la commune rurale de Tounouga, au nord-ouest par la commune rurale de Tanda, au sud-ouest par la république du Bénin et au nord par les communes rurales de Bengou, Bana et Yélou. Au centre-ville de Gaya, sur la route de Malanville, se trouve ‘’Kombolati’’ une grotte sacrée considérée comme un lieu important pour les habitants de la région. ‘’Lati’’ est un serpent qui, selon la légende, a aidé le fondateur de Gaya, Koka Manzo à traverser le fleuve Niger. ‘’Kombo ‘’ est le nom d’une colline ou grotte, ‘’ lati’’ est l’idole qui a fait de cette grotte sa maison. D’où le nom de ‘’Kombolati’’.

La ville de Gaya a été fondée par des Tchangas, des animistes qui seraient venus de Badar. « Les Tchangas restèrent d’abord au Nigéria (Zamfara), avant de venir à Kassati puis rentrer par Gaya. Quand ils sont sortis du Nigéria et ont suivi le côté gauche du fleuve, du côté du Bénin, c’était deux frères, le grand, s’appelle Koka Manzo, et le petit frère Faran ou Fran Manzo. Alors ils marchèrent. Ils étaient juste en face de l’emplacement de l’actuel Gaya, quand la pluie se mit à tomber. À côté de la colline de Kombo, ‘’Lati’’, est apparu et s’est transformé en bois flottant sur le fleuve », a raconté le chargé des coutumes et traditions à la cour royale du chef de canton de Gaya, M. Harouna Hantchi.

« Quand ‘’Lati’’ s’est transformé en bois, le grand frère, Koka Manzo, a dit à son petit frère: ah, viens, nous avons trouvé un moyen qui peut nous permettre de traverser le fleuve. Cependant, le petit frère était hésitant. Ils sont montés sur le bois qui leur a permis de traverser le fleuve. Arrivés en face de la colline, dès qu’ils sont descendus, le bois a disparu dans l’eau. C’était ‘’Lati’’. Une fois sur la rive droite, dans le Niger actuel, juste devant la grotte, le serpent s’est transformé en une personne, un vieux », selon toujours le récit de M. Harouna Hantchi.

Koka Manzo, a poursuivi, M. Harouna Hantchi, qui est le grand frère, a avancé vers le vieux et l’a salué. Ce dernier leur dit: c’est moi qui vous ai fait traverser. Je me transforme toujours en serpent pour pouvoir aider des personnes. C’est le même ‘’Lati’’ que vous connaissez, dont vous avez entendu parler auprès de vos ancêtres. Je suis là pour vous protéger. Je protégerai cet endroit de la guerre, de l’épidémie, et aussi pour l’abondance de la pluie, la pluviométrie.

« Le serpent ‘’Lati’’ est considéré comme le génie protecteur, assurant la prospérité et la fertilité des terres environnantes. Sa présence est associée à l’abondance des récoltes, renforçant le lien sacré entre la communauté et la nature. Et tout étranger aussi qui viendrait ici à Gaya aura toujours ce qu’il est venu chercher », dit-t-il.

C’était le pacte, selon le chargé des coutumes et traditions à la cour royale du chef de canton de Gaya. Et, a-t-il poursuivi, « Lati a dit: maintenant, pour ce pacte-là, qu’est-ce que vous devez me faire en retour? – Chaque année, vous devez venir ici devant cette grotte avec un mouton blanc, un coq rouge que vous allez égorger ; vous versez le sang devant la grotte, les intestins du mouton et le coq, vous les versez dans le fleuve pour les génies qui sont dans l’eau. N’oubliez pas de venir avec du mil préparé, communément appelé ‘’saganté ou labdourou’’que vous allez verser devant la grotte. C’est pour la protection de la production. C’est seulement ce que je vous demande de me faire chaque année, cela pour veiller sur tout ce qui va concerner la vie », a rapporté M. Harouna Hantchi. Aussi, a-t-il relevé, parmi les grands génies qui sont dans l’eau, il y’a ‘’Hara koy’’, ‘’Zataou’’, ‘’Dango’’, ‘’Maro Tchirey’’ et ‘’Sofa’’.

« En quelque sorte, ‘’Lati’’ est le guide des ancêtres qui ont fondé Gaya. Et il a continué encore à les protéger jusqu’à ce jour. Le sacrifice de ‘’Kombolati’’ se pratique chaque année. C’est un pacte depuis la nuit du temps », a précisé le chargé des coutumes et traditions. Selon ses dires, ‘’Lati’’ existe. « Il fait des signes à travers des faits. Par exemple, si les gens n’ont pas fait le sacrifice, ou s’il a besoin de sacrifice, quel que soit le moment, il fait des signes. Et c’est souvent à travers des accidents de route. Parce qu’il se transforme en serpent. Il y a des gens qui le voient sur la route. Il sort de la grotte pour aller boire de l’eau au fleuve et traverse le goudron. Les véhicules sont obligés de s’arrêter quand il passe. Actuellement, il y a des gens qui continuent à l’adorer », a affirmé M. Harouna Hantchi.

La grotte de Kombolati reçoit des visiteurs. « Lors des voyages d’études, les élèves partent contempler. Quand il y a également des festivités de la semaine culturelle du Dendi, les étrangers la visitent. C’est un lieu qui est très connu, un site touristique et historique. Kombolati est une idole que nos grands-parents ont utilisée pour notre propre dignité. Quand tu n’as pas assez d’informations sur le futur, tu risques de rater tout ce que tu veux faire. Quand on les consulte, des idoles comme ‘’Lati’’ communiquent des informations et aident la personne à se préparer », a témoigné M. Harouna Hantchi.

Le chargé des coutumes et traditions à la cour royale de chef de canton de Gaya invite les gens à protéger leurs cultures. « Notre culture nous aide, malheureusement, il y a aujourd’hui des fils des ‘’Tchangas’’ qui ne peuvent même pas te dire un mot de l’histoire de Kombolati. Alors que c’est leur propre héritage. Toute personne qui refuse sa culture se perd dans l’obscurité… », a-t-il prévenu.

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