Africa-Press – Niger. Dans le programme du président Mohamed Bazoum, qui a prêté serment le 2 avril 2021, trois enjeux affleurent au-dessus des autres : la sécurité, qui s’impose au sommet de l’agenda, l’agriculture et l’éducation.
Le président Mohamed Bazoum fait de l’amélioration de l’éducation l’un des objectifs majeurs de son quinquennat. Un an après son élection, les recrutements se sont multipliés et les infrastructures commencent à sortir de terre, alors que les partenaires du Niger sont encouragés à investir ce secteur.
Il faudra plusieurs années avant de pouvoir mesurer les efforts et les investissements consentis du préscolaire à l’enseignement supérieur, en passant par la formation professionnelle. Mais plusieurs actions, depuis un an, tendent à montrer le volontarisme des autorités. Des offres de formation en adéquation avec les besoins du marché
D’une manière générale, celles-ci cherchent à améliorer la qualité de l’enseignement à travers le relèvement du niveau de recrutement des enseignants du primaire et la réforme de la formation dans les écoles normales d’instituteurs. C’est ce qu’a rappelé le Premier Ministre, Ouhoumoudou Mahamadou, présidant une session du comité de pilotage du Plan sectoriel de l’éducation et de la formation, la boussole du gouvernement dans ce domaine, le 2 décembre dernier.
Au niveau du secondaire et de l’enseignement supérieur, « le gouvernement entend améliorer les capacités d’accueil, les conditions de vie et de travail et relever le défi de l’adéquation de l’offre de formation aux besoins du marché du travail », a-t-il rappelé. Ce dernier défi sera notamment relevé grâce à l’opérationnalisation des collèges d’enseignement technique et des centres de formation aux métiers.
3000 bacheliers intégrés aux Écoles normales
Le président de la République, à l’occasion du 63e anniversaire de la fête de la République, le 17 décembre dernier, a dressé un premier bilan. S’agissant du personnel enseignant, notamment en primaire, il a été organisé un test pour intégrer 3 000 bacheliers dans les écoles normales du Niger. Ces derniers reçoivent une formation de deux ans, alors que les critères permettant de recruter des enseignants contractuels sont à l’étude.
« Nous avons recruté directement à la fonction publique 344 enseignants scientifiques issus des établissements d’enseignement supérieur et fait passer 2150 contractuels du secondaire, toujours à la fonction publique », a-t-il ajouté. Quant à l’enseignement supérieur, le chef de l’État a réclamé le recrutement des enseignants chercheurs et enseignants technologues dont les universités ont besoin. Leur nombre est estimé à 175. Des amphithéâtres pour les universités du pays
Dans le même temps, le gouvernement met au point un plan de construction d’infrastructures universitaires pour régler les problèmes de places dans les amphithéâtres, les laboratoires et autres résidences universitaires. C’est dans cette perspective que les travaux de construction d’un nouvel amphithéâtre de mille places ont été lancés en octobre dernier à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) Abdou Moumouni Dioffo de Niamey.
Le programme présidentiel prévoit 5000 places additionnelles dans la capitale et des amphithéâtres de 1000 places à Maradi, Zinder et Tahoua. Pour faire face à l’urgence, plusieurs « tentes marocaines » de 300 à 1000 places ont été installées dès cette année dans ces quatre villes. Les autorités rappellent que le plus important reste la planification des actions, en particulier avec les partenaires techniques et financiers (PTF) du pays, dont l’apport est indispensable. CE QUE VEULENT LES PARENTS, C’EST QUE LES FILLES RÉUSSISSENT. La fin des écoles sous-paillottes dans le préscolaire
Outre celle des PTF, les bonnes volontés sont nombreuses à travers le pays. C’est une entreprise, une ONG et un chef local qui ont financé en janvier dernier la construction de sept salles de classes à l’école AFN de Maradi. Celles-ci remplacent les salles sous-paillote qui ont pris feu en novembre dernier, emportant la vie de 25 enfants. Intervenu quelques mois après un accident tragique similaire dans la banlieue de Niamey, cet incendie a poussé les autorités à interdire les classes sous paillotes dans le préscolaire.
C’est aussi pour remplacer ces écoles, ainsi que pour soutenir l’éducation des filles, que la Fondation Bank of Africa (BOA) a livré en février plusieurs infrastructures scolaires, neuves (six classes) et réhabilitées (quatre classes), à Tahoua.
DÉMOGRAPHIE
Donner le contrôle de leur corps aux femmes
La baisse de la natalité est un autre objectif du président Bazoum. Et la création des internats de filles vise également à agir sur la transition démographique en réduisant les mariages précoces. Si les analystes sont partagés entre les avantages et inconvénients d’une forte démographie, « quels que soient les efforts réalisés (sur le plan économique et social), malheureusement, la croissance (économique) est obérée par la forte croissance démographique », analysait Mohamed Bazoum à la fin de l’année 2020. C’est pourquoi il s’engage à donner aux filles « le niveau d’instruction qui leur permet de contrôler leur corps (…) Ne croyez pas qu’il y ait une position doctrinaire des communautés sur ces questions, assurait-il. Ce que veulent les parents, c’est que les filles réussissent. » L’indice synthétique de fécondité (ISF), qui mesure le nombre moyen d’enfants qu’une femme a au cours de sa vie, est passé de 7,4 en 1992 à 6,2 en 2021.
Des internats dédiés aux jeunes filles
C’est sur cet enjeu de la scolarisation des filles que le gouvernement concentre ses actions. Projet phare du programme « Renaissance III », une école à internat pour jeunes filles a été inaugurée l’été dernier à Kellé, dans la région de Zinder. C’est la première d’un grand nombre qui doit à terme couvrir l’ensemble du territoire. Dans cette perspective, les actions se focalisent sur les villages dont les établissements scolaires et les centres de formation présentent un faible effectif de filles et de femmes.
Le projet vise aussi à lutter contre les violences basées sur le genre (VGB) en milieu scolaire, à favoriser l’inclusion des filles et des femmes handicapées, à renforcer la participation des filles dans les filières scientifiques, techniques et professionnelles et, au final, à améliorer leur employabilité.
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