Mathieu Olivier
et François Soudan
Africa-Press – Niger. Les discussions se poursuivent entre la junte d’Abdourahamane Tiani et la Cedeao, avec le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, dans le rôle d’intermédiaire. Coulisses.
Voici désormais plus de cinq mois que Mohamed Bazoum vit en résidence surveillée au sein du palais présidentiel de Niamey. Reclus avec son épouse et son fils, l’ancien chef de l’État nigérien est toujours détenu, sous la surveillance des hommes de son ancienne garde présidentielle et de celui qui fut leur patron, Abdourahamane Tiani, qui a pris le pouvoir le 26 juillet 2023.
Faure Gnassingbé, l’intermédiaire
Mohamed Bazoum et ses codétenus sont aujourd’hui privés de toute communication avec l’extérieur. L’ex-président reçoit deux fois par semaine la visite de son médecin – le téléphone de celui-ci étant scrupuleusement examiné à chaque occasion. Ce visiteur est le seul autorisé à transmettre des informations à la famille de son patient, mais celles-ci – comme ses conversations avec Mohamed Bazoum – doivent rester d’ordre strictement médical.
En ce début d’année 2024, le sort du prisonnier, qui refuse toujours de signer une quelconque démission, est donc toujours au centre des attentions, mais aussi au cœur des discussions entre le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, dirigé par le général Tiani) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), laquelle a fait de Faure Essozimna Gnassingbé son intermédiaire.
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Selon nos sources, le président togolais était à Niamey, le 3 janvier, afin de s’entretenir avec les dirigeants de la junte et de discuter des solutions de sortie de la crise entre le Niger et la Cedeao, qui continue d’appliquer des sanctions économiques au pays en représailles du coup d’État du 26 juillet 2023. La communauté régionale, si elle ne brandit plus sérieusement la menace d’une intervention militaire, a émis plusieurs exigences.
La première d’entre elles est la libération de Mohamed Bazoum et des anciens ministres emprisonnés, dont le dernier n’est autre qu’Ibrahim Yacouba. La Cedeao demande également la levée des avis de recherche et mandats d’arrêt concernant les ex-dignitaires en exil du régime de Mohamed Bazoum, au premier rang desquels l’ex-ministre des Affaires étrangères Hassoumi Massaoudou, ou encore l’ancien Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou.
Mission de la Cedeao à venir
Faure Gnassingbé et ses interlocuteurs du CNSP ont également échangé sur la durée de la transition en cours au Niger. La communauté régionale espère obtenir des nouveaux hommes forts de Niamey un engagement pour qu’elle ne dépasse pas une période comprise entre douze et dix-huit mois et qu’une remise du pouvoir à des autorités civiles et élues puisse avoir lieu à l’horizon 2025.
En échange, la Cedeao assure être prête à envisager une levée complète des sanctions économiques actuellement appliquées au Niger. Sitôt après son séjour à Niamey, Faure Gnassingbé a livré un compte rendu à la Cedeao, lors d’une visioconférence à laquelle ont assisté, jeudi 4 janvier, les présidents nigérian, Bola Tinubu (actuellement à la tête de l’organisation régionale), béninois, Patrice Talon, et sierra-léonais, Julius Maada Bio.
D’après nos informations, il a été décidé au cours de cette réunion à distance qu’une mission de la Cedeao se rendrait prochainement à Niamey pour poursuivre les discussions avec Abdourahamane Tiani. Celle-ci sera composée des ministres des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, du Bénin, Shegun Bakari, de la Sierra Leone, David Francis, et du Nigeria, Yusuf Tuggar.
Cette mission devait initialement avoir lieu dès le 10 janvier à Niamey, soit une semaine après la venue de Faure Gnassingbé. Mais, selon une information dévoilée par nos confrères de RFI, le gouvernement nigérien en a demandé le report. Les envoyés de la Cedeao devraient finalement se rendre au Niger aux alentours du 25 janvier.
Source: JeuneAfrique
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