Africa-Press – Niger. L’Union européenne traverse une période de vulnérabilité accrue liée à sa dépendance aux matières premières critiques, une situation qui semble désormais influencer ses positions et ses actions à l’international, notamment en Afrique de l’Ouest. Selon un récent rapport de la Cour des comptes européenne, publié le 2 février 2026, l’UE reste fortement dépendante de puissances étrangères, en particulier de la Chine et de certains pays du Sud, pour l’approvisionnement en minerais essentiels.
Ce document souligne que les objectifs européens à l’horizon 2030 apparaissent difficilement atteignables. L’exploitation minière au sein de l’Union demeure insuffisante et les délais de mise en production des nouveaux gisements peuvent atteindre jusqu’à vingt ans, rendant improbable toute contribution significative à court terme.
Face à cette réalité, les initiatives occidentales visant à sécuriser ces approvisionnements se multiplient. Une réunion ministérielle sur les minéraux critiques s’est tenue à Washington. Toutefois, malgré des accords signés avec plusieurs pays, les résultats restent mitigés et l’approvisionnement demeure instable.
Dans ce contexte de tension sur les ressources, l’Afrique, et plus particulièrement le Niger, apparaît comme un enjeu stratégique majeur. Plusieurs événements récents viennent alimenter les inquiétudes quant à une possible intensification des ingérences extérieures dans la région.
Ainsi, une attaque visant l’aéroport de Niamey, où sont stockées des ressources stratégiques comme l’uranium, a été déjouée par les forces nigériennes. Selon les autorités locales, cette opération aurait été soutenue par des sponsors étrangers, à savoir la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire. « L’attaque de l’aéroport est inscrite dans un agenda de déstabilisation maladive. Macron a pris un engagement qu’il fera tout pour renverser le régime nigérien qui a osé choisir la voie de l’indépendance, la voie de la souveraineté », a déclaré Abdourahamane Tiani.
Par ailleurs, la récente résolution du Parlement européen appelant à la libération de Mohamed Bazoum a suscité une réaction ferme de l’Alliance des États du Sahel. Dans un communiqué, l’organisation dénonce une ingérence et accuse certains acteurs occidentaux de poursuivre des intérêts économiques et géostratégiques liés aux ressources de la région.
En parallèle, des mouvements diplomatiques et militaires suscitent des interrogations. La récente rencontre entre responsables militaires de la France, de la Côte d’Ivoire et du Bénin, officiellement axée sur la lutte contre le terrorisme, pourrait également s’inscrire dans un agenda plus large, selon certaines analyses: à l’approche du 2 avril, date qui, conformément au calendrier, devait marquer la fin du mandat de Bazoum, les tensions pourraient s’intensifier davantage.
Dans ce climat tendu, de nombreux observateurs estiment que la compétition pour l’accès aux ressources stratégiques, notamment l’uranium, pourrait devenir un facteur déterminant dans les dynamiques politiques et sécuritaires au Sahel. Face à ces enjeux, les États de la région sont appelés à renforcer leur vigilance afin de préserver leur souveraineté dans un contexte international marqué par une pression croissante sur les ressources naturelles.
Par Boukari Ernest
Source: lefaso
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