Quand les étudiants se « dressent » contre la politique française dans les pays africains francophones

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Des étudiants nigériens mobilisés pour la lutte
Des étudiants nigériens mobilisés pour la lutte

Rapporté par
Anouar Chennoufi

Africa-Press – Niger. Quelques semaines en arrière, l’Union nationale des étudiants du Niger (USN) a rendu public un communiqué, dans lequel les étudiants nigériens se sont attaqués à la France en annonçant leur soutien à la République du Mali.
Cette action protestataire, a été formulée à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue à l’occasion du sommet franco-africain, dans la ville française de Montpellier.

Que reprochent les étudiants nigériens à la politique française dans la région ?

Le Président Emmanuel Macron à Niamey
Le Président Emmanuel Macron à Niamey

Dans ce contexte, l’union a déclaré que la situation dans les pays africains francophones soulève encore de nombreuses questions, telles que la dictature, les attentats terroristes, la propagation de l’analphabétisme, la pauvreté, les tentatives de « néocolonialisme » et le pillage des richesses, tenant la France pleinement responsable de toutes ces situations.

Remuant délicatement le couteau dans la plaie, elle a indiqué que la France n’accordait l’indépendance et la liberté à ses colonies africaines que sur papier et à des conditions difficiles, notamment un accord de coopération sur la monnaie, le système éducatif français et les relations militaires et commerciales.

C’est pourquoi l’USN a annoncé son soutien à la République du Mali, laquelle est en train de subir la pression de la France et des pays qui la soutiennent dans la région, notant que la diversification du Mali dans ses relations avec d’autres pays est une affaire souveraine et non négociable avec la France.

Entre-autres, l’union a régulièrement dénoncé la « perpétuation de l’impérialisme français » matérialisée, selon elle, par le contrôle exercé par la France sur l’exploitation des ressources minières du Niger, dont l’uranium, ainsi que la présence des bases militaires françaises au Niger.

D’ailleurs, les élèves et étudiants nigériens ont toujours exigé le départ des bases militaires installées au Niger, officiellement pour des raisons de lutte contre le terrorisme.

L’Appel lancé aux étudiants et aux jeunes pour réagir

Rassemblement d’étudiants et enseignants à Niamey
Rassemblement d’étudiants et enseignants à Niamey

Le communiqué publié a appelé tous les jeunes des pays africains à la mobilisation générale, avec comme objectif de défendre la souveraineté de leurs pays, et de poursuivre la lutte jusqu’au boycott complet de la France et de sa politique.

Rappelons que les étudiants nigériens de l’Université de Niamey, lassés d’attendre des promesses gouvernementales qui peinent à se concrétiser, étaient même sortis pour exprimer et extérioriser leur colère.

Certains groupes estudiantins avaient même mis le feu à des pneus usagés, lors de marches pacifiques, exigeant la satisfaction de leur plate forme revendicative, comportant plusieurs points, dont le paiement de prés de 10 mois d’arriérés de bourses, ainsi que l’amélioration du cadre de vie et d’études.

Les négociations engagées avec les nouvelles autorités n’ayant pas aboutis à un accord entre les deux parties, l’Union des Etudiants de l’Université de Niamey a menacé de durcir le mouvement dans les prochains jours.

Il importe de souligner que le rôle le plus important des jeunes étudiants dans les sociétés africaines, a émergé avec le déclenchement des révolutions populaires dans les pays arabes (Le printemps arabe), et leur cas est devenu le fardeau le plus lourd pour leurs gouvernements respectifs.

Dans le passé…

Les années 50 du siècle dernier ont été une décennie d’érudition et de renouveau, dont a été témoin le mouvement estudiantin dans divers pays du monde, une transformation remarquable et un changement tangible dans la formation et l’établissement de mouvements et de rassemblements d’étudiants.

Depuis lors, les contributions et la participation du mouvement au travail politique et civil ont augmenté, et il a été enregistré une plus grande présence et une participation plus large dans les domaines de la société et de la vie civile.

A titre d’exemple, l’histoire du mouvement estudiantin arabe regorge de récits de luttes, de positions héroïques et d’intenses sacrifices consentis pour obtenir l’indépendance, expulser l’occupation et défendre le pays.

Une lutte persistante d’un mouvement lancé pour obtenir la justice et l’intégrité et obtenir les droits et libertés, à travers sa contribution et sa participation aux mécontentements populaires ayant mené à des révolutions et des mouvements de réforme dans divers pays du monde, y compris les pays arabes en particulier ainsi que les pays africains.

Caractéristique des mouvements estudiantins

Le groupe d’étudiants a une caractéristique qui le distingue des autres groupes de la société, car il s’agit d’une catégorie de nouvelle génération et, de par sa nature, chaque nouvelle génération a tendance à être nouvelle dans ses concepts, ses idées, ses aspirations, et ses ambitions à atteindre un plus grand domaine d’indépendance et liberté.

Ce qui se traduit par une quête constante, un mouvement continu et une impulsion renouvelée pour provoquer le changement en le soulignant à travers des paroles et surtout des actes.

L’importance du mouvement étudiant dans le processus de changement découle de son matériel structurel basé sur le groupe de jeunes, son indépendance politique vis-à-vis des partis et des groupes d’intérêt, et ses énormes énergies et ambitions élevées.

Comment les étudiants africains ont-ils vécu les bouleversements dans les pays arabes ?

Les jeunes en général et les étudiants en particulier, dans les pays africains, ont vécu cette dernière décennie les remous de leurs semblables dans les pays arabes, tels que la Tunisie, la Libye, pour n’en citer que ces deux pays, où les choses ont connu une grande ampleur ayant mené à des révolutions contre les régimes en places, comme ceux de Ben Ali et Kadhafi.

Ainsi, plus personne aujourd’hui ne risque la moindre prédiction pour un quelconque pays arabe ou africain même, et a fortiori sur la possibilité d’un printemps africain pourtant bien présent dans la tête des chefs d’État et de la population en Afrique subsaharienne. Cette éventualité ne fait pas l’objet d’analyses approfondies.

Certes, les contextes ne sont pas les mêmes, entend-t-on, lorsque l’on se risque à une projection de la situation jusqu’au sud du Sahara.

Néanmoins, la position unique des étudiants au sein de la société, l’énergie de la jeunesse en eux et la force économique, politique et sociale qu’ils constituent en font la base de tout changement, son axe pivot et son centre principal, comme nous en avons clarifié les raisons pour ceci dans ce qui précède.

Donner leur chance aux jeunes

La réussite du processus de changement et le transfert des demandes de la parole à l’action et l’effet du changement espéré ne se limitent pas à la seule participation des jeunes étudiants, mais reposent plutôt sur eux pour porter la plus grande charge de travail, et rassure leur vitalité, activité et mouvement en gardant le fusible du renouveau et l’esprit de changement plein de vie et d’espoir.

Toutefois, le succès réside dans les efforts concertés, la complémentarité des forces et la coopération des armes, entre adultes et enfants, jeunes et cheveux gris, avec la jeunesse, la force et l’activité du premier, et le bon sens, l’expérience et la gestion du second.

La question qui se posera toujours est : Comment les étudiants africains se positionnent-ils face à des politiques contradictoires ne reflétant pas leurs aspirations et ambitions ?

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