Présidentielle au Niger : un second tour en vue pour le favori Mohamed Bazoum

Présidentielle au Niger : un second tour en vue pour le favori Mohamed Bazoum
Présidentielle au Niger : un second tour en vue pour le favori Mohamed Bazoum

Africa-PressNiger. L’objectif affiché s’est révélé un peu trop ambitieux. Pas de « coup K.-O. » dès le premier tour de la présidentielle nigérienne du 27 décembre 2020, comme l’escomptaient les partisans de Mohamed Bazoum. Le candidat du parti au pouvoir est arrivé assez largement en tête (39 % des voix), selon les résultats publiés samedi 2 janvier, mais il devra néanmoins retourner devant les électeurs le 21 février, pour y affronter Mahamane Ousmane (17 % des suffrages), premier président démocratiquement élu au Niger en 1993 avant d’être déposé par un coup d’Etat trois ans plus tard.

Le demi-échec de Mohamed Bazoum n’est pas une surprise. « Ni une déception », indique-t-on dans son entourage. Jamais, depuis la naissance de la République du Niger, en août 1960, un candidat n’a enlevé la présidentielle dès le premier tour. Jamais, non plus, le pays n’a connu de transmission pacifique et démocratique du pouvoir entre deux chefs de l’Etat élus. En assumant le bilan du président sortant, Mahamadou Issoufou, l’ancien ministre de l’intérieur et des affaires étrangères portait d’entrée les stigmates d’usure des deux quinquennats (2011-2016, 2016-2021) de son compagnon de route face aux tenants d’un renouvellement du pouvoir. Sa candidature a également été polluée par une polémique entretenue par ses opposants concernant les prétendues origines libyennes de cet homme né huit mois avant l’indépendance du Niger, au sein de la tribu arabe des Oulad Souleymane.

Si Mohamed Bazoum a pu compter sur l’implantation du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya, au pouvoir depuis 2011) – qui a remporté 80 des 161 sièges de députés lors des législatives organisées le même jour que la présidentielle −, il lui faudra élargir son alliance électorale pour battre ses opposants. Une tâche similaire attend Mahamane Ousmane, qui avait reçu, quelques jours avant le premier tour, un soutien jalousé par tous les partisans de l’alternance : celui de Hama Amadou, chef de file de l’opposition, dont la candidature avait été invalidée par la Cour constitutionnelle début décembre 2020.

Les négociations politiques dans la perspective du second tour ont probablement commencé en coulisse, où les ralliements opportunistes se monnayent en promesses de portefeuilles ministériels. Ce genre de marchandage qui fait fi, parfois, des convictions appartient au jeu électoral et ne constitue pas une spécificité locale.

Après avoir loué la décision du président sortant de se limiter aux deux mandats prévus par la Constitution, les observateurs ont souligné le bon déroulement du processus électoral. Dans un communiqué publié après le vote, l’ambassade des Etats-Unis à Niamey avait « salu[é] et appréci[é] le travail acharné et la conduite pacifique des électeurs nigériens, des organisateurs électoraux, des partis politiques, de la société civile et des forces de sécurité dans le déroulement de cette élection dans des conditions sûres malgré les risques posés par l’insécurité et le Covid ». La mission d’observation de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a également jugé que « le processus entourant les préparatifs des élections du 27 décembre 2020, la conduite de la campagne électorale, le processus électoral le jour du scrutin, ainsi que le tri, le comptage et la comptabilisation des bulletins de vote a été relativement libre, équitable, transparent et professionnel ».

Samedi, Ibrahim Yacouba, l’un des candidats éliminés au premier tour, a quant à lui émis des doutes sur la sincérité du scrutin. « La Commission électorale nationale indépendante a publié des taux de participation de 97,8 %, voire même 99,9 % dans des zones où cela est inimaginable. Pire, des milliers de voix ont été fabriquées sans qu’il y ait eu la moindre opération de vote », a-t-il accusé sur Twitter. Il s’agit notamment des régions dites « nomades », ces zones rurales reculées où l’insécurité interdit une parfaite supervision des opérations électorales.

Rappelant cette triste réalité, deux attaques particulièrement meurtrières ont ainsi été menées contre les habitants de deux villages dans la région occidentale de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso. Au moins 100 civils auraient été tués dans une double attaque terroriste. « La première attaque, précise le site d’informations L’Evènement Niger, a eu lieu au village de Tchombangou où il aurait été dénombré plus de 50 morts et plus d’une quinzaine de blessés graves. L’attaque de Zarmou Darey s’est soldée par la mort d’une trentaine de personnes. Le village aurait été brûlé par les assaillants. »

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