Africa-Press – Niger. L’exploitation des ressources naturelles constitue une préoccupation majeure du gouvernement de la refondation, comme l’illustrent les décisions prises en lien avec cette question: retrait de permis miniers à certaines entreprises étrangères, nationalisation ou création de sociétés dans ce secteur stratégique, mesures sur le contenu local. Ce sont, entre autres, les actes posés par les autorités nigériennes.
Le ton a été donné en 2024 avec des décisions portant respectivement sur le retrait de permis miniers attribués quelques années auparavant aux entreprises Areva (devenue ORANO) et Goviex ; la création de deux sociétés d’État, notamment « Mazoumawa National Gold Company » pour l’exploitation de l’or, et « Timersoi National Uranium Company » pour l’exploitation de l’uranium ; ainsi que l’adoption d’une ordonnance relative au contenu local dans les secteurs des mines et des hydrocarbures, afin de promouvoir l’utilisation des biens et services locaux ainsi que la formation, le développement des capacités et des compétences locales, le transfert de technologie, etc.
Lors du Conseil des ministres du 19 juin 2025, le gouvernement de la refondation a décidé de la nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR), détenue jusque-là à 63,40 % par la société française Orano. Cette décision est justifiée par la volonté de « permettre la jouissance optimale des richesses issues des ressources minières par les Nigériens ».
Toujours concernant le secteur minier, le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a signé, le 8 août 2025, une ordonnance portant nationalisation de la Société des Mines du Liptako (SML SA), active dans l’exploitation de l’or, pour non-respect des engagements contractuels vis-à-vis de l’État.
Dans la foulée, un décret signé le même jour suspend, sous réserve de dérogation, l’exportation de certaines substances minières, notamment les pierres précieuses, les pierres semi-précieuses et les météorites.
Récemment, lors du Conseil des ministres du 3 mars 2026, d’autres décisions ont été prises, concernant cette fois-ci des conventions d’établissement entre la République du Niger et la Compagnie des Mines du Niger (COMINI SARL) pour l’installation et l’exploitation d’une usine d’affinage d’or à Niamey ; la société AFRIOR SA pour l’installation et l’exploitation d’une chaîne d’affinage d’or ; la société ECOMINE SA pour l’installation et l’exploitation d’une usine d’affinage d’or à Niamey.
Selon le communiqué du gouvernement nigérien, conformément aux dispositions pertinentes du Code minier et de ces conventions, l’État a décidé de la résiliation des conventions d’établissement le liant à ces trois (3) sociétés, pour, entre autres raisons, le non-respect des engagements et de la réglementation minière applicable.
Lors de cette session du Conseil des ministres, parmi les communications à l’ordre du jour figurait celle du ministre du Pétrole relative à la demande de prorogation de la période de validité des autorisations exclusives de recherche dites R1, R2, R3 et R4 par la société Savannah Energy Niger. La communication précise que, de l’examen approfondi de cette demande par les services techniques du ministère, il est ressorti que les obligations contractuelles et réglementaires liées au programme de travail minimum, telles que prévues dans le contrat de partage de production, n’ont pas été satisfaites sous plusieurs aspects. Ce qui a entraîné le rejet, par le ministre du Pétrole, de la demande de prorogation.
Qu’il s’agisse du retrait des permis, de la résiliation des conventions, de la nationalisation ou de la création de nouvelles sociétés minières, ou encore du contenu local, le gouvernement de la refondation explique et justifie ces actes par le souci d’une gestion plus saine et plus durable des ressources naturelles, ainsi que par la volonté d’assurer aux Nigériens une jouissance optimale des richesses issues de leur exploitation.
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