Face aux multiples menaces climatiques liées à la prolifération des plastiques, certains citoyens s’engagent activement à travers des initiatives de prévention ou de réduction du phénomène. Parmi ceux-ci, des jeunes, réunis en groupe autour d’une idéologie : lutter contre la pollution plastique tout en participant au développement de l’économie.
Ce groupe de cinq jeunes a développé leur idée, à la suite d’un hackathon organisé par le Ministère en charge de l’Environnement en collaboration avec l’UNICEF sur l’éradication du plastique au Niger. L’idée est de transformer les déchets plastiques en infrastructures. Le plastique va ainsi remplacer la matière première des infrastructures et fera du citoyen un acteur de développement.
Selon Mme Rakia Mamane Ousmane, coordinatrice du projet, ils sont motivés par le fait que le développement d’un pays ne saurait se réaliser sans la participation active des citoyens. « A travers ce projet, nous voulons contribuer activement à la protection de l’environnement, avec dans le but d’améliorer la vie des Nigériens tout en transformant un problème environnemental majeur en une opportunité socio-économique. Le plastique représente une menace majeure pour la sauvegarde de l’environnement. Lancer ce projet est notre façon de réduire la pollution plastique, de préserver les ressources naturelles et de lutter contre le réchauffement climatique en diminuant les déchets mis en décharge ou incinérés », a-t-elle souligné, prévoyant la construction de salles de classes, de toilettes et la clôture de certaines écoles afin de mettre fin au problème de classes en paillote.
Le projet, explique la coordinatrice, prévoit en son sein de créer de différents sites de collectes pour les jeunes. Cela nécessitera l’implication des jeunes déscolarisés et des ménages qui vont verser leurs déchets générés vers le site, contre des frais. « Nous comptons également passer de maison en maison pour demander aux femmes de collecter les déchets. Nous viendrons ensuite les récupérer et, en échange, nous leur offrirons soit de l’argent, soit des pâtes alimentaires, selon leur choix. En plus de cela, nous disposons d’une application dénommée ECOrise-LedajarinMU qui est déjà opérationnelle à travers laquelle la personne peut gagner des points selon la quantité collectée et sera ensuite récompensée, » a ajouté Mme Rakia Mamane Ousmane. Cela se concrétisera grâce à un programme de sensibilisation qu’ils vont mettre au point et des campagnes d’éducation pour garantir un tri efficace et minimiser la contamination des flux de déchets.
Dans une perspective future, la coordinatrice mentionne qu’ils ont opté pour l’élimination effective des déchets plastiques au Niger, un changement de paradigme et faire en sorte que les plastiques ne deviennent jamais des déchets, ni une cause de pollution. Leur vision, dit-t-elle, c’est de passer d’un modèle d’économie linéaire (produire, utiliser, jeter) à un modèle d’économie circulaire durable et économiquement viable. Ce qui va, estime-t-elle, les aider à neutraliser l’impact négatif des déchets plastiques sur l’environnement.
Ce projet ne pourra se réaliser qu’à des conditions exigeantes, dont le premier aspect est la question pécuniaire. Pour les jeunes, obtenir des financements est crucial pour couvrir les coûts de développement, d’infrastructure et de fonctionnement et explorer les options de subventions pour l’économie circulaire ou les investisseurs privés. L’attente majeure de ces jeunes est un soutien matériel et moral, convaincus que leur projet peut devenir un véritable levier du développement pour le Niger.
Bachir Djibo (ONEP)
