Sécurité Alimentaire: Appel au Retour à la Terre au Niger

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Sécurité Alimentaire: Appel au Retour à la Terre au Niger
Sécurité Alimentaire: Appel au Retour à la Terre au Niger

Africa-Press – Niger. Dans le cadre de l’autosuffisance alimentaire au Niger, des producteurs locaux s’illustrent dans la mise à disposition de la population des produits de qualité et en quantité relativement suffisante. C’est le cas de M. Bouba Abdou, Agronome, Forestier de formation, Consulaire de la Commune Rurale d’Ibohamane (Département de Keita), président de la Chambre Régionale d’Agriculture de Tahoua et vice-président du RECA.

Dans une interview accordée à l’ANP Tahoua ce vendredi 26 février 2026, M. Bouba Abdou dit avoir été inspiré par cet adage qui dit que « la terre ne ment pas ». C’est ce qui l’a poussé à investir dans les activités agricoles depuis 2004, alors qu’il était Appelé du service civique national à la Direction régionale de l’environnement d’Agadez.

Depuis, son parcours, d’abord en tant que promoteur du GIE Tagazt et par la suite son séjour pendant six ans à Timia (de 2006 à 2012) dans un projet axé sur l’environnement, puis Assistant technique de la filière agricole au GIZ Agadez et pendant plus de dix ans, Responsable de plusieurs projets à l’ONG HED TAMAT, l’a définitivement convaincu d’investir dans le secteur agricole.

Tout ce périple, a indiqué le président régional de CRA Tahoua, lui a permis de bien préparer le terrain chez lui et aujourd’hui, avec l’appel des autorités, il est complètement retourné à la terre et gère personnellement ses exploitations agricoles à dominance cultures irriguées.

M. Bouba Abdou a saisi cette occasion pour saluer le courage des plus hautes autorités pour la mobilisation populaire et le sacrifice des FDS et des Nigériens pour une paix durable, « car cette dernière conditionne toutes nos activités socioéconomiques, en particulier l’agriculture qui est une préoccupation de presque la quasi-totalité des ruraux ».

« Ma modeste contribution dans le cadre de la souveraineté alimentaire c’est de retourner à la terre », fait savoir le président régional de CRA, soulignant travailler avec les jeunes, les hommes et les femmes qui souhaitent assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Niger.

M. Bouba Abdou a noté avec satisfaction que la région de Tahoua, avec ses potentialités agricoles autour des vallées de la Tarka, de la Maggia et sa vaste zone nord à dominance pastorale, peut contribuer à l’atteinte des objectifs fixés. Selon lui, l’agriculture, c’est d’abord la professionnalisation, ce qui veut dire des femmes et des hommes bien formés au métier, regrettant qu’aujourd’hui, « la volonté d’investir est freinée par l’insuffisance de la main d’œuvre qualifiée ».

M. Bouba Abdou, note-t-on, exploite actuellement une dizaine d’hectares avec comme productions des cultures maraîchères (le blé, l’oignon, le manioc, la patate douce), mais aussi l’arboriculture fruitière avec les agrumes, les grenadiers, les manguiers et papayers. Il précise que sa production est vendue localement, son objectif à court terme étant la satisfaction des besoins locaux, parce que « nos marchés sont inondés par les produits venus des pays voisins ».

Selon lui, pour un flux régulier des produits, il faut une diversification étalée sur toute l’année. D’où son appel aux autorités nationales pour une réflexion sur un modèle nigérien prenant en compte les préoccupations des exploitants familiaux avec une participation massive des femmes et des jeunes ruraux.

Selon ses explications, ce modèle sera issu d’une large concertation des acteurs et prendra en compte la vulnérabilité des jeunes.

En ce qui concerne les intrants, en particulier les engrais pour les cultures irriguées, ils doivent faire l’objet d’une bonne compréhension entre l’État et les producteurs, a-t-il préconisé, soulignant qu’être producteur, c’est aussi être un entrepreneur et, par conséquent, les producteurs doivent s’assurer et faire une bonne planification leur permettant de bien préparer les campagnes. Pour cela, l’Etat doit aussi faciliter l’accès et la disponibilité de l’engrais au niveau des zones de cultures, a-t-il recommandé.

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