Transparence du Plan Comptable de l’UEMOA au Niger

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Transparence du Plan Comptable de l'UEMOA au Niger
Transparence du Plan Comptable de l'UEMOA au Niger

Africa-Press – Niger. La délinquance financière et le comportement non conventionnel des acteurs (entre autres) engagés dans la gestion des comptes et finances publiques ont conduit le Niger à l’adoption et à l’application de la directive n°1/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009 portant code de transparence du plan comptable de l’Etat dans l’optique de contribuer à la sécurité et améliorer l’efficacité de la gestion des comptes et finances publiques du Niger. Et cela en conformité avec les autres pays membres de l’UEMOA.

En effet, cette transparence doit conduire à une orthodoxie comptable qui impose une comptabilisation des opérations en temps réel. La désobéissance à l’orthodoxie entraîne des dysfonctionnements dans la centralisation comptable des opérations financières. Ces dysfonctionnements résident, quant à eux, dans le non- espect des périodes comptables, entraînant ainsi des difficultés de rapprochement entre les opérations comptables de l’Etat mettant ainsi en cause la crédibilité des données du Trésor vis-à-vis des partenaires.

Pour faire face à ces problèmes, les écritures comptables doivent être montées et datées au jour de leur exécution.

Les comptables responsables à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique doivent tout mettre en œuvre en vue d’assurer le respect strict de ces périodes comptables d’une part, veiller à l’application effective des dispositions relatives aux amendements des directives 2009 de l’UEMOA portant sur le Plan comptable de l’Etat d’autre part.

La méthode de recherche utilisée dans le cadre d’une thèse, nous avons choisi la période allant d’août à décembre 2024 d’effectuer des recherches sur l’application de cette directive, dans des organisations, des Ministères, des Institutions et des services financiers de l’Etat.

L’étude a ciblé la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (ACCT-PGT-RGT-ACCD- TGE), le Ministère de l’Economie et des Finances (Direction Générale du Budget-Comptabilité Matière- Patrimoine de l’Etat ; la Direction Générale des Impôts), La Cour des Comptes notamment La Chambre de Contrôle ; l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et les Universités publiques du Niger.

Ces services étatiques offrent un avantage à la recherche sur l’application de cette directive n° 01, qui parle du comportement des acteurs par rapport à la gestion des comptes et finances publiques.

Pour élucider davantage notre raisonnement scientifique, nous sommes partis d’une méthodologie adoptant les analyses à la fois quantitatives et qualitatives suivant un guide d’entretien contenant 14 questions ayant permis d’émietter l’hypothèse posée. Cette hypothèse, qui est « la mise en application de la directive n° 01 de l’UEMOA portant code de transparence du plan comptable de l’Etat pour contribuer à la sécurité et à l’amélioration de l’efficacité de la gestion des comptes et finances publiques du Niger en conformité avec les autres pays membres de l’UEMOA », a été effectuée régulièrement au Niger.

Il y ressort que tous les acteurs de la gestion des comptes et finances publiques connaissent la directive n° 01 de l’UEMOA, si on se réfère aux résultats, soit 95% des enquêtés.

Son application est respectée par tous et dans tous les domaines par 80% des interrogés.

Néanmoins, on peut formuler un certain nombre des préconisations managériales.

Il y a lieu que les acteurs intervenant à chaque niveau de la chaîne de gestion et de décisions s’approprient des exigences liées à leurs rôles et responsabilités, ainsi que les réflexes à acquérir pour l’objectivité et la célérité dans la mise en œuvre des directives de l’UEMOA.

Une telle posture est susceptible de réorganiser la gestion des comptes et finances publiques pour une gestion économique dynamique, plus efficace.

Au niveau de la chaîne de gestion des recettes et des dépenses publiques sans doute, les parties les plus sensibles de la gestion des finances publiques, il importe d’obéir aux exigences des textes car la méconnaissance et la violation sont de sources d’inefficacité et/ou de manque à gagner pour l’Etat.

L’efficacité de la gestion des finances publiques exige, en plus l’application

correcte de l’autorisation budgétaire et le respect du principe de la séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable tel que prescrit par directive n° 01

Le plus grand défi d’un tel chantier de réforme est bien celui de la gestion de la transgression de ces règles de gestion conduit à des fautes de gestion et à des malversations dont sont indexés parfois certains acteurs de la chaîne de gestion et d’exécution des recettes et des dépenses publiques ;

En terme de renforcement de capacités des acteurs, il convient de mettre à la disposition des agents de la chaîne de gestion des outils qui leur offrent une meilleure appropriation des périmètres de leurs actions, ce qui peut assurer l’efficacité dans la gestion transparente des comptabilités et finances publiques.

La mise en œuvre de ces reformes doit s’accompagner d’une dimension information avec la production et la diffusion d’informations (recettes/dépenses) accessibles pour le public.

Les réformes dans le domaine de la gestion n’en manquent pas, mais il faut s’appuyer sur la volonté, l’engagement et la détermination des dirigeants politiques qui scrutent, observent et analysent les actions des comptables et autres agents de l’Etat et l’administration financière.

Le plus grand défi d’un tel chantier de réforme est bien celui de la gestion du changement au sein de l’administration publique nécessitant des approches adaptées aux divers contextes et une gestion itérative des solutions.

Les administrations doivent changer leurs visions et manières de travailler ancrées depuis des décennies dans leur quotidien. C’est une véritable révolution qui est en cours exigeant le passage d’une gestion de moyens à une culture de la performance. Les administrations doivent se construire de véritables visions en lien avec les politiques et stratégies sectorielles et nationales.

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