Africa-Press – Niger. Depuis plus de deux ans, le président élu du Niger, Mohamed Bazoum, reste enfermé avec son épouse dans des conditions qui défient les règles les plus élémentaires du droit.
À Dakar, le 11 décembre 2025, un collectif international a lancé un appel pressant aux plus hautes instances mondiales: l’ONU, l’Union africaine, la CEDEAO, l’Union européenne. L’objet est clair: exiger la fin immédiate d’une détention sans fondement légal, sans accusation précise, sans procès. Le texte rappelle que cette privation de liberté viole la Constitution nigérienne, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’homme, et même des décisions de justice rendues par la Cour de la CEDEAO en décembre 2023. Un avis du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, publié en février 2025, a déjà qualifié la situation d’illégale et réclamé la libération sans délai du couple présidentiel.
Les signataires, plus de 2 900 à ce jour, comprennent d’anciens chefs de gouvernement, des juristes, des universitaires, des médecins, des citoyens ordinaires. Ils dénoncent un isolement prolongé, un accès restreint aux soins, un contact quasi nul avec l’extérieur. Ces conditions, insistent-ils, peuvent aisément basculer dans des traitements dégradants, voire inhumains, au regard des normes internationales.
La captivité d’un chef d’État démocratiquement élu ne touche pas seulement un homme: elle ébranle l’idée même que les urnes comptent plus que les armes. Dans une région où les putschs se succèdent et où les promesses de transition se transforment en prolongations indéfinies, l’exemple nigérien devient une référence. Chaque jour supplémentaire de silence diplomatique risque d’encourager d’autres officiers à croire que renverser un gouvernement légitime ne coûte presque rien.
Le collectif insiste: aucune reconnaissance d’un quelconque arrangement politique au Niger ne doit intervenir tant que Mohamed Bazoum restera derrière les murs. Il appelle à des démarches fermes, publiques, coordonnées, et, si besoin, à des mesures ciblées contre ceux qui maintiennent cette situation. L’accès humanitaire immédiat au président et à son épouse est également exigé sans détour.
Parmi les noms figurant sur la liste, on trouve Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre français, Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre ivoirien, Martin Ziguelé, ancien premier ministre centrafricain, ou encore des figures comme Cellou Dalein Diallo, Rhissa Ag Boula, Tieman Coulibaly. Leur diversité géographique, politique et professionnelle souligne l’ampleur du rassemblement.
Derrière cette initiative, une conviction simple: défendre Mohamed Bazoum, c’est défendre le droit contre la force, la légitimité contre l’arbitraire, la règle contre le coup de poing. L’histoire retiendra ce que les institutions auront fait — ou omis de faire — face à une telle rupture.
Des voix continuent d’exiger que justice soit rendue, non pas en réclamant vengeance, mais en rappelant sans cesse que personne, pas même celui qui tient les clés d’une prison, n’est au-dessus des lois communes.
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