Autosuffisance Alimentaire: Un Défi pour Fabidji et Kankandi

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Autosuffisance Alimentaire: Un Défi pour Fabidji et Kankandi
Autosuffisance Alimentaire: Un Défi pour Fabidji et Kankandi

Africa-Press – Niger. La commune rurale de Fabidji couvre une superficie de 10 075km2 pour une population de 46 886 habitants, selon l’enquête PLEA de 2019. La commune compte 31 villages administratifs et est située à 70km du chef-lieu de région et à 30km de Birni N’Gaouré. Quant à la commune rurale de Kankandi, elle a une superficie de 149km2 pour une population de 23 082 habitants, selon une estimation de l’INS 2023. Elle a 27 villages administratifs et est située à 42 km du chef-lieu de région et à 25 km au sud de la commune rurale de Birni N’Gaouré. La population des deux communes est composée de Djermas, de peulhs et de haoussas. Ces deux communes ont comme activités l’agriculture, l’élevage et le commerce. L’espace agro pastoral est insuffisant en raison de la pression démographique galopante et à la pauvreté des sols qui mettent en péril l’équilibre de l’écosystème. Dans cet entretien, l’Adjudant-chef Ibrahim Moussa évoque les préoccupations des habitants de ces deux communes.

M. l’Administrateur Délégué, comment se présente la situation sécuritaire au niveau de vos deux communes?

La situation sécuritaire est stable, mais cela ne veut pas dire que nous devons croiser les bras, car nous commençons à enregistrer des excursions des éléments sur des motos au niveau de certains villages. Pour l’instant, cela n’est pas alarmant. Nous devons tout de même conjuguer nos efforts parce que ça commence toujours par une excursion et finit par une situation incontrôlée surtout que nous sommes entourés par deux communes qui ont fait l’objet d’interdiction de circulation de motos.

Comment se présente la campagne agro pastorale dans ces deux communes?

La campagne agricole est satisfaisante. L’intégralité des deux communes a semé à temps. Les premières pluies ont été enregistrées dans tous les villages de la commune de Kankandi suivie de la commune de Fabidji dans les 31 villages. Nous ne pouvons que remercier le bon Dieu pour qu’il nous gratifie d’un hivernage fécond.

Dans le cadre du programme Grande Irrigation, vos deux communes ne sont pas traversées par le fleuve. Cependant, vous avez des cours d’eau permanents. Est-ce que vous avez expérimenté la culture du riz hors aménagement?

Aujourd’hui, l’autosuffisance alimentaire est notre cheval de bataille. Il n’y a pas qu’au bord du fleuve qu’il faut cultiver du riz. Nous avons des cours d’eau permanents qui font 12 mois sur 12. L’irrigation que nous sommes en train de faire dans ces cours d’eau est au stade artisanal. Nous attendons l’autorité pour venir voir notre exploitation en campagne de petite irrigation car, je vous assure, nous produisons une quantité importante de riz dans le bas-fond. Nous avons vraiment de l’espace pour la culture du riz.

D’autre part, nous sommes en train d’expérimenter la culture du manioc. A ce titre, nous avons 17 variétés que nous nous sommes procurées à la faculté d’agronomie et placées dans 17 villages. Si cette expérience s’avère concluante, ce village sera le point de départ de ravitaillement des autres villages afin que la culture du manioc reprenne ses lettres de noblesse d’antan.

En ce qui concerne l’élevage, nous avons le plus grand cheptel du Boboye, surtout au niveau de la commune rurale de Fabidji où nous avons un grand marché de bétail ; il en est de même pour Kankandi, mais malheureusement nous ne touchons pas les bénéfices de ces marchés. Je lance un appel aux commerçants de bétail pour fréquenter nos marchés de Fabidji et de Kankandi.

Quel est l’état sanitaire des populations de vos deux communes?

La situation sanitaire des populations est satisfaisante. Nous n’avons enregistré aucune épidémie. La population se porte bien. Dans la commune rurale de Fabidji, nous avons 5 CSI et 4 cases de santé dont 2 CSI en finition au niveau des villages de Basi et Tondo. Au niveau de Kankandi, nous avons un CSI à Kankandi et un autre de type2 à Bangoukoukou. Nous avons en plus deux autres cases de santé au niveau de deux autres villages. Je lance un cri d’alarme pour la commune de Kankandi qui ne dispose pas d’ambulance pour les évacuations sanitaires.

Qu’en est-il de la situation scolaire dans les deux communes rurales?

En ce qui concerne l’éducation, l’année dernière, les résultats ont répondu à nos attentes. Et cette année, nous avons des villages où les écoles ont été fermées. Dans ces villages, nous avons conjugué tous nos efforts pour faire revenir ces enfants à l’école, mais ça n’a pas été à la hauteur de ce que nous escomptons malgré les fonds que l’Etat a mis à notre disposition, des fonds que nous avions décidés de reverser. La cause principale, c’est qu’en milieu nomade, la plupart des enfants sont derrière les animaux. D’autre part, les enfants suivent leurs parents en exode dans les pays voisins.

Sur le plan du développement local, avez-vous des projets qui interviennent dans vos deux communes?

Plusieurs projets et ONG interviennent sur le plan économique et social dans les communes de Fabidji et Kankandi. Leurs interventions portent sur la récupération des terres appauvries, les activités génératrices de revenus des femmes, le petit commerce, etc.

M. L’administrateur délégué, qu’en est-il de l’incivisme fiscal au niveau de vos deux entités administratives?

C’est l’un des problèmes majeurs de nos deux communes, car la population s’est désengagée de son devoir. Nous comptabilisons plusieurs années d’arriérés de paiement d’impôt et cela asphyxie l’économie des communes qui est la source principale de son fonctionnement, alors qu’avec un coq, on peut payer au moins l’impôt de cinq personnes. Actuellement, nous sommes en train de mener des campagnes de sensibilisation à l’endroit de la population pour qu’elle comprenne l’importance de l’impôt.

Quelles richesses renferment vos deux communes sur le plan culturel?

Sur le plan culturel, nous mettons l’accent au niveau des communes sur la lutte traditionnelle. Nous avons organisé l’année dernière un championnat de lutte dans la commune de Fabidji. Compte tenu de la réussite de cette première édition, nous comptons cette année réunir l’ensemble des villages des deux communes qui se retrouveront dans une même arène pour compétir afin de détecter de nouveaux talents. Nous avons aussi des séances de contes que nous comptons organier à l’endroit de nos jeunes afin qu’ils puissent connaître leur histoire car, dit-on « un peuple sans histoire est un peuple sans âme ».

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des populations de vos deux communes?

J’engage les populations des communes de Fabidji et Kankandi à beaucoup plus de responsabilité. La transparence, c’est ce que nous ont recommandé nos dirigeants au premier rang desquels le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, et le Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, M. Ali Mahaman Lamine Zeine.

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