Africa-Press – Niger. Le Secrétaire Général du Gouvernorat de Tahoua, M. Yacouba Soukeyradjou a assisté, le mercredi 8 avril 2026 dans la salle de conférence de l’Hôtel de Ville de Tahoua en compagnie du Secrétaire Général Adjoint du Gouvernorat, à une conférence autour du thème « Dialogue comme outil de Prévention contre la Criminalité Transnationale organisée et de Protection des Droits Humains ».
Cette conférence a également vu la participation du Secrétaire Général de la Ville de Tahoua, ainsi que plusieurs représentants des structures de la société civile. Dans son mot introductif, le Représentant de l’Association « Alternative Espace Citoyen », M. Thierno a tout d’abord adressé ses remerciements aux participants pour avoir répondu massivement à cette table ronde qui ne manquera pas d’enrichir les échanges. Il a ensuite formulé le vœu que les décideurs puissent trouver dans cet espace de dialogue des informations utiles qui viendront nourrir leurs réflexions quotidiennes et contribuer à la qualité des décisions qui impactent l’avenir collectif de 28 millions de Nigériens.
Le Représentant de l’AEC a rappelé que son association poursuit l’objectif d’éducation à la citoyenneté et de protection des droits humains à travers une dizaine de départements thématiques. Pour ce faire, les interventions de l’association sont orientées vers la sensibilisation et le plaidoyer institutionnel.
Il a également expliqué que la présente table ronde de dialogue s’inscrit dans le champ d’interventions multiformes de l’association pour contribuer à un Niger de « Fraternité, de Travail et de Progrès ». Selon lui, cette conférence se tient dans un contexte international caractérisé par des nouveaux enjeux, de menaces terroristes de toutes sortes. Dès lors, a-t-il indiqué, « il est important d’analyser les évènements qui se déroulent sous nos yeux, de les comprendre et de chercher des solutions favorisant une paix durable ».
m. Thierno a aussi fait remarquer que l’Afrique de l’Ouest est confrontée à des grands défis parmi lesquels le développement d’une criminalité transnationale, véritable danger croissant pour l’avenir des sociétés humaines. Au fil du temps, elle évolue comme une maladie très infectieuse pour tous les pays. Il a notamment expliqué que, dans son évolution, elle affecte la réalisation universelle des droits de l’homme, soulignant que le Niger n’est pas à l’abri, vu sa position géographique qui en fait une zone de transit et de destination clé pour la traite des êtres humains et d’autres activités criminelles transfrontalières.
M. Thierno de l’AEC a également indiqué que la lutte contre la criminalité organisée transnationale, en particulier la traite des êtres humains et le trafic des migrants, est essentielle pour la stabilité et la protection des DH. Dans ce contexte où le mode opératoire des organisations criminelles évolue sans cesse, les politiques de lutte sont à repenser, a-t-il déclaré, précisant que « le travail qui nous attend est difficile » et que, de ce fait, « il est plus que nécessaire de créer des espaces de dialogue pour réfléchir aux solutions face aux menaces des organisations criminelles ».
Bien que le dialogue ne suffise pas, a-t-il fait observer, « il peut être un point de départ, une boussole », en ce sens que « les occasions de confronter calmement les idées se font de plus en plus rares », et qu’il faut les créer.
Selon toujours Thierno, le dialogue proposé par AEC a pour objectif de croiser les regards des acteurs sur des sujets au cœur des préoccupations des citoyens. Partant de ce raisonnement, a-t-il annoncé, AEC se propose d’organiser des espaces de dialogues approfondis sous formes de tables rondes de dialogue autour du thème central « Le dialogue comme outil politique pour promouvoir la paix et protéger les droits humains ».
Selon lui, à l’AEC, « hier comme aujourd’hui, nous croyons aux vertus et à la puissance du dialogue, à travers l’organisation d’initiatives réunissant des acteurs clés avec pour objectifs d’échanger des informations, de lutter contre les discours négatifs, de confronter des points de vue, en s’attachant aux faits et à la vérité, pour dégager des positionnements sur des sujets majeurs de préoccupation collective ». Parmi ces sujets majeurs, il a notamment cité celui relatif à la prévention de la criminalité transnationale organisée et de la protection des droits fondamentaux, soulignant que « ces thématiques nous semblent pertinentes pour être à l’ordre du jour de la présente table ronde de dialogue ».
Les objectifs poursuivis sont de partager des informations utiles, d’analyser les défis liés à la CTO, de proposer des recommandations aux décideurs locaux.
Le fait est que ce thème est important et d’une actualité brûlante. La peur de la criminalité organisée transnationale continue de croître comme celle du terrorisme. En effet, tous les pays sont concernés par la menace. La liste des activités illégales est longue. « Dans le cadre de cette rencontre, nous nous intéressons davantage aux trafics d’êtres humains (traite de personnes, trafic illicite de migrants), à l’exploitation des ressources naturelles dans les zones de conflit par des réseaux criminels qui financent ainsi leurs activités, mais aussi celles de GANE », a précisé M. Thierno, selon qui, la lutte contre la criminalité organisée est un défi qui ne concerne pas seulement l’Etat, mais tous les compartiments de la société. Les OSC sont un acteur important dans le cadre de la sensibilisation contre les effets négatifs. La criminalité étant une source d’instabilité, le dialogue est le meilleur outil pour l’endiguer.
« Les services de police et de justice sont en première ligne dans la prévention de la criminalité. On ne peut traiter de ce sujet sans leur participation. Pour lutter efficacement contre la criminalité organisée, il est indispensable que la justice agisse, qu’elle soit impartiale, qu’il y ait des procès équitables pour punir les coupables et leurs complices », a-t-il enfin expliqué, insistant sur le fait que la recherche a un rôle à jouer pour comprendre et aider à l’élaboration des réponses afin de faire face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.
Quant au Procureur près de la Cour d’Appel de Tahoua, M. Sayabou Issa, il a d’abord donné la définition de certains concepts comme « crime, violation des lois, criminalité, criminalité transnationale organisée, avant de parler des difficultés que la justice rencontre pour traiter de ces sujets, notamment l’immensité du territoire nigérien, un seul pôle judiciaire, le manque de formation sur le terrorisme et le problème de judiciarité entre les crimes commis et le manque de preuves.
Selon Dr Issoufou Habsatou, Enseignante-chercheure à l’Université D. Hamani, Conférencière, la criminalité transnationale est un phénomène mondial qui dépasse les frontières. Elle a informé que les Nations Unies ont adopté une convention en vigueur depuis 2003 et ratifiée par le Niger en 2004, précisant que cette convention définit les groupes criminels organisés, structurés, tirant des profits illicites et qui opèrent dans plusieurs États.
Quant au Dr Allassan Abdourahamane, Vacataire à Université de Tahoua, il a soutenu que la criminalité transnationale est un fléau plus ancien que les échanges commerciaux entre les Nations. C’est un phénomène criminel, commis et entrepris par un groupe organisé, dans le but de tirer des avantages financiers et matériels, a-t-il expliqué, soulignant qu’elle est transnationale quand c’est planifié dans un pays, exécuté dans un autre pays, touchant ainsi 2 pays au minimum dans son exécution, avec évidemment des conséquences sur d’autres pays.
Dans le domaine de la science, il n’y a pas de travaux de recherche, mais il y a des thèses sur la criminalité transnationale, des recherches sur la migration et la création des spécialités en Master dans l’avenir sur la migration et la criminalité transnationale.
Par rapport à la question des droits de l’homme, le conférencier propose que la société doive répondre en fonction des crimes, soulignant que la justice équitable pose des problèmes de logistiques et le manque de preuves suffisantes pour juger la personne. Il a également fait cas de la stigmatisation et du problème de confiance entre la société et les militaires, notamment en matière de renseignements humains. D’où, a-t-il préconisé, la nécessité d’une sensibilisation de la société pour l’amener à comprendre que ce travail est fait pour elle.
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