Africa-Press – Niger. À N’Djamena, l’opération baptisée « Circulation libre », lancée le 10 mars par la mairie du 9e arrondissement, alimente les discussions dans plusieurs quartiers. Présentée comme une initiative d’assainissement urbain, elle vise à faire respecter un espacement réglementaire de 12 mètres de part et d’autre des voies du nouveau goudron venant du rond-point de »Chari Djouat » et menant au nouveau pont. Mais sur le terrain, la mesure divise les habitants.
Selon les autorités communales, cette opération s’inscrit dans le cadre des normes d’aménagement prévues pour les routes à deux voies. Les constructions situées trop près de la chaussée sont considérées comme non conformes. Pour les signaler, les équipes de la commune procèdent à un marquage à la peinture sur les bâtiments concernés. Les propriétaires disposent ensuite d’un délai de trois jours pour se conformer aux exigences fixées par la municipalité.
« Nous ne sommes pas là pour faire du mal à notre population. Notre objectif est également de rendre notre commune plus saine et propre, à l’exemple des autres arrondissements. Nous avons simplement respecté l’emprise de la route: 12 mètres, pas plus ni moins », a précisé le secrétaire général de la commune, Mahamoud Riad Hassane.
Dans plusieurs quartiers du 9e arrondissement, ces marquages ont suscité des réactions contrastées. Certains riverains affirment soutenir la volonté des autorités d’améliorer la circulation et d’organiser l’espace urbain. D’autres, en revanche, dénoncent une opération qu’ils jugent irrégulière.
Plusieurs habitants affirment ne pas avoir été informés au préalable, tandis que certains s’interrogent sur la base légale de cette décision, à l’image d’Achta Mberoua. « Nous n’avons été nullement informés de cette nouvelle opération. Le goudron est passé et nous sommes dans notre dernière délimitation. Sur quelle base et quel code la mairie mène cette opération, nous n’en savons rien », affirme-t-elle.
Pour ces derniers, l’initiative relèverait d’une interprétation contestée des prérogatives de la commune. Ils appellent à davantage de concertation avec les populations concernées afin d’éviter des tensions et d’éventuels litiges.
Du côté de la mairie, l’opération est présentée comme une étape nécessaire pour préserver les emprises routières et garantir une meilleure circulation le long des nouvelles infrastructures. Les autorités assurent que les propriétaires disposent encore de quelques jours pour se mettre en conformité.
En attendant, l’opération « Circulation libre » continue de faire débat dans le 9e arrondissement, où habitants et autorités tentent de trouver un équilibre entre aménagement urbain et respect des droits des riverains.
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