Comportement des saumons sauvages et pollution à la cocaïne

1
Comportement des saumons sauvages et pollution à la cocaïne
Comportement des saumons sauvages et pollution à la cocaïne

Africa-Press – Niger. Affectés par l’un des métabolites de la cocaïne qui s’accumule dans leur cerveau, les saumons de l’Atlantique changent de comportement. C’est la conclusion d’une étude internationale menée non pas en laboratoire mais dans la nature. Des scientifiques ont équipé 105 jeunes saumons de l’Atlantique âgés de deux ans, avec des implants capables de libérer lentement des substances chimiques. Ils ont ensuite suivi leurs mouvements durant huit semaines dans le Vättern, un important lac situé en Suède.

Certains poissons n’étaient soumis à aucun composé via leur implant (témoins), d’autres recevaient de la cocaïne – un stimulant psychomoteur – et les derniers étaient contaminés par son métabolite principal, qui se retrouve bien souvent dans les eaux usées: la benzoylecgonine. Et c’est ce composé qui affecte le plus les jeunes saumons, révèle la nouvelle étude.

Il les conduit à nager 1,9 fois plus loin par semaine que les poissons témoins et à se disperser 12,3 kilomètres plus loin à travers le lac. La benzoylecgonine augmente donc drastiquement le nombre de mouvements réalisés par ces saumons. L’effet de ce métabolisme est plus important que celui de la cocaïne elle-même.

Un pollution mondiale

L’éloignement plus prononcé des poissons sous benzoylecgonine n’est pas anodin. « L’endroit où vont les poissons détermine ce qu’ils mangent, ce qui les mange et comment les populations sont structurées, remarque dans un communiqué le Dr Marcus Michelangeli. Si la pollution modifie ces schémas, elle risque d’affecter les écosystèmes d’une manière que nous commençons à peine à comprendre. »

Les résultats obtenus, publiés dans la revue Current Biology, sont les premiers à démontrer les effets de la contamination des eaux par ce psychotrope et son métabolite sur le comportement des poissons sauvages. Un danger qu’il est nécessaire d’évaluer alors que ces composés sont de plus en plus souvent détectés dans les rivières et les lacs, les systèmes des eaux usées étant incapables de les éliminer efficacement.

Les auteurs de cette nouvelle étude rappellent que la consommation mondiale de drogues a augmenté d’environ 20 % au cours des dix dernières années. La cocaïne est l’une des substances illicites les plus fréquemment détectées dans les environnements aquatiques du monde entier.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Niger, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here