Découverte de l’ancêtre potentiel des mammifères pondeurs, qui vivait à l’époque des dinosaures

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Découverte de l'ancêtre potentiel des mammifères pondeurs, qui vivait à l'époque des dinosaures
Découverte de l'ancêtre potentiel des mammifères pondeurs, qui vivait à l'époque des dinosaures

Africa-Press – Niger. Aujourd’hui, la diversité des monotrèmes, seul groupe de mammifères qui pondent des œufs, est très restreinte. Il ne reste que cinq espèces qui foulent encore la terre à ce jour: l’ornithorynque, un mammifère à bec de canard, et quatre espèces d’échidnés, de petits mammifères couverts de piquants, dotés d’un long museau et d’une langue collante.

Bien que ces espèces aient pu tenter de se développer ailleurs, l’Australie est le seul endroit au monde où elles ont subsisté. C’est au sud-est du pays qu’une équipe de scientifiques a fait la découverte de trois nouvelles espèces de monotrèmes. Leur description, ainsi que celles de trois autres espèces déjà connues, a fait l’objet d’une étude publiée le 26 mai 2024 dans la revue Alcheringa: An Australasian Journal of Palaeontology.

Trois nouvelles espèces de monotrèmes dont “Echidnapus”

Les chercheurs ont analysé des fragments de mâchoires opalisées de ces mammifères, datant de 102 à 96,6 millions d’années, trouvés il y a une vingtaine d’années dans les champs d’opales de Lightning Ridge, en Nouvelle-Galles du Sud.

Auprès des trois espèces déjà connues, Stirtodon elizabethae, Kollikodon ritchiei et Sterepodon galmani, les chercheurs ont aussi découvert les espèces Dharragarra aurora, très similaire aux ornithorynques, et Parvopalus clytiei, le plus petit des six espèces fossiles.

Mais la découverte qui a intéressé le plus les chercheurs est le nouveau spécimen Opalios splendens, ou, comme ils l’ont surnommé, Echidnapus. L’animal conserverait des traits des premiers monotrèmes ayant existé tout en présentant des adaptations similaires à celles des échidnés et des ornithorynques modernes.

“Opalios splendens se situe dans l’arbre de l’évolution en amont de la naissance de l’ancêtre commun des monotrèmes que nous connaissons aujourd’hui”, a déclaré le professeur Helgen, scientifique en chef et directeur de l’Institut de recherche de l’Australian Museum, dans un communiqué de presse. “Son anatomie générale est vraisemblablement assez proche de celle de l’ornithorynque, mais les caractéristiques de la mâchoire et du museau ressemblent un peu plus à celles de l’échidné”.

D’où son petit nom, Echidnapus, combinaison de “échidné” et “platypus” (ornithorynque en anglais).

Un nouvel éclairage sur l’évolution de ces mammifères

Ces découvertes apportent de précieuses clés sur l’histoire évolutive des monotrèmes. “Nous avons très peu de fossiles de monotrèmes, donc la découverte de nouveaux spécimens peut nous en apprendre davantage sur l’endroit où ils vivaient, sur leur apparence et sur la façon dont les changements dans l’environnement ont influencé leur évolution”, a déclaré le Dr Matthew McCurry, conservateur de paléontologie à l’Australian Museum.

Ainsi, les chercheurs pourraient comprendre pourquoi les monotrèmes ont perdu leurs dents avec l’évolution. “Les ornithorynques adultes n’ont pas de dents, mais les juvéniles ont des molaires rudimentaires. Quand et pourquoi les ornithorynques adultes ont perdu leurs dents après 100 millions d’années est un mystère que nous pensons avoir résolu”, a déclaré l’auteur principal, le professeur Tim Flannery. “C’est peut-être la concurrence avec le rat d’eau australien, arrivé en Australie au cours des deux derniers millions d’années, qui a poussé l’ornithorynque à rechercher une nourriture plus molle et plus glissante, mieux manipulée avec les coussinets en cuir que les adultes ont aujourd’hui”.

Comme les chercheurs le précisent dans l’étude, la perte de dents chez les ornithorynques pourrait ainsi avoir commencé au plio-pléistocène, coïncidant avec l’arrivée de ce rat d’eau australien, Hydromys chrysogaster.

Une possible “ère des monotrèmes”

Selon les chercheurs, l’hypothèse avait été émise par le passé qu’une bien plus grande diversité morphologique de monotrèmes se trouvait en dehors du peu d’espèces connues de monotrèmes. Pourtant, jusqu’à présent, les preuves étaient limitées. “Ces spécimens sont une révélation. Ils montrent au monde entier que bien avant que l’Australie ne devienne le pays des mammifères à poche, les marsupiaux, c’était un pays de pondeurs d’œufs à fourrure, les monotrèmes”, a déclaré Elizabeth Smith, qui a trouvé les fossiles avec sa fille Clytie de l’Australian Opal Centre à Lightning Ridge. “Il semble qu’il y a 100 millions d’années, il y avait plus de monotrèmes à Lightning Ridge que n’importe où ailleurs sur Terre, dans le passé comme dans le présent.”

Jusqu’à présent, aucun mammifère non monotrème de cette époque n’a été découvert à Lightning Ridge. Les chercheurs suggèrent alors que les monotrèmes du Crétacé inférieur et supérieur ont pu se diversifier de manière significative en Australie en raison de l’absence de grands mammifères concurrents. “C’est comme découvrir une toute nouvelle civilisation”, a déclaré Tim Flannery.

Dans l’étude, les chercheurs expliquent qu’une lacune chronostratigraphique importante entre le Turonien (deuxième étage stratigraphique du Crétacé supérieur) et l’Éocène subsiste dans notre compréhension de l’évolution des monotrèmes, pour lesquels aucun fossile de monotrème n’a encore été découvert. Par conséquent, on ne sait pas si une faune diversifiée de monotrèmes a survécu à l’extinction massive de la fin du Crétacé et a ensuite persisté avant l’arrivée des marsupiaux en Australie il y a environ 54 millions d’années.

Les auteurs de l’étude incitent à de nouvelles fouilles dans la région et expliquent que ce mystérieux intervalle devrait être l’un des principaux objectifs de la recherche à l’avenir.

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