Africa-Press – Niger. La dépigmentation est un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur au Niger, cela à cause de la disponibilité et surtout l’accès aux produits éclaircissants à des prix raisonnables. En effet, les différents marchés de la capitale sont inondés de ces produits éclaircissants dont les effets sur les sujets qui les utilisent sont quasi immédiats. En général, ce sont les femmes qui se dépigmentent la peau. Or l’usage de ces produits éclaircissants n’est pas sans conséquences sur la santé.
Crèmes, sérum, savons, gels de douche, pommades sont entre autres la gamme de produits éclaircissants que des milliers de personnes et majoritairement des femmes nigériennes appliquent minutieusement à la peau pour modifier leur teint naturel. Chacune milite dans son coin pour changer de teint en abusant de ces produits qui fragilisent les cellules. Apparaitre clair est ainsi le mot d’ordre lancé par ces femmes comme le moyen par lequel on peut être aimé par les hommes.
Concevoir un teint clair comme idéal de beauté n’est pas récent, cela existait depuis bien longtemps. Les publicités ou les émissions télévisées privilégient les peaux claires, non seulement dans les pays européens, mais aussi et surtout dans les pays africains eux-mêmes. Ce qui peut inciter facilement certaines femmes à se dépigmenter.
A Niamey, ces produits éclaircissants sont d’une grande abondance dans les marchés. M. Adamou Hadou, un revendeur ambulant des produits ‘’Toussou toussou’’ rencontré au petit marché de Niamey explique les prix et la provenance de ces derniers. «Nous ne connaissons pas la provenance de ces produits. Nous les achetons au niveau des grossistes pour les revendre. Les prix des savons varient de 500 F à 2000 F et cela dépend de la marque. Quant aux pommades éclaircissantes, leurs prix varient entre de 750 F à plus», a-t-il expliqué.
L’utilisation de ces produits n’a pas d’âge. Des jeunes filles et des femmes s’adonnent à cette pratique. Selon Charifatou la vingtaine sonnée, ces produits s’appliquent même quand-il fait très chaud le matin et le soir sur la zone à éclaircir. «D’autres par contre font plusieurs semaines consécutives de traitement pour voir apparaitre les premiers résultats» a-t-elle relevé. Charifatou a ensuite précisé qu’en plus de ces produits à appliquer, il en existe d’autres sous forme d’injectables. Certaines se font injecter ces solutions trimestriellement dans le souci d’avoir un teint uniformisé en «un clin d’œil».
Cependant, selon docteur Ali Diaouga Abdrahamane, de l’application sur la peau, aux injections, ces produits ne sont pas sans conséquences sur la peau et la santé humaine en général. Il a souligné que des complications cutanées à savoir l’apparition et l’aggravation des infections de la peau telles que la gale, les mycoses, les infections bactériennes pouvant être très sévères. A cela il faut ajouter l’apparition d’acné, les vergetures larges très inesthétiques et irréversibles. «L’utilisation de ces produits peut aussi provoquer d’autres maladies telles que les complications cardiaques et rénales», a-t-il souligné. Les produits éclaircissants sont aussi d’une sévère toxicité surtout chez la femme enceinte, la femme allaitante et chez les enfants.
Pourtant, il existe des produits naturels très efficaces et accessibles à moindre coût pour avoir une belle peau et un beau teint sans pour autant recourir à la dépigmentation. «C’est le cas par exemple du savon noir, du beurre de karité et du beurre de cacao», a-t-il conseillé.
Salima Hamadou Mounkaila (ONEP)
Suite à une crue soudaine du fleuve Shebelle provoquant plus de 200 000 déplacés à Baladweyne, principale ville de cette région, la République de Djibouti a envoyé hier matin, un avion transportant une aide humanitaire composée de lots de médicaments, de moustiquaires et de vivres destinées à la population frère de cette ville de la Somalie, lourdement impactée par ces inondations.
Selon des agences humanitaires se trouvant à Baladweyne, plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées dans des inondations soudaines dans le centre de la Somalie, qui ont affecté au total plus de 460.000 personnes. Les fortes pluies qui se sont abattues en mi mai dernier, ont fait sortir le fleuve Shabelle de son lit, submergeant cette ville de la région de Hiran, au centre de la Somalie. Des centaines de milliers d’habitants ont quitté leurs maisons, pataugeant dans les rues inondées.
Les inondations ont détruit des maisons, des infrastructures et des terres agricoles, laissant de nombreuses personnes sans abri et en difficulté pour se nourrir.
Le gouvernement de Djibouti a rapidement mobilisé des ressources pour répondre à cette crise humanitaire.
Un avion de l’armée de l’air djiboutienne transportant une aide humanitaire composée de lots de médicaments, de moustiquaires, des biscuits contre la malnutrition, de vivres, à destination de Beledweyne, a décollé vers 6h du matin de l’aéroport international de Djibouti.
Une fois de plus, notre pays a manifesté sa solidarité pour porter secours au peuple frère de cette région lourdement impacté par cette calamité naturelle.
Les autorités locales ont salué l’aide de Djibouti, soulignant que cette assistance est cruciale pour aider les personnes touchées à se remettre sur pied. Les inondations ont causé des dégâts considérables dans la région, mais l’aide humanitaire fournie par Djibouti contribue à soulager les souffrances des populations touchées.
Il est à noter que les autorités djiboutiennes ont travaillé en étroite collaboration avec les autorités somaliennes pour acheminer l’aide aux personnes dans le besoin.
Cette initiative de Djibouti illustre une fois de plus les liens historiques et fraternels entre les populations des deux pays. La Somalie a souvent été confrontée à des crises humanitaires.
La situation en Somalie est déjà complexe, avec des conflits armés, des sécheresses et des crises humanitaires. Les inondations dues aux pluies de la saison aggravent encore cette situation difficile. L’aide humanitaire de Djibouti apporte un peu de soulagement aux personnes touchées par les inondations et montre la solidarité entre les pays voisins face aux crises humanitaires. Rappelons que la région de la Corne de l’Afrique est la plus touchée par les changements climatiques.
Rachid Bayleh
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