Forum sur la crise du pastoralisme au Niger à Ingall : «Vous ne pouvez pas vivre ici et prospérer si vous n’êtes pas solidaires entre vous, si vous ne vous donnez pas la main, si vous ne cultivez pas la fraternité» a déclaré le Président Mohamed Bazoum

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Forum sur la crise du pastoralisme au Niger à Ingall : «Vous ne pouvez pas vivre ici et prospérer si vous n’êtes pas solidaires entre vous, si vous ne vous donnez pas la main, si vous ne cultivez pas la fraternité» a déclaré le Président Mohamed Bazoum
Forum sur la crise du pastoralisme au Niger à Ingall : «Vous ne pouvez pas vivre ici et prospérer si vous n’êtes pas solidaires entre vous, si vous ne vous donnez pas la main, si vous ne cultivez pas la fraternité» a déclaré le Président Mohamed Bazoum

Africa-PressNiger. La Cure Salée a été un véritable cadre de sensibilisation et d’orientation des éleveurs et agropasteurs. C’est dans cette optique que le Président de la République, Chef de l’Etat, SE. Mohamed Bazoum a présidé le vendredi 17 septembre 2021, dans l’après midi, à Ingall, un forum sur la crise du pastoralisme au Niger. Organisé par la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), ce forum a regroupé des chefs traditionnels et a été l’occasion pour le Chef de l’Etat de donner des instructions et orientations aux participants afin de trouver des solutions idoines aux problèmes qui gangrènent le pastoralisme au Niger.

Pour rappel, l’objectif de ce forum est d’une part, d’attirer l’attention des administrateurs et des chefs coutumiers, gardiens de la paix dans les zones rurales, sur la non application des différentes dispositions du Code rural et d’autre part, de montrer la relation qu’il y’a entre le phénomène d’amenuisement des terres pastorales et la situation de violences.

Devant l’assistance, essentiellement composée des chefs traditionnels, le Président de la République a déclaré que le thème de ce forum est extrêmement important car, il soulève des problèmes auxquels les populations sont confrontées au quotidien. Ainsi, M. Mohamed Bazoum a expliqué les raisons de sa présence à Ingall. «Si j’ai tenu à venir personnellement à la Cure Salée cette année, c’est parce que je pensais qu’il était de mon devoir de venir rencontrer ces représentants de nombreuses couches nigériennes qui vont prendre part à cette manifestation et en particulier avoir l’occasion de m’adresser aux participants au présent forum» a-t-il déclaré.

Le Président de la Réplique s’est appesanti sur la crise du pastoralisme à travers un message très clair. «La zone sahélo-sahélienne est en proie à un phénomène inédit depuis quelques années, en particulier depuis 2012 suite aux événements qui se sont passés au Mali. La zone du nord du Mali, c’est le nord ouest du Niger. Et notre pays plus qu’aucun autre a été affecté par ce phénomène par un effet de contagion tout à fait compréhensible. (…). Je pense que ce forum est une bonne occasion pour les Chefs Traditionnels et les experts d’avoir des échanges qui vont être de nature à améliorer la connaissance des phénomènes auxquels nous faisons face, dont nous ignorons leur cause. Et je conçois que ce débat se fasse aussi avec les autorités administratives. Si les chefs traditionnels sont des acteurs importants dans la gestion de ces phénomènes, les autorités administratives sont des acteurs tout aussi importants, parce que ce sont ces autorités qui ont besoin de connaitre les textes et comprendre ces phénomènes pour pouvoir bien les appliquer et faire les arbitrages féconds pour régler les problèmes» a expliqué le Chef de l’Etat.

Selon le Président de la République, la problématique de la crise du pastoralisme au Niger est dûe à trois phénomènes, que sont la sécheresse, la croissance démographique et la faiblesse des instruments juridiques conçus pour gérer la cohabitation entre des communautés (ou une méconnaissance et une mauvaise application des textes juridiques lorsqu’ils existent). «Ces trois phénomènes en se combinant ont donné lieu à des situations de conflits qui ont fini par prendre de l’ampleur. Et ce n’est pas un hasard, si l’une des régions ou sévit aujourd’hui le problème du terrorisme avec toutes les souffrances qui l’accompagne soit une zone où ce problème se pose», a notifié M. Mohamed Bazoum.

Par ailleurs, le Président de la République a remercié les organisateur du forum pour la pertinence des discutions et son intérêt pour le Niger. «Ces rencontres sont des cadres très utiles. Je voudrais dire aux chefs traditionnels de ne pas prêter le flanc, de ne pas accepter que vous soyez divisés entre peuls, touaregs, arabes, etc. N’acceptez pas ça ! Restez comme nous l’avons toujours été, unis et solidaires. Vous vivez sur un même espace, sur le même terroir. Vous ne pouvez pas vivre ici et prospérer si vous n’êtes pas solidaires entre vous, si vous ne vous donnez pas la main, si vous ne cultivez pas la fraternité, etc. Voila mon message», a précisé le Chef de l’Etat.

Auparavant, le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix le Général Abou Tarka a précisé que pour sa structure, la Cure Salée a toujours constitué une occasion de prise de parole pour aborder des questions en relation avec la stabilité et la paix au Niger. Selon lui, le thème de ce forum «La résilience des communautés face à la crise du pastoralisme», est un thème d’actualité. «Je demeure convaincu que les valeurs de tolérance et d’humanisme, ces valeurs chevillées au corps de tous les Nigériens et auxquelles faisait référence le Président de la République, à une autre occasion, nous permettront de faire ce sursaut salvateur et de renforcer l’unité nationale pour progresser sur les voies d’un développement harmonieux s’appuyant sur ces deux mamelles de notre économie que sont l’agriculture et l’élevage pastoral» a notifié le Général Abou Tarka.

Pour mieux cerner la thématique, le conférencier et facilitateur du forum M. Bazo Alhou, Secrétaire permanent du Code Rural a fait un cadrage théorique dudit forum. Par la même occasion, M. Bazo Alhou a expliqué comment organiser le partage des ressources naturelles entre pasteurs et agriculteurs dans le but de mieux resserrer les liens de solidarité et de complémentarité entre ces deux catégories socioprofessionnelles et ainsi renforcer la résilience des communautés pour faire face à la crise du pastoralisme.

Abdoul-Aziz Ibrahim Envoyé spécial(onep)

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