élections législatives risquées pour le pouvoir de centre-gauche

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élections législatives risquées pour le pouvoir de centre-gauche
élections législatives risquées pour le pouvoir de centre-gauche

Africa-Press – São Tomé e Príncipe. La coalition de centre-gauche à Sao Tomé-et-Principe se présentera dimanche 25 septembre aux élections législatives en ordre dispersé et pourrait perdre sa fragile majorité au centre-droit dans ce petit archipel lusophone très pauvre, habitué aux alternances et considéré comme un modèle de démocratie parlementaire en Afrique. Quelque 100 000 électeurs sur 215 000 habitants sont appelés à renouveler les 55 députés de l’Assemblée nationale pour quatre ans, en même temps que les élus régionaux et municipaux.

Deux grands partis se disputent la direction du pays depuis son indépendance du Portugal en 1975 : l’Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit) et le Mouvement de libération de Sao Tomé-et-Principe-Parti social-démocrate (MLSTP-PSD, centre-gauche), au pouvoir.

En 2021, les Santoméens avaient élu un président ADI, Carlos Vila Nova, mais l’exécutif est exercé essentiellement par le premier ministre, en l’occurrence Jorge Lopes Bom Jesus, du MLSTP, depuis la victoire d’une coalition de partis de gauche lors des législatives de 2018.

Une majorité de l’ADI et ses alliés dimanche mettrait donc fin à une cohabitation au sommet de l’Etat. Même si le président n’exerce qu’une fonction honorifique, il peut jouer le rôle d’arbitre en cas de majorité très courte d’une coalition ou l’autre. Si les partis de gauche et du centre étaient parvenus à se rassembler en 2018 pour battre l’ADI de Patrice Trovoada, ancien premier ministre (2010-2012 et 2014-2018), ils se présenteront désunis dimanche.

Un régime parlementaire qui s’affirme

Le pari est d’autant plus difficile qu’avec une majorité d’un siège seulement (28) en 2018 grâce à l’appoint d’une aile du Parti de convergence démocratique (PCD), le MLSTP de M. Lopes Bom Jesus ne peut plus compter sur ce mouvement dimanche, le PCD ayant pris ses distances. La popularité du chef du gouvernement et de son parti a décliné au fil de son mandat. Celui qui avait déclaré vouloir « lutter contre la corruption » lors de son investiture a essuyé des accusations de corruption visant son parti depuis.

Patrice Trovoada, lui, est revenu dans le pays mi-septembre après un exil au Portugal depuis sa défaite de 2018. Il fait figure de favori de l’opposition. Après quinze années d’un régime marxiste de parti unique, Sao Tomé-et-Principe s’est ouvert au multipartisme en 1991. A la suite de plusieurs tentatives de coup d’Etat, les dernières en 2003 et 2009, le régime parlementaire s’y est affirmé et a permis plusieurs alternances entre l’ADI et le MLSTP, ce dernier étant issu de l’ancien parti unique.

Ce petit archipel d’Afrique centrale niché dans le golfe de Guinée dépend à environ 90 % de la coopération et l’aide internationales pour ses investissements d’infrastructures et ses importations de produits finis. Ses principaux revenus propres, relativement faibles, sont issus des exportations de cacao, de café, ainsi que du tourisme. L’agriculture vivrière sur des terres très fertiles et irriguées par des pluies abondantes, ainsi que la pêche artisanale, assurent cependant une bonne partie de la nourriture quotidienne.

La surface forestière occupe plus de la moitié du territoire (54,1 % en 2020), d’après la Banque mondiale. Le taux de chômage était de 15,9 % en 2021, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), mais probablement beaucoup plus dans les faits, alors que 15,6 % de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour.

L’archipel – formé de deux îles principales, Sao Tomé et Principe –, où l’immense majorité des enfants sont scolarisés et où les crèches sont nombreuses, figurait au 135e rang mondial sur quelque 190 pays dans le classement 2021 de l’ONU pour l’Indice de développement humain (IDH). Deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

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