« Tentative » de putsch à Sao Tomé : le premier ministre évoque des « exécutions extrajudiciaires »

8
« Tentative » de putsch à Sao Tomé : le premier ministre évoque des « exécutions extrajudiciaires »
« Tentative » de putsch à Sao Tomé : le premier ministre évoque des « exécutions extrajudiciaires »

Africa-Press – São Tomé e Príncipe. Deux jours après la capture de quatre assaillants et deux « commanditaires », fin novembre, le chef d’état-major de l’armée avait annoncé la mort de quatre de ces détenus.

Le chef du gouvernement de Sao Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, a évoqué des « exécutions extrajudiciaires » après la « tentative » de putsch menée par des assaillants dans la nuit du 24 au 25 novembre au quartier général de l’armée. « Nous avons eu, de notre point de vue, une tentative de coup d’Etat. Les forces armées ont stoppé cette tentative. Après la fin de l’opération, des heures après, il y a eu ce que nous pensons être des exécutions extrajudiciaires, l’exécution de personnes qui étaient des témoins clés », a-t-il déclaré dans un entretien à l’agence Lusa diffusé mercredi 7 décembre.

Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.

La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.

Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente.

Pour toute demande d’autorisation, contactez [email protected].

En tant qu’abonné, vous pouvez offrir jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches grâce à la fonctionnalité « Offrir un article ».

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/12/08/tentative-de-putsch-a-sao-tome-le-premier-ministre-evoque-des-executions-extrajudiciaires_6153502_3212.html

« Au minimum, il y a eu une faille de commandement. Les personnes placées sous la responsabilité des forces armées ne peuvent pas mourir, elles sont en détention », a ajouté M. Trovoada, qui s’est déplacé mardi au Portugal, ancienne puissance coloniale de Sao Tomé, petit archipel très pauvre du golfe de Guinée indépendant depuis 1975. A l’issue d’une rencontre avec le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, il a précisé s’attendre à ce que les autorités judiciaires de son pays, assistées par Lisbonne, produisent avant la fin de l’année un « rapport préliminaire » sur les événements dont il a fait part le 25 novembre.

Ce jour-là, M. Trovoada avait alors affirmé que quatre assaillants avaient été capturés après six heures d’échanges de tirs au quartier général de l’armée, dans la capitale, Sao Tomé, ainsi que deux « commanditaires » arrêtés plus tard chez eux : l’ex-président de l’Assemblée nationale sortante, Delfim Nevès, et un autre opposant, Arlécio Costa. Deux jours plus tard, le chef d’état-major de l’armée annonçait que trois des détenus étaient morts des suites de leurs blessures dans une « explosion », sans plus de détails, et que M. Costa avait également péri « en sautant d’un véhicule ». Mais aussi que douze militaires ayant « participé » à la tentative de putsch avaient été arrêtés.

De nombreuses zones d’ombre entourent les circonstances et la chronologie des événements de vendredi et des jours suivants. L’opposant Delfim Nevès a de son côté accusé le pouvoir en place d’avoir commandité la « tentative de coup d’Etat » et a dénoncé un « simulacre » destiné à le faire « éliminer ». Le gouvernement a ordonné la semaine dernière une enquête sur « des actes cruels et inhumains » présumés commis par des militaires contre des hommes accusés par le premier ministre d’avoir tenté de mener ce « coup d’Etat ».

Pour plus d’informations et d’analyses sur la São Tomé e Príncipe, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here