Africa-Press – Senegal. L’Intersyndicale des travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal a exprimé sa vive indignation à la suite de la publication d’une note circulaire du 17 février 2026 émanant de la Direction générale du Trésor du Sénégal, demandant aux receveurs municipaux de surseoir au paiement de la revalorisation salariale des agents des collectivités territoriales.
Dans un communiqué rendu public à Dakar, l’organisation syndicale estime que cette décision constitue une entrave à un droit acquis après plusieurs années de revendications. Selon l’Intersyndicale, la revalorisation salariale avait été entérinée à la suite d’un protocole d’accord destiné à mettre fin aux mouvements de grève cycliques ayant affecté le fonctionnement des collectivités locales et perturbé les services aux populations.
Le respect du protocole d’accord exigé
Les responsables syndicaux demandent le respect strict des engagements contenus dans le protocole signé avec l’État. Ils invitent notamment le ministère des Finances et du Budget, celui des Collectivités territoriales à rendre disponibles les ressources financières prévues, notamment l’enveloppe estimée à six milliards de francs CFA destinée aux collectivités impactées.
Tout en reconnaissant les efforts consentis par les autorités pour améliorer les conditions des agents territoriaux, l’Intersyndicale juge que la note circulaire du Trésor a créé un malaise dans l’administration locale.
Elle salue néanmoins les maires et présidents de conseils départementaux ayant déjà procédé au paiement de la revalorisation salariale et exhorte les exécutifs locaux restants à se conformer aux dispositions légales.
Plusieurs revendications urgentes sur la table
L’Intersyndicale réclame également l’ouverture rapide de discussions avec les autorités afin d’apporter des solutions à plusieurs préoccupations jugées prioritaires: l’abrogation des décrets 2026-1618 et 2026-1619 ; la certification des agents des collectivités territoriales ; l’alignement des indemnités des agents de santé territoriaux ; le démarrage de l’audit physique du personnel à partir du 1er mars 2026 ; le paiement de l’indemnité de logement et la convocation du Conseil supérieur de la Fonction publique locale
Le collectif indique avoir déjà engagé des démarches de sensibilisation auprès du Haut conseil du dialogue social, du Centre national de la Fonction publique locale et de la Direction de la Fonction publique locale du Sénégal, tout en regrettant l’absence de réaction concrète de la tutelle.
Une menace de grève d’avertissement
Enfin, l’Intersyndicale informe avoir déposé un préavis de grève couvrant l’année 2026. Elle annonce qu’une grève d’avertissement de 48 heures pourrait être déclenchée dans les prochains jours si ses revendications ne sont pas prises en compte.
Ce nouveau bras de fer entre les travailleurs des collectivités territoriales et l’État risque de raviver les tensions sociales dans l’administration locale, à un moment où les services publics de proximité restent fortement sollicités par les populations.
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