Les archives du cinéaste Paulin Soumanou Vieyra bientôt accessibles au public

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Les archives du cinéaste Paulin Soumanou Vieyra bientôt accessibles au public
Les archives du cinéaste Paulin Soumanou Vieyra bientôt accessibles au public

Africa-PressSenegal. Le Black Film Center/ Archive de l’Université d’Indiana, aux Etats-Unis, a acquis les archives du cinéaste Paulin Soumanou Vieyra, premier Africain subsaharien francophone à réaliser un film (“Afrique-sur-Seine”), en 1955, un fond documentaire qu’elle compte mettre bientôt ce à la disposition du public.

Vieyra fut un critique pionnier, un historien et un producteur à l’époque de la décolonisation dans les années 1960.

Considéré comme le mentor du célèbre cinéaste sénégalais Ousmane Sembène, il a dirigé les “Actualités sénégalaises” du temps de Léopold Sédar Senghor, le premier président de la République du Sénégal.

Dans un communiqué reçu mercredi à l’APS, le Black Film Center/Archive a annoncé l’acquisition des archives de Vieyra.

“L’acquisition de la collection Vieyra témoigne de cette longue histoire et de l’histoire en cours – les documents que nous amassons maintenant soutiendront et, espérons-le, inspireront les futures histoires de films’’, a déclaré Terri Francis, directrice du BFC/A et professeure associée à “The Media School” de l’Université d’Indiana.

Il rappelle que le processus d’acquisition a commencé il y a trois ans et pourrait servir aux chercheurs pendant des centaines d’années.

Selon lui, l’Université d’Indiana est devenu depuis de longues années un centre d’études africaines par le biais de bourses, d’enseignements, de conférences et de projections remontant à la fondation en 1961 du programme d’études africaines.

Les documents audiovisuels et papiers de Vieyra sont composés notamment de films, de photos, d’archives papiers, d’interviews, de manuscrits d’un volume total de 450 kilos, soit sept cantines, transférés de Tours (France) à Indiana (aux Etats-Unis), selon Stéphane Soumanou Vieyra, le plus jeune fils de Paulin Vieyra.

Il rappelle que les négociations entre l’Université d’Indiana et les héritiers de Paulin Soumanou Vieyra – Sénégalais d’origine béninoise – ont débuté en 2018. Il assure du “bon savoir-faire” de cette institution en matière de conservation d’archives.

“J’ai visité les installations de leurs archives en 2019 et les responsables étaient ravis d’accueillir les archives de Vieyra. On a discuté des modalités. Nous, nous avions une idée très particulière, c’est-à-dire que les archives de Vieyra sont inestimables. On ne pouvait pas déterminer une valeur marchande”, a expliqué Stéphane Vieyra.

Le plus jeune fils de Paulin Soumanou Vieyra dirige PSV/Films, la structure qui détient les droits du patrimoine de son père.

Bien qu’il ne s’agisse pas “de transaction financière”, précise-t-il, une transaction comportant des clauses obligatoires a été signée par les deux parties.

Ainsi, PSV/films conserve le copyright (le droit exclusif d’exploitation des œuvres) et doit donner son autorisation à chaque fois que quelqu’un veut exploiter l’œuvre, explique-t-il.

Il souligne que ces clauses permettent de mettre à la disposition des chercheurs les archives de Paulin Soumanou Vieyra.

Black Film Center/Archive devient ainsi une structure de conservation et a le droit, dans le cadre des travaux universitaires, de faire des expositions à l’intérieur des universités américaines sur les archives de Vieyra.

“Avec ce don, nous espérons que les nombreux manuscrits inédits laissés par mon père pourront être publiés et traduits en anglais”, déclare Stéphan Vieyra, jusque-là conservateur des archives cinématographiques et documentaires de son père.

Il estime que l’avantage de cet accord

c’est qu’au moins toutes ces archives seront mises à la disposition des chercheurs de façon numérique. “PSV/Films n’avait pas la capacité de gérer ces archives”, lance-t-il.

Stéphane Vieyra affirme que 33 ans après le décès de Paulin Soumanou Vieyra en 1987, des demandes ont été faites à l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en France et à différents organismes pour s’occuper de ses archives.

Mais, personne ne pouvait le faire sans budget, déclare-t-il.

Selon lui, en 2012, lorsqu’un hommage national lui a été rendu à Dakar, sa bibliothèque personnelle a été offerte à la Bibliothèque universitaire (BU) de l’Université Cheikh Anta Diop avec la conservatrice Mariétou Diongue.

A l’époque, on ne pouvait pas, dit-il, conserver ni numériser ses documents écrits et audiovisuels.

“Il était important que ce travail ne soit pas perdu. Quel que soit l’endroit où il est hébergé, aujourd’hui, c’est à +Black Film Center/ Archive+ aux USA’’, dit Stéphane Vieyra.

’’Toute l’Afrique pourra et doit accéder à ces archives. Et la condition la plus importante pour nous était que l’Afrique puisse disposer de ces archives et c’est ce qui va se passer”, poursuit-il.

Black Film Center/Archive a commencé à référencier les archives après la signature du contrat il y a trois mois et un archiviste a été recruté pour s’occuper de la collection. Stéphane Vieyra espère que, “courant année 2022, des choses seront consultables”.

“Comme ma mère, ma sœur et mon frère, j’ai hâte de voir l’œuvre historique de mon père reconnue à l’échelle mondiale”, ajoute-t-il

Stéphane a réalisé deux documentaires (Destin Commun, hommage à trois éclaireurs du 7ème art et Témoignages) pour que Paulin Soumanou Vieyra soit présent dans ces dix dernières années dans les grandes manifestations du cinéma africain.

En hommage à son père, il a initié plusieurs projets dans l’intention de préserver l’héritage de ce pionnier “quasi-oublié” du cinéma ouest-africain.

Il est le fondateur de l’association “Paulin Soumanou Vieyra Films” à Tours, dont le but est de promouvoir les films, les écrits et les réussites cinématographiques de ce cinéaste.

Depuis la disparition de son père il y a plus de 30 ans, Stéphane est le seul conservateur de ses archives papiers et cinématographiques.

Un buste de Paulin Soumanou Vieyra, réalisé en 2017 par le sculpteur burkinabè Siriki Ky, a été installé au siège du Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), au Burkina Faso.

En 2018, deux films de Paulin Soumounou Vieyra ont été restaurés. Il s’agit d’+Afrique sur Seine+ (1955) et de “Lamb” (1963).

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