Ce que le FMI a demandé à Macky Sall contre 1,8 milliard de dollars

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Ce que le FMI a demandé à Macky Sall contre 1,8 milliard de dollars
Ce que le FMI a demandé à Macky Sall contre 1,8 milliard de dollars

Yara Rizk

Africa-Press – Senegal. Composé d’une Facilité Élargie de Crédit (FEC) d’un montant de 1,526 milliard de dollars (soit 1,132 milliard de DTS et 350 % de la quote-part) combinée à la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) d’un montant de 327,1 millions de dollars (soit 242,7 millions de DTS et 75 % de la quote-part), cet accord financier constitue un véritable coup de pouce, à neuf mois de la présidentielle.

Conditions d’octroi

Pour bénéficier de cette aide, qui doit s’étendre sur 36 mois, le FMI s’attend à ce que le gouvernement sénégalais s’engage dans des réformes pour la « réduction des vulnérabilités de la dette en entamant un assainissement budgétaire, en renforçant la gouvernance et le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et en réalisant une croissance plus inclusive et riche en emplois », selon le termes du rapport du Fonds daté du 11 mai.

À ce jour, la dette du Sénégal avoisine les 70 % du PIB national. Lors de sa rencontre avec le chef de la mission du FMI, Edward Gemayel à Dakar, le ministre des Finances et du Budget Mamadou Moustapha Ba a précisé que ce taux d’endettement reste soutenable pour le pays, avant d’affirmer que « le montant de la dette du pays va baisser progressivement à partir de 2024 ». Ce à quoi le chef de mission a répondu que « même si la dette est soutenable, il est important de se mettre dans une tendance baissière afin de créer une marge de manœuvre en cas de futurs chocs. C’est l’importance d’une consolidation au niveau du budget. Ceci consiste principalement à augmenter les recettes internes du gouvernement qui sont estimées actuellement à un peu plus de 18 % du PIB, avec l’objectif d’atteindre les 20 % du PIB hors hydrocarbures d’ici à 2025 ».

Transparence

Ainsi, les autorités sénégalaises ont réitéré leur engagement à ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici à 2025 afin de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires, notamment en rationalisant les exonérations fiscales et en supprimant progressivement les subventions à l’énergie qui sont régressives et élevées.

S’agissant du renforcement de la gouvernance financière, le pays de la Teranga œuvre pour améliorer les conditions de transparence et sortir de la liste grise du Gafi (Groupe d’action financière), notamment par le renforcement des prérogatives de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et l’élargissement de son champ d’intervention.

Ralentissement de la croissance

En 2022, la croissance du PIB était de 4,7 %. Un chiffre en deçà des 6 % fixés par le gouvernement sénégalais dans le cadre de son fameux Plan Sénégal Émergent (PSE).

Le FMI avait d’ailleurs par deux fois revu ses prévisions à la baisse en cours d’année, à cause d’une chute des rendements agricoles et de l’activité industrielle. Pourtant, l’institution de Bretton Woods a salué la résilience économique du pays, et la poursuite des projets entrepris en 2022 dans le cadre du PSE, tels que la construction de 150 km de linéaires routiers, de l’enrichissement du réseau électrique national à hauteur de 250 MW pour une production nationale de près de 1800 MW, et le lacement des projets d’exploitation des réserves gazières du pays, estimées à près de 1 000 milliards de mètres cubes. Pour 2023, le Fonds anticipe une croissance à 8,3 % et une inflation de 5 %, contre 9,7 % l’année dernière.

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