Investissement Record Dans La Nutrition Pour Le Dévelopement

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Investissement Record Dans La Nutrition Pour Le Dévelopement
Investissement Record Dans La Nutrition Pour Le Dévelopement

Awa DIOP

CE Qu’Il Faut Savoir

Le Sénégal place la nutrition au cœur de son développement économique, avec un investissement record annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko. Ce repositionnement vise à transformer la malnutrition en un levier de croissance, tout en abordant les défis de financement et de coordination multisectorielle pour améliorer la santé publique et le capital humain.

Africa-Press – Senegal. Longtemps cantonnée aux seules politiques de santé, la nutrition s’impose aujourd’hui comme un levier central de développement, au cœur des arbitrages économiques et sociaux du Sénégal. Lors du dernier Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a remis cette question au centre des priorités publiques. Il a dressé un diagnostic lucide des avancées enregistrées, mais aussi des fragilités persistantes, notamment en matière de financement et de coordination multisectorielle. En repositionnant ainsi le débat, l’exécutif dépasse l’approche strictement sanitaire pour inscrire la nutrition dans une logique de transformation structurelle.

Le CNDN: un dispositif piloté par la Primature

Le Sénégal s’est progressivement doté d’une architecture institutionnelle solide. La transformation de la Cellule de lutte contre la malnutrition en Conseil national de développement de la nutrition (CNDN), placé sous la tutelle directe du Premier ministre, traduit un portage politique de haut niveau. Ce dispositif s’appuie sur le Plan stratégique multisectoriel de la nutrition (PSMN 2024-2028) et mobilise déjà une vingtaine de ministères. Cette configuration consacre la dimension résolument transversale de la nutrition, située à l’intersection des politiques de santé, d’éducation, d’agriculture et de protection sociale.

Les efforts engagés depuis deux décennies ont permis des avancées notables, illustrées par le recul du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans. Cependant, cette dynamique positive coexiste avec une « double charge nutritionnelle »: la persistance de la sous-nutrition conjuguée à une progression rapide du surpoids et de l’obésité, notamment chez les femmes. Cette transition nutritionnelle, liée à l’urbanisation et aux mutations des systèmes alimentaires, impose une adaptation des stratégies publiques vers davantage de prévention et d’éducation.

Le coût économique d’un défi sous-estimé

Au-delà de l’aspect sanitaire, la malnutrition est un frein économique majeur. Au Sénégal, son coût annuel est estimé à 856 millions de dollars**, soit environ 3,2 % du Revenu National Brut. Ces pertes se traduisent par une baisse de productivité et une pression accrue sur le système de santé. Investir dans la nutrition apparaît donc comme l’un des choix les plus rentables: chaque franc engagé génère un retour significatif sur le capital humain et la croissance à long terme.

Le virage vers la souveraineté financière

Le financement de la nutrition reste marqué par une forte dépendance aux ressources extérieures. Entre 2020 et 2024, une part prépondérante des fonds provenait de partenaires internationaux. Face à la baisse récente de ces appuis, le gouvernement affiche une volonté de renforcer la souveraineté financière via une Stratégie nationale de financement domestique. L’objectif est de mobiliser davantage de ressources internes, d’impliquer les collectivités territoriales et d’inciter le secteur privé à s’investir, notamment à travers la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Vers une gouvernance basée sur la donnée

La question de la gouvernance opérationnelle reste centrale. Pour pallier le manque de visibilité, la mise en place d’une plateforme digitale intégrée a été évoquée lors du Conseil des ministres. Cet outil doit permettre une meilleure circulation de l’information et une prise de décision fondée sur des données actualisées. Parallèlement, le renforcement du contrôle des aliments aux abords des écoles et l’intégration de la nutrition dans les programmes d’enseignement constituent des leviers essentiels pour pérenniser ces efforts.

En replaçant la nutrition au cœur de l’action publique, le gouvernement sénégalais pose les bases d’un repositionnement stratégique visant à renforcer durablement le capital humain. Dans un contexte de raréfaction des financements extérieurs, la capacité à mobiliser des ressources propres constituera le test décisif de cette nouvelle trajectoire de développement.

Depuis deux décennies, le Sénégal a fait des progrès significatifs dans la lutte contre la malnutrition, notamment avec la création du Conseil national de développement de la nutrition (CNDN). Ce dispositif, piloté par la Primature, s’appuie sur un plan stratégique multisectoriel et mobilise plusieurs ministères pour aborder la nutrition de manière intégrée, touchant à la santé, l’éducation et l’agriculture. Cependant, le pays fait face à des défis persistants, tels que la double charge nutritionnelle, qui nécessite une adaptation des politiques publiques.

Source: Seneweb

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