Au Sénégal, pourquoi l’entrée en production des gisements pétro-gaziers est (encore) reportée

37
Au Sénégal, pourquoi l’entrée en production des gisements pétro-gaziers est (encore) reportée
Au Sénégal, pourquoi l’entrée en production des gisements pétro-gaziers est (encore) reportée

Africa-Press – Senegal. Après Sangomar, l’entrée en production du Grand Tortue Ahmeyim est elle aussi décalée à 2024, alors que Dakar mise sur les énergies fossiles pour dynamiser son économie.

Situé sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne, le gisement gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) fait l’objet d’un nouveau retard de démarrage de production. Prévue initialement au dernier trimestre 2023, la mise en exploitation de la première phase de GTA est officiellement reportée au premier trimestre 2024, pour des raisons opérationnelles.

Alors que le géant britannique BP s’est contenté d’annoncer la nouvelle lors de la publication de ses résultats semestriels, l’entreprise texane Kosmos Energy – qui détient 29 % de ce projet, contre 61 % pour BP et 10 % pour Petrosen et SMHPM – a expliqué ce report par l’indisponibilité, dans les délais prévus, de l’unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO).

Des reports à répétition

D’abord annoncée pour 2022, ensuite différée à 2023, la mise en exploitation du gisement gazier a été reportée à maintes reprises. « Plus le projet est grand, plus il a de chances de subir des dépassements de budget et de délai », explique à Jeune Afrique le spécialiste de l’industrie gazière, Mehdy Touil, selon qui l’énième report d’un mégaprojet comme GTA « n’est pas une surprise ».

La production des premiers barils de pétrole du projet Sangomar – planifiée pour fin 2023 – a par ailleurs elle aussi été reportée à mi-2024. L’opérateur australien Woodside Energy – qui détient 82 % du gisement pétrolier, contre 18 % pour Petrosen – a identifié des dysfonctionnements au niveau du FPSO nécessitant des ajustements. Le coût du projet a au passage été revu à la hausse pour passer de 4,6 milliards de dollars à 4,9, voire 5,2 milliards de dollars.

Perte de recettes

À l’heure où le Sénégal mise sur les énergies fossiles pour dynamiser son développement, les projections économiques de Dakar se heurtent aux difficultés de la mise en service de Sangomar et de GTA. L’exploitation de ces deux champs devrait en effet fournir, dans un premier temps, environ 5 millions de tonnes de pétrole brut et 2,3 millions de tonnes de gaz naturel par an, et atteindre ensuite une production annuelle de 10 millions de tonnes.

Si les revenus de l’exploitation de ces ressources naturelles sont destinés à transformer l’économie sénégalaise, le pays devra encore patienter avant de toucher au but. « Les pertes de recettes et surtout les pénalités de retard sont monnaie courante. Les acheteurs encourent des pertes énormes s’ils ne peuvent pas charger leurs cargos et, dans la plupart des cas, c’est le producteur qui règle l’addition », conclut Mehdy Touil.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Senegal, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here