CE Qu’Il Faut Savoir
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement envers l’indépendance de la justice, insistant sur la non-ingérence de l’exécutif dans les affaires judiciaires. Face aux préoccupations sociales et aux tensions politiques, il a souligné l’importance de respecter la présomption d’innocence et de garantir un procès équitable.
Africa-Press – Senegal. Face aux préoccupations persistantes liées au fonctionnement de l’appareil judiciaire, le président Bassirou Diomaye Faye a tenu à tracer une ligne de démarcation claire: celle de la non-ingérence absolue de l’exécutif dans les affaires judiciaires. « Je n’interfère pas dans le fonctionnement de la justice. Les acteurs font leur travail », a-t-il affirmé avec fermeté, renvoyant systématiquement les éventuels dysfonctionnements aux mécanismes internes de régulation prévus par les textes en vigueur.
Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales, notamment à la suite des violences électorales passées, le chef de l’État s’efforce de maintenir un équilibre délicat entre l’exigence de reddition de comptes et le respect des principes fondamentaux du droit. À cet effet, il a rappelé que la présomption d’innocence demeure un principe cardinal, insistant sur la nécessité de ne pas confondre une procédure en cours avec une culpabilité établie. Le président a d’ailleurs mis en garde contre les amalgames fréquents au sein de l’opinion publique, distinguant clairement le mandat de dépôt, simple mesure provisoire, du jugement définitif. De la même manière, il a précisé que l’octroi d’une liberté provisoire ne saurait être interprété comme une preuve d’innocence. Pour lui, la règle est simple: il faut impérativement laisser les enquêtes suivre leur cours normal.
Cette posture de rigueur intervient alors que certaines victimes des tensions politiques expriment ouvertement leur impatience, voire leur colère. À leur égard, Bassirou Diomaye Faye se montre compréhensif mais inflexible sur la méthode. S’il reconnaît la légitimité de leur souffrance, il refuse catégoriquement que ces situations dramatiques soient instrumentalisées à des fins politiques. « Il ne faut pas que cela soit exploité comme une arme contre le président », a-t-il averti. Le chef de l’État n’en démord pas: la justice doit être rendue, qualifiant même cette mission de « sacerdoce », tant au titre de sa fonction de président que par fidélité à son engagement politique au sein de PASTEF.
Son idéal de justice repose désormais sur trois piliers indissociables: le respect strict de la présomption d’innocence, la garantie d’un procès équitable et la pleine reconnaissance des droits des victimes. Ce triptyque est présenté comme non négociable dans un État de droit moderne.
Toutefois, Bassirou Diomaye Faye appelle à la patience, mettant en garde contre toute précipitation dictée par l’émotion. « Si on s’empresse, on risque de blesser des innocents », a-t-il souligné, privilégiant la rigueur des procédures à la pression de la rue. En réaffirmant son engagement pour une justice souveraine, il assure que les enquêtes seront menées avec une probité totale, car en démocratie, si l’État peut impulser, seule la justice tranche sur la base de preuves établies.
Le Sénégal a connu des tensions politiques croissantes, notamment après des élections marquées par des violences. La justice, souvent perçue comme un outil politique, fait l’objet de débats sur son indépendance et son efficacité. Le président Faye, en prenant position, cherche à établir une séparation claire entre le pouvoir exécutif et le système judiciaire, un principe fondamental dans les démocraties modernes. Cette déclaration intervient dans un contexte où la confiance du public envers les institutions judiciaires est mise à l’épreuve.





