Expulsé du Sénégal, l’avocat Juan Branco de retour en France

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Expulsé du Sénégal, l'avocat Juan Branco de retour en France
Expulsé du Sénégal, l'avocat Juan Branco de retour en France

Par B.L. avec AFP

Africa-Press – Senegal. Il avait été incarcéré au Sénégal en tant qu’avocat d’un opposant au régime. Une pétition appelant à sa libération avait recueilli près de 20 000 signatures.

De retour sur le sol français. Expulsé lundi du Sénégal, l’avocat franco-espagnol Juan Branco est arrivé mardi 8 août à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Il avait été interpellé quelques jours plus tôt en Mauritanie et incarcéré au Sénégal en tant que défenseur de l’opposant Ousmane Sonko. Arrivé peu avant 9 heures, il a été accueilli par des membres de sa famille et quelques soutiens, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’avocat a levé le poing, mais ne s’est pas exprimé devant la presse. Il s’est engouffré dans un taxi dès sa sortie de l’aéroport.

Visé depuis mi-juillet par une enquête de la justice sénégalaise, Me Branco avait été interpellé dimanche en Mauritanie, après plusieurs jours de recherches. Remis aux autorités sénégalaises, qui lui reprochent d’être entré irrégulièrement sur le territoire, il avait été inculpé dimanche pour attentat, complot, diffusion de fausses nouvelles et actes et manoeuvres de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves, selon ses avocats.

Une « persécution politique »

Au Sénégal, l’avocat franco-espagnol prend part à la défense d’Ousmane Sonko, opposant sénégalais engagé depuis 2021 dans un bras de fer avec le pouvoir et la justice qui a donné lieu à plusieurs épisodes de violences meurtrières. Il avait particulièrement suscité l’attention en annonçant en juin une plainte en France et en demandant à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye d’ouvrir une enquête contre le président Macky Sall pour « crimes contre l’humanité », alors que le pays venait de connaître ses pires troubles depuis des années.

« Aucun avocat ne doit être entravé dans sa mission, où qu’il soit et quel qu’il soit », avait écrit sur X (ex-Twitter) la bâtonnière de Paris, Julie Couturier. Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, avait dénoncé l’interpellation de Me Branco, en écrivant : « Un accusé a droit à la défense. La dérive autoritaire du pouvoir n’a plus de retenue » au Sénégal.

Avec nous rappelons le caractère sacré des droits de la Défense. Aucun avocat ne doit être entravé dans sa mission, où qu’il soit et quel qu’il soit. La situation de notre confrère, Juan Branco, incarcéré au Sénégal nous préoccupe. Nous agissons activement pour…

Une pétition sur Change.org exigeant sa « libération immédiate » avait recueilli plus de 19 000 signatures en deux jours. Ce texte faisait valoir qu’il devait « être libre d’exercer la défense dans ses mots et déplacements » et évoquait une « persécution politique ». Familier des polémiques très médiatisées, Juan Branco avait connu en France un succès de librairie avec un pamphlet hostile au président Emmanuel Macron, Crépuscule.

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