Brésil : la Copa América entre les mains de la Cour suprême – LEFIGARO.FR

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Africa-PressSenegal. Nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’organisation de la prochaine Copa America. Pas le dernier…La Copa América au Brésil hors-jeu ? À cinq jours du coup d’envoi, la Cour suprême a décidé qu’elle statuerait en urgence jeudi sur son éventuelle annulation en raison de la crise sanitaire dans ce pays touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19. «Le président de la Cour suprême Luiz Fux a convoqué jeudi une session virtuelle extraordinaire d’une durée de 24 heures pour que les magistrats statuent au sujet de la réalisation de la Copa América au Brésil», a fait savoir l’instance dans un communiqué.L’annonce faite mardi soir représente un énième rebondissement qui sème à nouveau le doute sur ce tournoi hautement controversé qui devait se jouer initialement il y a un an, en Argentine et en Colombie. Le président de la Cour suprême, Luiz Fux, a décidé que les 11 juges devraient statuer en urgence en raison du caractère «exceptionnel» du recours, le coup d’envoi étant prévu dimanche, avec le match Brésil-Venezuela, à Brasilia. Ce jugement aura lieu de façon «virtuelle», sans débat entre les juges, qui enverront leur vote écrit tour à tour, jeudi, de 00h00 à 23h59.Deux recoursLes deux recours qui seront analysés ont été déposés par un député du Parti socialiste brésilien (PSB) et par un syndicat, la Confédération nationale des métallurgistes. Même s’ils n’aboutissent pas, d’autres menaces pèsent sur le tournoi: le maire de Rio de Janeiro a déclaré vendredi qu’il pourrait faire annuler les matches prévus dans sa ville si la situation sanitaire venait à s’aggraver.Il y a huit jours, la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) avait annoncé à la surprise générale que le Brésil allait accueillir ce tournoi après les désistements de l’Argentine et de la Colombie, très affectées par le Covid-19, la Colombie étant en outre touchée par des troubles sociaux. Le président d’extrême droite Jair Bolsonaro a accepté aussitôt la requête de la Conmebol, déclenchant une avalanche de critiques, dans un pays où plus de 475.000 personnes sont mortes de Covid-19, avec la menace d’une troisième vague ces prochaines semaines.La presse brésilienne a fait état de rumeurs de boycott de la part des joueurs de la Seleçao, mais ces derniers devraient se contenter de présenter mardi soir un communiqué montrant leur insatisfaction vis-à-vis de l’organisation de la compétition au Brésil. Ils devraient se prononcer à l’issue du match contre le Paraguay, à Asuncion pour le compte des qualifications du Mondial 2022.Bataille politiqueDes stars d’autres pays censés jouer la Copa América avaient déjà critiqué le tournoi.

«Je suis frappé par le fait que la Copa América se joue malgré la situation actuelle», avait déclaré l’Uruguayen Luis Suárez, tout juste sacré champion d’Espagne avec l’Atletico Madrid, avant même que le Brésil ne soit choisi comme pays-hôte. Un choix fortement remis en cause par les épidémiologistes, la situation sanitaire au Brésil étant bien plus préoccupante qu’en Argentine, qui s’était désistée justement à cause de la pandémie.Au Brésil, cette Copa América dépasse largement le cadre du football, entrant de plein pied sur le terrain de la politique. Jair Bolsonaro n’a cessé de défendre le tournoi, arguant que le pays allait observer les mêmes protocoles sanitaires que pour les matches de la Copa Libertadores, l’équivalent sud-américain de la Ligue des Champions, avec des rencontres à huis clos. Dès l’apparition de rumeurs de fronde au sein de l’équipe nationale, le sélectionneur brésilien Tite a commencé à être traité de «gauchiste» par des partisans du président d’extrême droite sur les réseaux sociaux.Le sénateur Flavio Bolsonaro, fils aîné du chef de l’Etat, avait demandé aux joueurs de «ne pas se laisser manipuler» et de tout faire pour «éviter un boycott». Un autre sénateur, Renan Calheiros, farouche opposant du président Bolsonaro, avait demandé au contraire à Neymar, la plus grande star de la Seleçao, de boycotter le «championnat de la mort».

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