Cancer Du Sein: Prévalence Persistante Jusqu’en 2050

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Cancer Du Sein: Prévalence Persistante Jusqu’en 2050
Cancer Du Sein: Prévalence Persistante Jusqu’en 2050

Africa-Press – Senegal. Avec 2,3 millions de nouveaux cas par an et 764.000 décès à travers le monde, le cancer du sein se hisse déjà au rang de premier cancer chez les femmes. Une tendance qui a toutes les chances de se maintenir dans les décennies à venir, selon de récents travaux publiés dans The Lancet Oncology. En passant en revue les données de registres nationaux de 204 pays, l’étude dresse un bilan des facteurs de risque depuis 1990 et jusqu’en 2050. D’ici là, le nombre de cas devrait atteindre les 3,5 millions dans le monde. Le taux de décès, lui, devrait augmenter de 44%.

Dans le monde, toutes les populations ne sont pas égales selon ces travaux. Ils illustrent le fossé qui se creuse entre les pays à haut et faible revenus. Parmi les 2,3 millions de nouveaux cas diagnostiqués en 2023, 73% proviennent de pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire supérieur, comme à Monaco, en Andorre, en France, en Allemagne et en Irlande. A l’inverse, l’Afghanistan, la Somalie et le Mozambique font partie des pays où le cancer du sein est le moins diagnostiqué. Mais ce sont aussi les pays pauvres qui connaissent proportionnellement le nombre le plus important de décès.

« Des dispositifs de dépistage et des parcours diagnostiques plus complets dans les pays à revenu élevé peuvent contribuer à des taux d’incidence plus élevés car davantage de cas sont détectés, explique à Sciences et Avenir Roman Topór-Mądry, directeur du centre de données de santé de Cracovie et auteur de l’étude. La susceptibilité génétique, les facteurs reproductifs ou hormonaux – comme l’âge aux premières règles et à la ménopause, le traitement hormonal substitutif, la contraception orale – ne sont pas entièrement pris en compte dans les modèles actuels et pourraient également contribuer aux différences internationales observées dans les taux d’incidence estimés. »

En outre, les inégalités se creusent au fil des années: dans les pays pauvres, le nombre de cas augmente très rapidement, en moyenne de 147% depuis les années 1990, tout comme le nombre de décès.

Le poids des habitudes de vie

Afin d’évaluer le fardeau que représente le cancer du sein, les chercheurs se servent d’un indicateur utilisé en santé publique: le nombre d’années en bonne santé perdu à cause de la maladie. Or en 2023, 28,3% de ces années de vie perdues sont imputables à des facteurs individuels et environnementaux, comme l’alimentation – en particulier la consommation de viande rouge – le tabagisme, la glycémie à jeun élevée, l’IMC élevé, une forte consommation d’alcool et une faible activité physique.

« Bien que la part du fardeau mondial attribuable à l’alcool et au tabac ait diminué entre 1990 et 2023, leur contribution reste importante. De plus, les tendances observées dans les pays à faible et moyen revenus suggèrent une combinaison de facteurs modifiables liés au mode de vie et de transitions démographiques et sociétales, plutôt qu’une cause unique », précise Roman Topór-Mądry. De façon générale, 4 cancers sur 10 pourraient être évités en améliorant ces facteurs modifiables, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour certaines, la double peine

Dans les pays à faible et moyen revenus, les femmes subissent une double peine. D’une part, il leur est plus difficile de modifier leurs habitudes de vie. D’autre part, elles bénéficient d’un accès plus restreint au dépistage ainsi qu’aux traitements. « Les contraintes des systèmes de santé ainsi que les barrières socioculturelles et financières peuvent entraver l’accès en temps voulu aux dépistages et aux diagnostics susceptibles de sauver des vies. Ainsi, par exemple, dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, moins de 30 % des personnes atteintes d’un cancer du sein sont diagnostiquées aux stades I ou II, tandis qu’une large proportion le sont à un stade métastatique avancé, explique Roman Topór-Mądry. Les capacités de traitement sont également limitées: en 2020, seule environ la moitié des pays africains disposait d’un service de radiothérapie externe, et aucun ne présentait une capacité suffisante pour répondre aux besoins de la population. De plus, les médicaments essentiels de chimiothérapie et les hormonothérapies sont souvent indisponibles ou inabordables. »

Les chercheurs insistent sur la nécessité de mieux protéger les femmes dans le monde contre ce risque. « Ça commence en réduisant les facteurs de risque, avec une meilleure éducation à la santé, et ça continue avec un des diagnostics plus précoces de la maladie, ainsi qu’un accès rapide à des traitements efficaces. » Des obstacles toujours présents, en particulier dans les pays à faible et moyen revenus. Le plus efficace, rappellent ces travaux, reste la mise en place de stratégies nationales à long terme. Une mesure incontournable pour espérer réduire les décès prématurés.

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