IA, jumeaux numériques, métavers : une solution pour améliorer la qualité des soins en France ?

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IA, jumeaux numériques, métavers : une solution pour améliorer la qualité des soins en France ?
IA, jumeaux numériques, métavers : une solution pour améliorer la qualité des soins en France ?

Africa-Press – Senegal. Le 16 décembre 2024, la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) du ministère de la Santé et de l’accès aux soins, a présenté sa première cartographie des usages du numérique dans l’offre de soins. Dans le secteur de la santé, le numérique est partout: de la maison médicalisée aux pharmacies, en passant par les hôpitaux, les laboratoires de recherches ou encore les cabinets médicaux…

Cartographie des usages du numérique dans l’offre de soins. DGOS / Ministère de la Santé et de l’accès aux soins

D’après le docteur Yann-Maël Ledouarin, chef du département santé et transformation numérique au sein de la DGOS, “cette cartographie permet de présenter les leviers que représente le numérique pour la transformation de l’offre de soin”. Ainsi, le but de la DGOS est de mettre en place, partout à travers la France, un grand réseau numérique rendant la prise en charge et le parcours des patients plus fluides et efficaces.

Un réseau numérique toujours plus répandu

Pour la DGOS, l’IA pourrait être utilisée de façon à faire gagner du temps au personnel soignant, lui permettant alors de l’allouer aux patients. En effet, pour les hôpitaux, les cabinets médicaux ou encore pour les maisons et centres de santé, l’IA générative peut être une grande aide à la planification des emplois du temps du personnel, mais aussi à l’organisation des différents rendez-vous, des médecins comme des résidents.

De plus, les IA de traitement du langage naturel (NLP) peuvent permettre de convertir des paroles en textes afin de simplifier la documentation des différents dossiers. Selon la publication L’IA dans le domaine de la Santé de l’Organisation de coopération et de développement économiques, grâce à l’utilisation de l’IA, jusqu’à 36% des services de santé et des services sociaux pourraient être automatisés.

Pour les pharmacies, les algorithmes d’IA permettent de gérer les stocks et l’approvisionnement de médicaments et ainsi éviter les pénuries ou les ruptures. Enfin, la mise en place de systèmes d’analyse basés sur l’IA dans les pharmacies permet d’augmenter la sécurisation de la dispensation des médicaments, en augmentant leur traçabilité, mais aussi en analysant de possibles interactions médicamenteuses.

Par ailleurs, l’IA et les jumeaux numériques, c’est-à-dire une représentation virtuelle reflétant avec précision un objet physique, sont également d’une grande aide dans le diagnostic et le traitement. En effet, les jumeaux numériques peuvent par exemple être utilisés afin d’obtenir une meilleure visualisation de certains organes avant une opération. Ils aident donc les patients tout au long de leur parcours médical. L’IA fait déjà elle aussi ses preuves dans l’interprétation de résultats notamment, que ce soit en radiologie ou encore dans les laboratoires d’analyses. Par exemple, la mise en place, aux urgences du CHU de Rennes, d’un logiciel de lecture automatique des radios en cas de suspicion de fracture a permis de réduire de 30% le délai d’attentes des patients de l’hôpital.

La réalité virtuelle, un outil permettant une reconstruction détaillée d’un environnement ou d’un objet physique, permet elle aussi une lecture des résultats d’IRM parfois jusqu’à quatre fois plus rapide, selon une étude comparative sur l’Analyse d’IRM mammaire pour les chirurgiens à l’aide de la réalité virtuelle, et offre donc un gain de temps et un coup de pouce au personnel soignant. Enfin, le métavers permet aux médecins de s’entraîner dans des simulations immersives en réalité virtuelle par exemple. Il est utile afin d’effectuer des plans de traitements individualisés et des consultations à distance, mais aussi pour offrir des aides au parcours de soins et mettre en place des options thérapeutiques pour les patients.

De son côté, la télésanté permet à un patient de consulter un professionnel de santé à distance et rend le suivi du patient plus simple. Celui-ci n’a plus à se déplacer systématiquement pour un renouvellement de traitement ou peut obtenir un rendez-vous plus rapidement. Ainsi, la mise en place de téléconsultations dans les pharmacies par exemple permet de désengorger les cabinets médicaux, bien trop souvent surbookés. C’est d’ailleurs ce que pensent 38% des Français, qui estiment difficile d’obtenir rapidement un rendez-vous chez un médecin généraliste et 77% disent rencontrer des difficultés à consulter un spécialiste, selon les résultats d’un sondage réalisé en juillet 2024 par Odoxa et Mutualité Française et publié dans le Carnet de Santé France de la Mutualité Française en septembre 2024.

L’IA et les jumeaux numériques au service de la recherche

Evidemment l’IA et les jumeaux numériques sont également d’une grande aide pour les centres de recherches. En effet, ils permettent d’identifier plus rapidement des molécules et ainsi de les modéliser puis de proposer des traitements ou des thérapies. Par exemple, des chimistes du CNRS et de l’Université de Strasbourg, ont pu concevoir de nouvelles molécules-médicaments en mêlant la vision par ordinateur et l’IA. Des inhibiteurs d’une protéine impliquée dans une maladie ont ainsi été conçus par ordinateur, synthétisés et testés en un minimum de temps et avec un minimum de ressources exploitées.

Ensuite, l’utilisation de jumeaux numériques pour réaliser des tests en recherche clinique avant de réellement les réaliser permettrait de réduire les coûts et la durée des travaux de recherche. Cette technologie constitue également une piste pour accélérer le processus de simulation afin d’obtenir des prédictions d’efficacité ou de toxicité d’un traitement. Par exemple, le médicament Alecensa, utilisé dans le traitement du cancer bronchique, a pu être mis sur le marché européen 18 mois plus tôt que prévu grâce à l’utilisation de patients virtuels.

L’IA permet également d’optimiser et de simplifier la gestion des essais cliniques et de leurs résultats. Par exemple, elle permet de recruter des participants, en analysant leurs données de santé, mais aussi, grâce à des algorithmes, elle étudie des données dans le but d’identifier des médicaments pouvant être efficace selon les différents essais cliniques et patients. Enfin, l’IA facilite la recherche en diminuant le temps d’accès à des volumes plus ou moins massifs de données et en les structurant en temps réel.

Et enfin, pour les institutions, une généralisation des usages des différents outils numérique à travers la France permet d’établir des politiques publiques ainsi que des campagnes de prévention, locales selon les données des régions, mais aussi nationales dans certains cas. De plus, ce grand réseau numérique permet de répondre et de gérer plus rapidement les situations de crises sanitaires. Par exemple, lors de la crise du COVID-19, l’IA a été utilisée pour accélérer la mise au point de vaccins. Enfin, ce réseau numérique permettrait d’améliorer les systèmes de santé publique selon les besoins réels des populations, que ce soit à un niveau régional ou national.

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