Isolement, mal-être, dépression… Des solutions existent

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Isolement, mal-être, dépression… Des solutions existent
Isolement, mal-être, dépression… Des solutions existent

Africa-Press – Senegal. En 2021, 20,8 % des 18-24 ans étaient concernés par la dépression – deux fois plus qu’en 2017 -, 7,2 % confiant même avoir eu des pensées suicidaires, selon les enquêtes CoviPrev, instituées lors de la pandémie. Et les plus jeunes ne sont pas épargnés. En avril 2024, l’enquête nationale EnCLASS, qui sonde collégiens et lycéens, a révélé qu’un adolescent sur sept présente de graves risques de dépression, la tendance étant beaucoup plus marquée chez les filles.

Les sources de mal-être sont multiples: harcèlement scolaire, actualité anxiogène, angoisse de performance, changements du corps mal vécus… Le tout se soldant par de l’anxiété et un profond sentiment de solitude éprouvé par plus d’un quart des adolescents interrogés. Un sentiment qui affecte aussi les jeunes adultes. Ce peut être un ressenti d’ordre physique, caractérisé dans ce cas par l’absence d’interactions sociales régulières ; ou émotionnel, la personne ressentant une distance avec son entourage.

Un effet notable des réseaux sociaux

Mis en exergue durant le confinement, ce véritable “fléau du 21e siècle” s’est amplifié depuis lors. D’après une étude publiée en 2023 par la Fondation Jean-Jaurès, près de la moitié des Français se sentent seuls, un ressenti qui concerne 71 % des 18-24 ans et 79 % des utilisateurs quotidiens des réseaux sociaux.

Face à ce mal-être, l’un des réflexes des jeunes est de se tourner vers les écrans, pour plus de deux tiers d’entre eux, selon la même étude. Or, si les réseaux sociaux constituent une interface d’échange sans égal, plusieurs travaux montrent qu’ils peuvent amplifier les sensations d’angoisse et de solitude. Depuis le début des années 2010, de nombreuses études ont d’ailleurs mis en évidence une corrélation entre usage intensif des réseaux sociaux et troubles anxieux et dépressifs. Comment faire, alors, pour essayer d’aller mieux ?

Des aides disponibles

Le socle d’une bonne santé mentale – en l’absence de problèmes psychiques sérieux, qui imposent une consultation médicale – restera toujours une alimentation variée, une pratique sportive régulière et un sommeil de qualité. Comme le rappelle une étude de l’université de Cambridge, parue en 2024, la qualité du contenu de notre assiette peut ainsi influencer notre humeur – une carence en magnésium pouvant causer de l’anxiété, et un manque de zinc ou de fer, des troubles dépressifs. De même, une activité physique, même modérée, peut contribuer à réduire les troubles dépressifs légers.

Au-delà de cette trinité d’évidences, cependant, d’autres réflexes peuvent être adoptés. Le premier pas consiste à se réapproprier des liens sociaux forts et véritables, c’est-à-dire ancrés dans un contexte physique et non virtuel: pratiquer une activité sportive ou culturelle en club, faire du bénévolat…

Si ces approches sont difficiles à mettre en œuvre, il est possible de se rapprocher de structures et de professionnels d’écoute et de soutien. Les centres médico-psychologiques (CMP et CMPP) regroupent psychologues, psychiatres, éducateurs et assistants sociaux qui peuvent être consultés gratuitement et fournir des pistes de solution. Mais les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous sont souvent longs: parfois près d’un an ! Les élèves peuvent se tourner vers le personnel médical de leur établissement ou des structures comme “les maisons des adolescents”, qui reçoivent gratuitement, anonymement et sans rendez-vous pour orienter enfants et parents vers les professionnels adéquats.

Pour les 18-25 ans, les PAEJ (Points accueil et écoute jeunes) jouent un rôle similaire. Il existe aussi des initiatives communautaires, comme le service d’écoute nocturne Nightline, par et pour les étudiants, ou la structure d’entraide “La Maison perchée”, qui vise à rapprocher des publics souffrant de troubles psychologiques. Aussi, depuis 2022, le programme “Mon soutien psy” prend partiellement en charge jusqu’à 12 séances par an avec un psychologue. Il est cumulable avec le dispositif “Santé psy étudiant”, qui assure 12 séances gratuites par an.

Enfin, l’Agence nationale de santé publique a mis en place un service de renseignement, Fil Santé Jeunes, pour les 12-25 ans, dont le site web publie de précieuses informations.

POUR EN SAVOIR PLUS

– 3114: numéro national de prévention du suicide Fil santé jeunes: 7 j/7, de 9 h à 23 h: filsantejeunes.com Tél.: 0800.235 236

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