
Africa-Press – Tchad. Par un communiqué de presse, les deux syndicats des magistrats (SMT et SYAMAT) ont décidé de la suspension des audiences dans toutes les juridictions pour contester les deux derniers arrêtés du ministère de la Sécurité relevant les Gendarmes qui assurent la sécurité des palais de Justice.
Réunis en Assemblée générale extraordinaire, le Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et celui des magistrats autonomes du Tchad (SYAMAT) ont débattu et examiné pendant de longues heures les arrêtés du ministre de la Sécurité publique mettant fin au service des Gendarmes détachés au ministère de la Justice et les remplaçant par la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT). Pour les magistrats, ces arrêtés les mettent en péril.
Dans le communiqué sanctionnant les débats, les magistrats rappellent que c’était face à l’insécurité récurrente en milieu judiciaire et à la suite de leurs multiples actions revendicatives, que la plus haute autorité de l’État avait fermement instruit le déploiement des gendarmes compétents en matière judiciaire en vue d’atténuer cette insécurité.
Ils tiennent à signaler du reste que la finalité recherchée par ces fâcheux et extravagants arrêtés, il n’en reste pas moins, c’est la suppression de la coordination du corps de la Police judiciaire et de rétablir la Police judiciaire sous son contrôle et son pouvoir qui lui ont été ôté par la loi 30 du 31/08/1994 et l’ordonnance 018/2018.
« Au demeurant, si par maladresse, ce projet du ministre de la sécurité venait à aboutir, il va sans dire que tous les efforts consentis par feu le Maréchal du Tchad suivi par le Président de Transition, à renforcer l’indépendance de la Justice en instituant la Police judiciaire sous la tutelle du ministère de la Justice, serait tel un coup d’épée dans l’eau », interpellent-ils.
Les magistrats mettent en garde tout projet tendant à mettre en mal leur sécurité et hypothéquer l’indépendance de la Justice, celui notamment visé par les arrêtés 0150/2022 et 0151/2022. Ils exigent du reste au ministre de la sécurité de retirer purement et simplement ses arrêtés au risque de conduire la Justice à une cessation des activités ».
« En cette circonstance d’insécurité manifeste, l’Assemblée Générale décide la suspension des audiences dans toutes les juridictions et accorde un délai de deux semaines pour le retrait des arrêtés susdits. Dit que ce délai tient lieu de préavis » conclut le communiqué.
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